Scientifiques et forestiers travaillent ensemble pour lutter contre la chalarose du frêne
DRIAAF Île-de-France
La chalarose du frêne est une maladie invasive qui décime les peuplements de frênes européens. À Orléans, des chercheurs de INRAE travaillent à l’identification et la multiplication de frênes résistants avec l'appui des forestiers.

Les premiers dégâts de la chalarose (prononcer « kalarose ») du frêne ont été observés en Europe de l’Est au début des années 90, mais il aura fallu plus de dix ans pour découvrir qu’un champignon, Hymenoscyphus fraxineus, en est le responsable ; et plusieurs années encore pour établir que ce champignon est originaire d’Asie.

Si son apparition en Europe demeure une énigme, sa propagation se fait par le biais de spores dispersées par le vent. Détecté en 2008 dans l’Est de la France, puis en 2009 dans le Nord, il fait l’objet d’un suivi par le Département de la santé des forêts (DSF) qui étudie sa progression vers le sud du pays. Sur sa route, il fait un nombre de victimes considérable, puisqu’on estime à environ 2% seulement la part de frênes communs (Fraxinus excelsior) capables de le tolérer, certainement autant pour le frêne oxyphylle plus méridional (Fraxinus angustifolia).

Or le frêne est une composante majeure de nos paysages forestiers, mais aussi ruraux et urbains. C’est une essence aux propriétés – et donc aux usages – multiples (ameublement, énergie, fourrage, pharmacie, etc.).

Si le système immunitaire des plantes est incapable d’apprendre à reconnaître un nouvel agresseur pour s’en protéger, elles possèdent cependant des mécanismes biologiques qui font que certains individus peuvent résister à un agresseur ou tolérer sa présence. À défaut de vaccin, des chercheurs de INRAE, à Orléans, travaillent à l’identification de frênes résistants ou tolérants qui permettraient de générer une nouvelle génération d’arbres elle-même résistante ou tolérante. Ils le font au travers des dispositifs expérimentaux de terrain installés avant l'épidémie, dans lesquels furent plantés des frênes originaires de toute l’Europe. Ces dispositifs ont été installés chez des propriétaires privés ou institutionnels qui participent ainsi à l’effort de recherche national.

Aujourd’hui, ce travail est entré dans une phase encourageante, puisque 81 arbres font l’objet d’un test de vérification chez un propriétaire de Seine-et-Marne, qui a proposé de mettre une de ses parcelles à disposition de la recherche. S’y trouvent inclus quelques individus issus de sélections opérées par le DSF dans le cadre du projet national Chalfrax coordonné par le Centre national de la propriété forestière (CNPF). Ces arbres, préalablement greffés par INRAE pour les évaluer sous la forme de plusieurs copies (conduisant à un total de plus de 600 plants), ont été installés à l’automne 2020.

Ce type de collaboration avec la recherche publique permet aux propriétaires forestiers de participer de manière active à la recherche et à la préservation des forêts françaises. D’autres collaborations avec la recherche pourraient être envisagées sur le thème de la chalarose. Ainsi, INRAE lance un appel à tous ceux qui, pépiniéristes ou autres, pourraient l’aider à développer un système de bouturage efficace du frêne commun. L’espèce est malheureusement réfractaire à ce mode de multiplication (d’où le recours au greffage pour l’instant), ce qui empêche d’évaluer pleinement sa sensibilité à la maladie…

Si vous souhaitez participer à la sauvegarde du frêne, rendez-vous sur fraxinus.fr.

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