Grand Clermont : « Manger mieux, c'est mettre en valeur les potentialités d'un territoire »
Écopole Val d'Allier

Le Grand Clermont et le Parc naturel régional Livradois-Forez ont élaboré un projet alimentaire territorial (PAT), lauréat du Programme national pour l'alimentation-PNA 2018-2019. Il vise notamment à améliorer le taux d’auto-approvisionnement du territoire et à développer une agriculture rémunératrice pour l’agriculteur et respectueuse de l’environnement. Jean-Pierre Buche, vice-président du Grand Clermont en charge du PAT, maire de Pérignat-ès-Allier et agriculteur, livre les raisons de son engagement et celui du territoire et explique les initiatives menées.

À partir de quel constat le PAT a-t-il été élaboré ?

Nous avons constaté, entre autre, que les aliments consommés par les habitants du territoire parcouraient en moyenne 1200 km avant d'arriver dans leur assiette. Une énorme marge d'amélioration existe donc quand on sait que les terres de Limagne ( ancien bassin de sédimentation) sont  parmi  les plus riches d'Europe et que nous avons un des plus grands bassins allaitant et laitier de France. Il nous faut donc réduire la distance de « La Fourche à la fourchette » pour offrir une alimentation de proximité et de qualité.

L’alimentation était donc une préoccupation de longue date avant de répondre à l’appel à projet ?

La question de l'alimentation est un enjeu majeur qui va devenir une question éminemment politique. Elle touche avant tout à notre santé et donc à notre qualité de vie, mais aussi à l'aménagement du territoire. Au delà du Grand Clermont, c'est l'ensemble des communes françaises qui doit s'emparer de cet enjeu fondamental.

Une alimentation saine et de proximité, c'est moins de maladie cardio-vasculaire, moins d'obésité et de diabète. C'est plus de plaisir. C'est aussi un autre développement, plus harmonieux et plus respectueux de l'environnement. Manger mieux, c'est mettre en valeur les potentialités d'un territoire en réinterrogeant nos pratiques et nos modèles.

Quels sont donc les objectifs visés ?

Le PAT, c'est proposer une alimentation de qualité et de proximité à partir de productions respectueuses de l'environnement et rémunératrices pour les agriculteurs. C'est aussi et surtout construire le projet en réunissant tous les acteurs concernés.

Quelles sont les initiatives mises en place depuis un an ?

C'est avant tout beaucoup d'ingénierie au départ ! Nous avons procédé au recrutement d'une animatrice en septembre 2018 pour faire connaître la démarche, identifier les porteurs de projets et coordonner les actions. À l'issue d'un longue période de concertation, qui a connu un vif succès, plus de 50 fiches actions ont été rédigées, du foncier à la consommation en passant par la production la transformation et la distribution. Nous avons également mis en lumière des actions déjà existantes comme Agri local, une plateforme dématerialisée, qui permet de mettre en lien très simplement producteurs et gestionnaires de restaurants. Nous avons également décidé de ne pas descendre en dessous de 2€ (1,5€ actuellement)de cout matière par repas dans nos cantines car une alimentation de qualité à un prix. Une gouvernance composé du Grand Clermont, du Parc Livradois Forez ( lauréats de l'appel à projet) et de la chambre d'agriculture a décidé des premiers choix. Elle sera progressivement élargie.

Pouvez-vous citer quelques exemples ?

Organiser différemment le parcours d'un self a permis aux collèges de Billom de passer de 120g à 30 g les déchets d'un repas. Des espaces tests maraîchers et arboricoles ont été mises place pour permettre à des porteurs de projets de tester sur trois ans leur aptitude à conduire une activité agricole. Beaucoup d'autres acteurs sont mis en appétit par notre démarche et c'est tant mieux. Manger mieux, ça donne envie, ça mobilise et c'est l'avenir !

Le PAT Grand Clermont - PNR Livradois-Forez en quelques chiffres :

  • le territoire du PAT couvre 268 communes ;
  • il compte 37% de surface agricole utile, soit 153 000 hectares ;
  • 250 structures participantes ;
  • 100 contributions pour le plan d’action ;
  • 6 ateliers thématiques : foncier, production, transformation, distribution, restauration collective, consommation…