Pâturage tournant et mixité: la recette de George Goodfellow, éleveur en Limousin

En région Limousin, à Bellac, un jeune éleveur de vaches allaitantes et de brebis valorise au maximum l’herbe de ses prairies permanentes : une gestion durable et un système efficace pour concilier performance économique et écologique.

Faire d’une particularité locale un outil efficace de production

Le Limousin offre un paysage bocager, abritant des vaches de robe froment vif : les limousines. Dans cette région ancestrale de pâturage, elles bénéficient en principe de parcelles spécifiques. Pourtant, les 55 vaches de George Goodfellow profitent de 123 hectares de prairies permanentes, qu’elles partagent avec les brebis...rencontre avec un agriculteur novateur.

C’est en intégrant le groupe “Pâturage tournant” de la Chambre d’Agriculture, que George a décidé de changer ses animaux de parcelles tous les deux ou trois jours afin de permettre à la prairie d’exprimer tout son potentiel de production.

Mélanger ses vaches aux 350brebis à l’herbe lui procure aussi de nombreux avantages. En effet, ceci lui a permis d’une part, de réduire le nombre de lots et de simplifier la conduite du pâturage. D’autre part, depuis
que les animaux pâturent ainsi, la qualité des pâturages s’en trouve améliorée : en limitant les zones non pâturées, la flore s’est enrichie et diversifiée. Le trèfle a notamment rendu meilleure la qualité de l’herbe, développant ainsi la performance des animaux.

George s’applique aussi à préserver ses prairies : les sols étant fragiles, les vaches sont rentrées l’hiver afin de diminuer le piétinement. Les brebis, pendant ce temps, disposent de toute la surface de pâturage. Elles nettoient les parcelles, se nourrissent à moindre coût et en quantité suffisante. Cela leur garantit un bon état de forme à l’arrivée du printemps.

Miser sur la mixité

Le mélange des ovins et des bovins dans un même troupeau est très peu pratiqué. Pourtant, George s’est rendu compte que cette mixité offrait des surfaces enherbées bien valorisées, car les brebis et les vaches n’ont pas les mêmes préférences au niveau des plantes, de ce fait leur pâturage commun est complémentaire.

 

Ensuite, la charge parasitaire, en particulier les strongles (vers extrêmement nuisibles chez les ruminants), est réduite par la présence de deux espèces différentes dans un même troupeau.

L’association permet enfin des rentrées d’argent plus régulières car les ventes sont étalées sur l’année (les vêlages et les différents agnelages ne s’effectuant pas au même moment), et aussi une certaine résilience en cas de crise de l’une ou l’autre des productions.

Optimiser le temps de travail et minimiser les investissements

George cherche à optimiser au maximum la gestion de son temps de travail. Pour cela, ses deux troupeaux sont répartis sur deux groupements de parcelles, comprenant des îlots centraux avec un abreuvoir chacun. Ainsi, pour changer les animaux de parcelle tous les deux ou trois jours, “je n’ai qu’une barrière à ouvrir. Et comme les animaux me voient souvent, tout se passe rapidement et dans le calme”, explique l’agriculteur.

Pour ce qui est du matériel, George en possède le moins possible et préfère faire appel aux entreprises pour les gros travaux.

Depuis sa participation à l’atelier “évaluation des coûts de production”, organisé par la Chambre d’Agriculture de Haute-Vienne, il a pris conscience de l’efficacité économique de ses pratiques par rapport à d’autres systèmes d’élevages extensifs.

Ainsi, son expérience montre que le pâturage tournant, associé à la mixité des élevages ovins bovins peut apporter une réelle valeur ajoutée avec une grande souplesse dans la gestion de l’herbe.

 

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