Aurélie Clouet, productrice de fromages et de produits laitiers
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Depuis 2013, Aurélie Clouet est productrice de fromages et de produits laitiers élaborés à partir de « lait de foin » Spécialité traditionnelle garantie (STG) au Petit-Mars, près de Nantes. Avec son mari, elle dirige le GAEC du Chêne Long, une exploitation engagée dans l’agriculture biologique qui compte 65 vaches Simmental et Prim’holstein. Motivations, quotidien… Retour sur sa reconversion professionnelle.

Comment vous êtes-vous tournée vers l’agriculture ?

Mon mari est installé depuis 1996 en élevage bovin laitier. De mon côté, pendant un peu plus de dix-huit ans, j’ai exercé le métier d’aide-soignante. Je travaillais en service de réanimation de nuit, qui plus est. C’était dur moralement et physiquement, d’autant plus que nous avions trois enfants en bas âge.

Vers 2011, je me suis demandé comment je pourrais finaliser le travail de mon mari : comment valoriser le lait de nos vaches, qui était entièrement livré à une coopérative ? En fabriquant des yaourts et autres produits ?

C’est ainsi qu’est né mon projet de reconversion professionnelle. J’ai réalisé des stages et des formations avec la Chambre d’agriculture et je me suis installée sur l’exploitation en 2013. Désormais, nous formons un GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun) avec mon mari.

Nous livrons encore un peu de lait à la coopérative, mais la grande majorité de notre production est transformée à la ferme.

En quoi consiste votre métier ?

Je m’occupe entièrement de la fabrication des produits et de leur commercialisation. Je voulais garder un contact avec l’extérieur, c’est un élément fondamental pour moi.

Je transforme les 2 500 litres de lait que produisent nos vaches chaque semaine. Fromage blanc, yaourts, beurre, crème, fromages frais, fromages affinés (« le ptit marsien », bleu…). J’aime bien expérimenter, essayer de nouvelles recettes.

80% de nos produits sont vendus directement à la ferme. Nous avons un panel de 200 clients environ. Ce chiffre a doublé pendant le premier confinement. Le reste de nos produits est vendu à de petites épiceries et magasins de producteurs, à 20 kilomètres maximum.

La qualité de vos produits repose-t-elle sur des pratiques agricoles spécifiques ?

La spécificité de notre élevage est que nous vendons des produits élaborés à partir de « lait de foin » certifié Spécialité traditionnelle garantie (STG). Ce signe d'identification de l'origine et de la qualité est reconnu depuis cinq ans en Europe et utilisé depuis un peu plus de deux ans en France. C’est grâce à celui-ci et à notre façon de produire que nous avons des produits de qualité. Les vaches mangent essentiellement du foin, de l’herbe, des produits céréaliers, ce qui donne un lait riche et facile à transformer.

Par ailleurs, nous avons mis en place des pratiques en faveur du bien-être animal et de la biodiversité en plantant des arbres sur notre exploitation. En 2019, nous avons remporté le concours des pratiques d’agroforesterie du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

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