Maladies animales : la brucellose

Situation actuelle

La France bénéficie du statut « officiellement indemne » de brucellose bovine depuis 2005 au sens de la réglementation européenne et de cette même reconnaissance pour la majorité des départements pour la brucellose des ovins et caprins.
Elle n’avait pas eu de cas chez les ruminants depuis 2003 et en 2012, 2 foyers ont été mis évidence dans des élevages bovins.

Description de la maladie

La brucellose est une maladie infectieuse commune à de nombreuses espèces animales et à l’Homme ; elle touche notamment les bovins, les porcs, les ovins et les caprins, les équidés, les camélidés et les chiens. Elle peut également atteindre d’autres ruminants, certains mammifères marins et l’homme.
Elle est due à des bactéries de différents biovars appartenant au genre Brucella .
C’est à la fois une zoonose grave pour l’Homme à déclaration obligatoire (maladie se transmettant de l’animal à l’homme lors de la manipulation de matériel contaminé ou par contact avec des animaux contaminés) et une maladie contagieuse pour les animaux d’élevage ayant un impact économique important (pertes de production et entraves aux échanges commerciaux).

Chez les animaux, les symptômes sont souvent discrets. Cependant, elle donne lieu à des avortements ou à un échec de la reproduction. Généralement, les animaux guérissent et réussiront à donner naissance à une descendance vivante après un premier avortement, mais les animaux peuvent continuer à excréter la bactérie et donc à la transmettre.

Chez les animaux, les Brucella se concentrent préférentiellement dans les organes génitaux. Ainsi, labrucellose se propage généralement au moment de la reproduction et lors de l’avortement ou de la mise bas ; on trouve des concentrations élevées de bactéries dans les produits d’avortements et les eaux fœtales provenant d’un animal infecté. Les bactéries peuvent survivre pendant plusieurs mois hors de l’organisme de l’animal, dans le milieu extérieur, en particulier dans des conditions froides et humides. Ces bactéries dans l’environnement restent une source d’infection pour les autres animaux qui s’infectent par contact proche (voie respiratoire ou conjonctivale voire par ingestion).
Les bactéries peuvent aussi coloniser le pis et contaminer le lait.
L’Homme se contamine alors principalement par ingestion de lait cru ou de produits laitiers mais également par contact étroit (voie respiratoire ou conjonctivale) essentiellement dans le cadre professionnel.
La plupart des biovars des espèces de Brucella peuvent être à l’origine d’une contamination humaine. Une vigilance particulière est réalisée vis à vis de B.abortus et B. melitensis.

Prévention de la maladie

La brucellose est surveillée et réglementée chez les bovins, ovins, caprins et porcins et fait l’objet de notifications nationale, à la Commission Européenne et à l’OIE.
Tout signe clinique évocateur notamment des avortements doit faire l’objet d’investigations complémentaires pour rechercher la brucellose.
Les élevages de bovins, ovins et caprins sont régulièrement contrôlés par des dépistages sérologiques et le sont annuellement pour les élevages fabriquant des produits au lait cru.
L’éradication de la maladie en France est le fruit d’une longue lutte menée depuis les années 60 dans les élevages de ruminants. Désormais, en cas de confirmation de brucellose, tous les animaux sensibles à la maladie dans un troupeau reconnu infecté sont abattus, les produits détruits.
La vaccination des animaux contre la brucellose est interdite en France car elle fausse le dépistage par sérodiagnostic. Le traitement est interdit car il pourrait conférer une résistance chez les animauxsans éliminer l’excrétion de la bactérie.

Synthèse des mesures pour les ruminants

Mesures de prévention :

- hygiène générale des élevages
- liées à la brucellose :dépistages réguliers obligatoires des animaux (sur sang ou sur le lait) 
- surveillance des avortements dans les élevages
- formation et information des salariés sur les risques liés à la brucellose

Mesures de lutte :
La brucellose appartient au groupe des maladies de catégorie 1 et est réglementée par le Code rural et par arrêtés ministériels :

- Lors de suspicion :

  • Mise sous surveillance du cheptel (animaux, bâtiments, lait et produits laitiers,…)
  • Séquestration et isolement des animaux malades,
  • Interdiction de la vente du lait cru ou du fromage frais de ces exploitations.

- Lors de confirmation :

  • Abattage des animaux contaminés et éventuellement de tout le troupeau
  • Destruction ou traitements thermiques des produits
  • Désinfection des locaux et des effluents contaminés.

Actualité : 2 foyers de brucellose en 2012 

Deux foyers de brucellose bovine ont été confirmés en 2012 sur le territoire français, alors qu’aucun cas n’avait été rapporté depuis 2003.

- Le premier foyer situé dans le Nord Pas de Calais, dans lequel Brucella abortus a été mise en évidence, avait pour origine l’introduction d’un bovin issu d’un foyer confirmé en Belgique. Le foyer français a été identifié suite à l’alerte des autorités belges faites aux autorités françaises faisant état des ventes récentes d’animaux vers la France à partir du premier foyer identifié en Belgique. La propagation de la maladie en France est restée très limitée car l’introduction était récente. En revanche, en Belgique, 5 autres foyers ont été mis en évidence et confirmés comme ayant un lien épidémiologique avec le premier foyer belge.
En France, comme en Belgique, toutes les mesures concernant cet épisode de brucellose sont désormais levées.

- Le second foyer français a été confirmé dans une exploitation laitière de Haute-Savoie suite à un diagnostic conduit après un avortement. Ce foyer, dû à B. melitensis , a été à l’origine de deux malades par consommation de fromage frais produit dans cette ferme. Les enquêtes menées depuis l’été 2012 n’ont fait apparaître aucun autre cheptel domestique touché alors que plusieurs cas ont été identifiés dans la faune sauvage (chamois et surtout bouquetins), avec des souches de Brucella isolées appartenant au même groupe génétique. Des mesures de lutte devraient permettre de limiter voire supprimer le risque de recontamination des cheptels de ruminants domestiques à partir de ce réservoir sauvage primaire.

Pour en savoir plus :

Voir aussi