#SIA2019 - Trophées de la bioéconomie : découvrez les 11 lauréats régionaux
agriculture.gouv.fr
Pour la première édition des Trophées de la bioéconomie, organisés par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 11 lauréats régionaux ont été retenus. Découverte des projets et des entreprises sélectionnés…

La bioéconomie permet d’apporter une alternative aux produits fossiles dans de nombreux domaines (énergie, chimie, matériaux). Encourageant les innovations, les Trophées de la bioéconomie cherchent aussi à :

  • valoriser les démarches des filières ;
  • faire connaître la bioéconomie par tous ;
  • montrer que la bioéconomie est une réalité de marché.

Les dossiers ont été déposés dans les Directions Régionales de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DRAAF). Les jurys régionaux, présidés par les DRAAF, ont sélectionné 11 lauréats régionaux. L’occasion de découvrir des projets novateurs répondant à des caractéristiques propres aux territoires :

Hauts-de-France

ETIA VT Green récupère les déchets et les sciures issus des usines de transformation du bois environnantes. Ce bois non traité va ensuite subir une métamorphose par l’utilisation de la pyrolyse. Transformés en poudre noire, ces déchets, habituellement jetés, accéderont à une seconde vie et permettront d’augmenter la rétention en eau des sols.

En effet, le produit d’ETIA aide à retenir l’eau pour ensuite la restituer aux plantes. Utilisable pour toutes les cultures, même biologiques, il propose une alternative aux produits de synthèse.

Bretagne

En utilisant les algues du littoral breton, AlgoPaint a fait le pari de développer de la peinture biosourcée. Après des recherches et l’utilisation de la chimie du végétal, l’entreprise a réussi à lancer des produits en s'affranchissant entièrement des substances pétrolières.

Ces peintures aux algues, que l’on retrouve désormais dans de nombreux magasins, permettent une meilleure qualité de l’air dans les logements, mais aussi une meilleure isolation.

Le projet innovant d’AlgoPaint a d’ores et déjà permis de supprimer l’utilisation de 622 tonnes d’énergies fossiles.

Pays de la Loire

CAVAC Biomatériaux a cherché à réintroduire la culture du chanvre, notamment comme culture de rotation. Après avoir réussi cette première étape, l’entreprise a investi dans un site industriel innovant, afin de transformer cette plante en isolants.

CAVAC Biomatériaux a fait le choix de privilégier l’économie circulaire en se fournissant uniquement dans un périmètre de 100 kilomètres autour de son usine. L’entreprise a développé une politique « zéro déchet », puisque toute la plante est utilisée et valorisée.

Avec désormais 150 poseurs agréés, CAVAC Biomatériaux n’a cessé de s’agrandir, permettant la création de 40 emplois.

Centre-Val de Loire

Architectes, fournisseurs ou encore maîtres d’ouvrages se sont rassemblés pour remplacer les isolants d’origine fossile. AccortPaille propose des solutions innovantes pour l’isolation des bâtiments en utilisant la paille.

En achetant la paille directement auprès des agriculteurs locaux, leur fournissant ainsi un revenu complémentaire, cette solution d’isolation a de nombreux atouts : des émissions des gaz à effet de serre réduites dans le bâtiment, une faible dépense énergétique, tout en disposant d’un coût avantageux.

Nouvelle-Aquitaine

Chanvre Mellois est né de l’union de douze agriculteurs en 2005. Cette association a développé la culture et la valorisation du chanvre bio, en proposant désormais une dizaine de produits transformés.
Enduits, isolants, briques… sont en vente directe pour inclure le chanvre dans les constructions.

Avec la création de stages de formation, Chanvre Mellois a développé un véritable maillage territorial, disposant désormais d’artisans sur l’ensemble du territoire régional.

Occitanie

L’Occitanie possède le premier vignoble national avec ses 263 000 hectares de vignes. Cela suppose donc des déchets de la vinification importants. Cavale Coopérative a ainsi développé des solutions pour les valoriser.

Avec plus de 600 adhérents, Cavale Coopérative récupère le marc de raisin et le lie de vin pour les transformer. Les consommateurs pourront trouver de l’huile de pépins de raisin ou encore de l’alcool de bouche, tandis que les agriculteurs pourront se fournir en compost. Cavale Coopérative propose aussi des produits pour les industriels, comme des colorants naturels ou encore du biocarburant.

(Source : Chambre d’Agriculture Occitanie)

Provence-Alpes-Côte-D’azur

La production du riz de Camargue entraîne des déchets, comme sa tige, aussi appelée paille de riz, ou encore sa partie impropre à la consommation : la balle de riz (enveloppe protectrice). Balleconcept valorise l’intégralité de ces déchets en proposant notamment des solutions d’isolation. L’entreprise conditionne des « bottes » de différentes tailles prêtes à l’emploi pour le secteur du bâtiment.

Les innovations de Balleconcept concernent aussi les industriels, comme les brasseries ou les laboratoires pharmaceutiques, qui pourront utiliser ces déchets du riz pour leurs filtrations difficiles, puisqu’elles sont sans résidus de grains, sans additifs, sans arômes et sans risques microbiologiques.

Auvergne-Rhône-Alpes

Basée en Isère, c’est l’association Bois des Alpes qui a retenu l’attention du jury. Ce regroupement des acteurs forêt-bois, créé en 2008, cherche à valoriser le bois alpin, tout en limitant l’utilisation de bois d’importation.
Grâce à la création d’une certification et à la mise en relation directe des acteurs, Bois des Alpes cherche à développer l’écoconstruction, tout en conservant une gestion durable de la forêt.

Les acteurs de la construction et du bâtiment sont ainsi encouragés à utiliser des matériaux de proximité. Cette démarche s’accompagne de l’inscription de la commande de bois alpins dans les appels d’offres publics.

Bourgogne-Franche-Comté

En utilisant du chanvre local cultivé sans pesticides, l’entreprise Géochanvre réalise des toiles à partir de ses fibres. À l’aide d’un procédé innovant, l’hydroliage, les fibres végétales sont liées par projection d’eau sous haute pression. Cette technique innovante permet d’éviter l’ajout d’adjuvants.

Géochanvre transforme ensuite ses toiles en toiles de paillage ou en produits de la vie quotidienne (sacs à main, pots, balconnières…). L’ensemble étant entièrement biodégradable.

L’entreprise icaunaise a déjà permis la création de neuf emplois.

Grand-Est

Pour traiter les matières organiques, Eurek’Alias a mis en place sur la ferme de Grivée une unité de méthanisation agricole. Le biogaz est transformé en électricité et en chaleur par cogénération. Le biogaz résiduel est quant à lui valorisé en biométhane carburant.

Si l’objectif premier est de rendre autonome l’exploitation en carburant, Eurek’Alias espère aussi, dans un futur proche, pouvoir commercialiser localement du biométhane carburant.

Île-de-France

Composée d’agriculteurs actionnaires, la société Gatichanvre est née en 2013. Elle propose diverses solutions pour le bâtiment, en se basant sur une matière première : le chanvre.

Gatichanvre transforme le chanvre récolté et développe une multitude de produits. Pour la construction, le chanvre est transformé en béton en y ajoutant de la chaux. Pour l’isolation, la société propose de la laine de chanvre. Ils ont même développé une sous-couche routière, permettant de réduire l’utilisation de produits polluants dans les travaux de voirie.

Lire l'article de la DRIAAF sur les Trophées de la Bioéconomie

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