Devenir éleveur de poissons
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Après l'obtention d'un bac pro Aquaculture, Thomas est en première année de BTSA Aquaculture au lycée de la mer et du littoral Bourcefranc-le-Chapus (Charente-Maritime). Il a pour ambition de devenir éleveur de poissons. Regards croisés sur ce métier avec Thomas Jamet, son enseignant en production aquacole.

À chaque question posée à Thomas, Thomas Jamet apporte son point de vue d'enseignant.

Pourquoi as-tu choisi de t'orienter vers les métier de la production aquacole ?

Thomas : J'étais passionné par la pêche et, un jour, je me suis posé la question de l’origine du poisson que je pêchais. En réfléchissant à cela, je me suis naturellement tourné vers l’aquaculture. En classe de troisième, j’ai donc réalisé un stage découverte d’une semaine dans une pisciculture près de chez moi, en Charente, qui élevait des truites et des esturgeons. Ma vocation était née.

Thomas Jamet : « C’est assez difficile pour un élève de 15 ans, en classe de troisième, de choisir une voie professionnelle. Très souvent, ils choisissent un domaine en rapport avec leur passion. C’est le cas de la majorité des élèves que nous accueillons. Notre challenge est de transformer des pêcheurs en éleveurs. Le métier d’aquaculteur est un « nouveau métier » : la production aquacole représente aujourd’hui plus de 50% des apports de poissons et coquillages dans le monde... contre 5% il y a 30 ans ».

En quoi cette formation te permet-elle de révéler tes talents ?

Thomas : Le BTSA va m'apporter plus de compétences. J’ai pour projet de créer ma société et de racheter une pisciculture de salmonidés (truites) afin de réaliser des produits transformés de façon artisanale (rillettes, filet fumé, caviar de truite). Je ne me suis pas fixé d’objectif de temps, mais c’est un projet qui me tient vraiment à cœur.

Thomas Jamet : « Avoir un bac +2, c'est toujours un plus dans un parcours. Thomas a fait le choix de poursuivre en BTSA, bien que les opportunités d’emplois dans cette filière soient très nombreuses avec un bac pro : création d'entreprise, élevage d'espèces aquatiques d’eau douce ou d’eau salée (crustacés, mollusques, poissons, algues...) ».

Envisages-tu une formation ultérieure ?

Thomas : Non, je souhaite entrer dans la vie active dès la fin de mon BTSA, peu importe le domaine d’activité aquacole. Je veux travailler afin d'acquérir de l’expérience, tout d’abord en tant que technicien, puis évoluer vers un poste à responsabilité pour, plus tard, créer mon entreprise.

Thomas Jamet : « Aujourd’hui, la filière recrute massivement pour répondre à la demande du marché en termes de produits d’aquaculture. Le travail ne manque donc pas ! Cependant, certains désirent continuer leurs études afin d'acquérir davantage de maturité et de compétences ».

Comment te vois-tu exercer ce métier ?

Thomas : L’important dans ce métier, c’est la prise en compte des questions environnementales. Aujourd’hui, les progrès réalisés dans le traitement des rejets nous permettent même d’avoir parfois une eau plus propre en sortie de pisciculture qu’à l’entrée. La rivière ne nous appartient pas, elle profite aussi à d’autres, donc : « si j’ai une eau propre, je la laisse propre ! ». De plus, l’aquaculture est un bon moyen de ne pas piocher dans la ressource maritime si précieuse, pour un goût et une texture équivalents.

Thomas Jamet : « Effectivement, les enjeux environnementaux, comme les normes de rejets, les restrictions en eau et la préservation de la biodiversité, sont des thèmes très largement abordés aujourd’hui dans les formations aquacoles. Les futurs professionnels sont tout à fait conscients que le milieu naturel est leur outil de travail ».


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