Les bergers ambulants du bord de Loire
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Le long de la Loire, pour entretenir les berges, des éleveurs pratiquent la transhumance avec leurs brebis et leurs chèvres. Ils ont formé le collectif Past’horizon pour dynamiser ce métier d’itinérance utile pour l’entretien écologique de cet immense espace naturel fluvial.

Toute l'année, entre le Loiret, la Nièvre et le Cher, des bergers longent la Loire avec leurs troupeaux pour les faire pâturer. Ils se sont regroupés au sein du collectif Past’horizon pour s’entraider et mutualiser les ressources foncières et matérielles (bétaillères, clôtures mobiles). « Aujourd’hui, 4 éleveurs de brebis et 2 éleveurs de chèvres se partagent 2 000 hectares ligériens », indique Girard Bernard, animateur et coordinateur. Une aubaine pour cet environnement où la végétation doit être entretenue régulièrement.

Ovins et caprins : de parfaits gestionnaires de bord de Loire

Les chèvres et les brebis, Girard Bernard explique « qu’elles sont une bonne alternative au débroussaillage mécanique des bords de Loire, habituellement réalisé par les directions départementales des territoires (DDT). Contrairement aux machines, les animaux peuvent intervenir en permanence dans tout type de milieu, sans difficultés, et à moindre coût ». En plus d’offrir un revenu supplémentaire à l’éleveur, cette alternative - que les collectivités plébiscitent de plus en plus - permet ne pas détruire toute la végétation. Les animaux respectent l’environnement en laissant des habitats aux oiseaux nicheurs et aux insectes.

Préserver une dynamique riveraine

Cette forme d’éco-pâturage ambulant que l’on appelle l’écopastoralisme, est essentiel à équilibre du territoire. « Il permet d’entretenir les prairies ligériennes : ces lieux ouverts que les plantes invasives, comme les ronces, peuvent refermer rapidement, et empêcher une végétation remarquable de s’exprimer », relève Girard Bernard.

Sans l’intervention de ces hommes et de ces animaux, certaines prairies peuvent devenir inaccessibles pour les agriculteurs et les riverains qui participent à la vie de ce fleuve.

Valoriser le métier de berger itinérant en plaine

Les bergers vivent une bonne partie de l’année au rythme de leurs troupeaux, en caravane. « Nous nous déplaçons toute l’année sur 200 km, du nord au sud de la Loire », détaille Girard Bernard. Ce métier nomade est difficile à valoriser sur le marché de l’emploi. Mais grâce au collectif Past’horizon et l’association Terre de liens, un espace test sera prochainement mis à disposition pour faciliter l’installation des éleveurs. « Le cœur du projet est de développer une filière ovine et caprine viable en zone de plaine sur deux débouchés principaux : la vente locale de produits de qualité (agneaux, fromages de chèvre), et l'entretien des espaces naturels via la contractualisation avec les collectivités », conclut Girard Bernard.

 

Past’horizon en quelques chiffres

Aujourd’hui, ce sont 900 brebis et 50 chèvres qui parcourent les bords de Loire à l’affût des ronces récalcitrantes. Chaque année, les brebis produisent environ 1 000 agneaux dont la moitié est destinée à la vente directe.

 

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