Challenge ROSE : les mauvaises herbes à l'épreuve de l'innovation
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Le Challenge ROSE est un programme de recherche mobilisant chercheurs et acteurs privés pour identifier des solutions innovantes afin de pouvoir désherber sans utiliser d'herbicides.

En juin 2017, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont ouvert un appel à projets intitulé le Challenge ROSE - « Robotique et capteurs au Service d’Ecophyto ». Promu en partenariat avec le ministère de la Recherche et l’Agence nationale de la Recherche (ANR), cet appel à projets concerne une problématique spécifique : le désherbage de l’intra-rang – l’espace entre les plants d’une même rangée – en cultures légumières de plein champ et dans les grandes cultures où l’écartement est plus important (maïs, tournesol).

Objectif : désherber sans herbicides

Le Challenge ROSE porte sur l'ensemble de la chaîne de désherbage, de l’observation et de la détection des cultures et des mauvaises herbes à l’interprétation, et les actions de désherbage elles-mêmes. Le programme  étudie l’utilisation de capteurs, modélisation,  robotique, et leur combinaison,  pour éviter le recours aux herbicides, ces derniers représentant près de 40 % des produits phytopharmaceutiques utilisés et sont les principaux pesticides responsables de la contamination des cours d’eau.

Des équipes interdisciplinaires aux savoirs complémentaires  

Pour relever ce défi, le   Challenge ROSE encourage la collaboration entre chercheurs de différentes disciplines - agronomie, écologie, sciences sociales, sciences numériques et robotiques - et  encourage les équipes à confronter leurs idées, leurs approches et leurs travaux. Chaque équipe doit présenter au moins un organisme de recherche et un partenaire entreprise (agro-équipementiers, agriculteurs, chambres d’agriculture, etc.). : établir des solutions de désherbage économes ou sans herbicides,

Une retombée supplémentaire collective du Challenge ROSE est de favoriser l’établissement de références communes et d’en faire bénéficier l’ensemble des communautés.

C’est ainsi que le projet WeedElec est porté par un consortium composé de cinq partenaires académiques et professionnels. Celui-ci propose une alternative au désherbage global chimique combinant l’utilisation d’un drone pour détecter les mauvaises herbes, couplé à une solution robotisée terrestre procédant au désherbage.

Le projet BIPBIP, lui, réunit des compétences en imagerie, robotique, conception mécanique mais également en production agricole et agronomie. Il développe une solution mécanique pour le désherbage intra-rang de cultures maraîchères et de grandes cultures au stade précoce, en s’appuyant sur un système d’imagerie fournissant les positions des cultures et des mauvaises herbes, transmises ensuite à un outil qui contrôle un dispositif mécanique procédant alors au désherbage.

Le projet PEAD, porté par 3 partenaires, propose une solution robotisée autonome pour un binage systématique des cultures, en inter et intra-rangs. Il vise également la collecte de données à long terme pour la construction de cartographies multi-échelle pouvant servir à une gestion durable de la flore adventice et des cultures.

Enfin, le projet ROSEAU réunit 5 partenaires qui travaillent à la création d’outils réalisant des opérations de désherbage sur le rang en s’appuyant sur des drones, robots et caméras pour distinguer les plantes d’intérêt des mauvaises herbes et optimiser les interventions de désherbage.

Alors que ces premiers projets ont été lancés en janvier 2018, ceux-ci seront suivis pendant 4 ans, jusqu’en 2021. Chaque année, le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) et  l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) mèneront des campagnes d’évaluation afin de mesurer en situation réelle les résultats du travail engagé par les équipes.

Plus d'informations sur le Challenge ROSE.

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