Projet alimentaire territorial : Brest Métropole veut sensibiliser les citoyens via le numérique
Emmanuelle Pichelin / Brest métropole
Offrir un accès à une alimentation saine et de qualité à tous ses habitants, c’est la volonté de Brest Métropole. La collectivité a ainsi élaboré un PAT (Projet alimentaire territorial) « Expérimenter de nouvelles solidarités alimentaires » qui s’appuie sur les outils numériques du territoire pour sensibiliser les citoyens.

Avec 43% de surfaces agricoles réparties sur 186 exploitations, l’agriculture représente un secteur économique majeur et un enjeu essentiel pour la qualité de vie des 400 000 habitants du territoire de Brest Métropole. Depuis plusieurs années, la ville multiplie les initiatives pour favoriser l’accès à une alimentation saine et de qualité à tous les habitants, grâce à l’engagement des collectivités publiques, des associations et des acteurs locaux.

Ainsi, une cellule foncière existe depuis 2012 ; la ville a vu pousser plus de 200 jardins partagés ; les cantines proposent plus de 50% d’alimentation bio et vise les 80% d’ici 2022.

Afin de stimuler et d’accompagner d’autres initiatives, Brest Métropole a élaboré un Projet alimentaire territorial (PAT), retenu dans l’appel à projets du Programme national pour l’alimentation 2018-2019.

« Pour rendre "visible" toutes les actions menées, nous lançons une Agora avec toutes les parties prenantes sur les questions alimentaires. Les politiques publiques ont besoin du soutien des habitants et des initiatives locales. Cette transition par le citoyen est la véritable innovation de notre projet de territoire », déclare Nathalie Chaline, adjointe au maire et conseillère déléguée à Brest métropole. La collectivité veut s'appuyer sur sa stratégie numérique, Brest Horizon Digital, et le déploiement des outils (réseau Food Tech, applis...) pour sensibiliser les citoyers et mettre en lien consommateurs et distributeurs.

« L’objectif est également de trouver la bonne articulation et la bonne complémentarité entre les différentes échelles » indique Nathalie Chaline, avec en fil conducteur la sensibilisation des citoyens au « comment se nourrir sainement et durablement ».

Le nouveau projet PAT comprend 4 axes principaux :

  • développer l’emploi. Brest Métropole souhaite notamment promouvoir la distribution en circuit-court en s’appuyant sur le numérique. Le territoire a ainsi développé la plate-forme. Le site D’ici même pour favoriser la mise en relation entre producteurs et consommateurs et initiatives autour de l’alimentation du territoire ;
  • l’équité sociale avec l’accès à l’alimentation de qualité pour tous les habitants. Des jardins potagers dans le cadre de quartiers prioritaires soutenus par l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) devraient être pérennisés l’an prochain, dans un vaste projet d’agriculture urbaine. Autre projet : l’ouverture de Ti Coop, un supermarché coopératif autogéré par ses adhérents ;
  • limitation des impacts environnementaux. Dans les cantines, la réduction du gaspillage alimentaire et de l’usage de plastiques, développée dans le cadre du prochain plan climat de la métropole, devra se généraliser. Pour les consommateurs, l’appli « zéro-gachis », créée par une start-up brestoise, permet d’informer des promotions sur des produits proches de la date limite de consommation et pour les magasins, de gérer leurs invendus ;
  • le développement du lien entre métropole et territoire rural. Le projet alimentaire du territoire aura vocation à renforcer les liens solidaires, en particulier avec le Pays du Centre Ouest Bretagne (COB) dans le cadre du contrat de réciprocité Ville-Campagne signé en 2012.