La « ferme brasserie » Ribella : une bière bio 100% corse
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Issu de trois générations de viticulteurs, Pierre-François Maestracci décide en 2010 de devenir brasseur. Pour lui, la bière permet de mettre en avant toutes les richesses du terroir corse : de l’orge produit sur la côte orientale, à l’eau de source riche en minéraux puisée au pied de la brasserie. Dans chaque bière de la brasserie Ribella, se trouvent un ou plusieurs produits emblématiques de l’île.

« La bière, c’est une chimie subtile des quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et le feu. Les variétés de céréales, le houblon, les épices utilisées, les étapes de brassage, ainsi que les différentes méthodes de maltage et de touraillage (torréfaction), variant du clair au foncé couleur café, offrent une possibilité infinie de saveurs et d’arômes. Il n’y a pas de limite dans la créativité », explique Pierre-François Maestracci.

Une « craft beer » corse et agricole

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Brasserie Ribella
L’orge, le blé, le seigle, l’épeautre, mais aussi le romarin ou l’immortelle, ou encore la noisette IGP de Cervione, sont autant de possibilités pour Pierre-François Maestracci de laisser libre court à son inventivité. « La bière est un produit populaire qui rend accessible la découverte de saveurs originales, comme le cédrat, un agrume oublié que l’on peut dorénavant déguster dans une bière blanche à base de blé ».

Il était naturel pour le jeune brasseur de valoriser la biodiversité de l’île qui héberge l’une des plus grandes collections d’agrumes au monde, avec plus de 1 000 variétés d’arbres.

« Avec mon équipe, nous sommes toujours en recherche de nouveautés. J’essaye des fermentations mixtes fruits/céréales, par exemple avec du moût de raisin. C’est la vocation du mouvement des bières artisanales, dites "craft beer". C’est-à-dire produire soi-même, en quantité limitée pour ne pas altérer la qualité, dans une logique de proximité avec le consommateur », détaille Pierre-François Maestracci.

Dans sa parcelle de 1,5 hectare, il produit sur place tous les ingrédients nécessaires à la fabrication des bières, comme le piment destiné à une « stout porter » noire, lauréate du Concours Général Agricole.

Une créativité du grain à la fermentation

« La Corse était considérée comme le grenier à blé de Rome. Les vestiges de moulins et les noms donnés à la région, comme le canton de la « Conca-d’Oro », qui signifie coquille d’or, témoignent d’un paysage doré où l’orge était autrefois beaucoup cultivée, mais délaissée après la Seconde Guerre mondiale », indique Pierre-François Maestracci.

Afin de relancer une filière de proximité et diversifier les paysages agricoles, il produit pour la brasserie 25 hectares d’orge et autres céréales bio avec deux autres agriculteurs des alentours de Patrimonio.

« L’objectif est d’utiliser des céréales et aromates typiquement Corse adaptés aux embruns marins et au sol argilo-calcaire. Nous cherchons actuellement à réintroduire des variétés anciennes méditerranéennes, notamment de Sardaigne ou de Sicile, mais aussi un houblon endémique de l’île, notamment par un travail de recherche avec le CNRS et l’Université de Corse, afin de sauvegarder ce patrimoine naturel et donner à nos bières un profil aromatique unique », conclut Pierre-François Maestracci.
 

La brasserie Ribella en chiffres :

  • 2 000 hectolitres de bière bio par an ;
  • 17 recettes différentes ;
  • 3 circuits de distribution (distributeurs corses et continentaux, e-commerce dans toute l'Europe) ;
  • 25 hectares d'orge brassicole bio produit en Corse par des agriculteurs partenaires ;
  • 2 hectares de houblon bio produit en Corse.


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