« La rotation culturale me permet de cultiver sans traitement »
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
En janvier 2019, Prosper Cochet s’est installé en Loire-Atlantique sur une exploitation de 3 hectares où il privilégie la rotation des cultures afin de n’utiliser aucun traitement phytopharmaceutiques. Alterner les familles de légumes sur une même parcelle lui permet de maintenir un sol riche et de limiter la propagation des herbes indésirables, des ravageurs et des maladies.

« Sur 1 hectare, je cultive une vingtaine de légumes, explique le maraîcher, et je dispose au total de 3 hectares pour faire toutes les rotations nécessaires à la régénération de la terre ». En effet, chaque famille de légumes puise dans le sol les éléments nutritifs spécifiques à ses besoins et en restitue d’autres, qui seront utiles aux cultures suivantes. Ainsi, poursuit Prosper Cochet, « je cultive le radis, peu consommateur du sol, avant la tomate qui est plus exigeante en énergie ». Dans ce système, il est primordial de planifier l’ordre des cultures sur plusieurs années, en fonction de leurs besoins et des services qu’elles peuvent rendre. « Par ailleurs, entre deux cultures, je cultive des engrais verts, comme le sorgho qui restructure le sol grâce à ses racines », précise-t-il.

« La houe maraîchère me permet de désherber au plus près des légumes »

L‘autre avantage de la rotation culturale : elle limite l’installation des plantes nuisibles, des insectes ravageurs et des maladies. « Lorsque les familles de légumes se succèdent sur un même sol, le cycle de vie des pathogènes et des herbes indésirables est perturbé. Ils ont plus de difficultés à trouver un environnement stable pour se développer. Grâce à cette technique, je n’utilise pour l’instant aucun traitement », indique Prosper Cochet.

Pour le désherbage, le maraîcher pratique le faux semis, suivi d’un passage à la houe maraîchère. « Le sol renferme une multitude de graines de différents végétaux qui peuvent se développer à la place de la culture. Pour les enlever, je passe à pied entre les rangs avec une houe maraîchère pour gratter la terre, de manière à les faire germer. Une fois développées au stade de plante, pour les arracher, je repasse rapidement avec le même outil. La houe maraîchère me permet de désherber au plus près des légumes », précise-t-il.

Après avoir travaillé 15 ans dans le secteur industriel, Prosper Cochet s’est installé comme agriculteur bio avec le projet précis d’approvisionner en légumes sa commune de Bélligné et ses alentours. La demande est forte, il écoule déjà toute sa production directement à la ferme, en panier, à l’épicerie et au restaurant du village.

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