Céréales françaises : la filière CRC, Culture raisonnée contrôlée
Lucie Taudon

Produire des céréales d’excellence, 100% françaises, avec des pratiques agricoles favorables à l’environnement, en favorisant une juste rémunération des agriculteurs. Tels sont les fondements de la démarche CRC, née sous l’impulsion d’agriculteurs. Depuis 1999, les céréales de la filière disposent de plusieurs cahiers des charges qui bénéficient d’une Certification de Conformité Produit (blé dur, seigle, sarrasin, grand épeautre...). 

Tout commence en 1989, en Bourgogne. « Plusieurs agriculteurs ont voulu s’associer pour adopter des méthodes agricoles bonnes pour les Hommes et la nature », explique Marc Bonnet, directeur général de la filière. « Ces agriculteurs produisaient des céréales à destination de l’alimentation infantile, ils ont voulu étendre ces normes plus exigeantes à d’autres secteurs et créer une filière végétale d’excellence. » C’est ainsi qu’est élaboré le premier cahier des charges qui a été reconnu par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en 1999.

Quatre corps de métiers travaillent conjointement : les agriculteurs, qui sont plus de 3 000, via les organismes stockeurs ; les 54 meuniers qui achètent et écrasent le blé ; enfin, les industriels et distributeurs. « La farine est soit vendue directement aux boulangers (plus de 4 200), soit aux industriels qui fabriquent des produits semi finis (pains à cuire) ou totalement finis, comme les biscuits. Nos meuniers fournissent également de nombreuses boulangeries de grandes surfaces. »

Avec 550 000 tonnes produites par an, la filière CRC représente 10% des blés français destinés à l’alimentation humaine, avec un gage de traçabilité jusqu’au produit final. « Nos produits ont une garantie sanitaire supérieure : nous assurons une absence d’insecticide de stockage sur les grains et les farines. »

Dès 2021, la filière proposera les premières céréales sans résidu de pesticides.

Des pratiques agricoles favorables à la biodiversité

Afin de limiter au maximum les répercussions environnementales des cultures, les agriculteurs sont tenus de respecter de nombreuses exigences. « Les parcelles de culture CRC doivent être éloignées de toute source de pollution. La filière CRC participe au maintien d’infrastructures agroécologiques, protège tous les points d’eau et est inscrite dans des programmes de préservation et de sauvegarde d’espèces, comme la outarde, un oiseau de grande taille », précise Marc Bonnet. « Les méthodes de moisson ont été adaptées : elles sont commencées par le centre de la parcelle pour que les animaux aient le temps de s’échapper ».

Du champ au silo à grains, les pratiques ont été réfléchies pour diminuer les produits phytosanitaires. « Nous choisissons avec soin les variétés des semences afin qu’elles s’adaptent le mieux possible au territoire pour limiter au maximum l’ajout de produits phytosanitaires. Une liste très restreinte de produits autorisés a été établie : ils doivent avoir un faible impact sur la flore et la faune, et n’être utilisés qu’en dernier recours, selon un dosage précis. » Enfin, pour conserver les grains, un système de ventilation à l’air naturel a été mis en place pour éviter les insectes et se passer totalement d’insecticides.

La filière CRC applique une prime à l’ensemble des acteurs. « Des efforts supplémentaires sont demandés à l’agriculteur, en termes de respect de l’environnement. » Travailler en filière CRC permet aux agriculteurs de bénéficier d’une prime : pour le blé par exemple, une prime aux environs de 21€ la tonne est reversée aux organismes stockeurs qui la partagent ensuite avec leurs agriculteurs (en moyenne, l’agriculteur bénéficie d’une prime qui varie entre 12 et 15€ la tonne de blé certifié).

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