Devenir éleveuse de chèvres
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Magali Casta est en seconde Productions animales (PA) au lycée agricole de Borgo, en Corse. Elle a choisi de s'orienter vers le métier d'éleveur caprin. Regard croisé sur ce métier avec Julie Mutuel, enseignante en zootechnie.

À chaque question posée à Magali, Julie Mutuel apporte son point de vue d'enseignante.

Pourquoi as-tu choisi de t'orienter vers le métier d'éleveur caprin ?

Je n’ai pas grandi dans le monde rural, mais j'ai envie de m’occuper des chèvres depuis toute petite. J’ai appris à connaître les chèvres lors de mes visites chez mes grands-parents et mon oncle.
J’ai donc choisi une formation agricole dès la troisième pour y parvenir.

Julie Mutuel : « Chez la plupart des élèves en productions animales, on retrouve une motivation professionnelle forte. Les élèves ont envie d’apprendre ; ils sont intéressés par tous les sujets liés à l’élevage et à l’agriculture. Souvent, ils ont un projet qui peut être ambitieux, voire très ambitieux. 

En quoi cette formation te permet-elle de révéler tes talents ?

Cette formation me permet d’apprendre tout ce qui est utile pour ce métier, les différentes pratiques et surtout comment gérer une exploitation.

Julie Mutuel : « . En seconde pro, le projet pédagogique est essentiellement axé sur la découverte des systèmes d’élevage et des métiers. On veille particulièrement à ce que tous les élèves aient le même niveau de connaissances en fin de seconde pro. Ensuite, les objectifs sont bien entendu la réussite du Bac et de la certification intermédiaire du BEPA (brevet d'études professionnelles agricoles). On ouvre les perspectives sur les nouvelles technologies, l’apprentissage à soigner autrement, la gestion des déchets.
On leur enseigne une approche territoire en lien avec les professionnels du secteurs, à savoir de la production à la vente, en passant par la transformation. Les aspects de la sécurité et les conditions de travail sont également des éléments forts de la formation. Notamment, en agroéquipement, en zootechnie, en agronomie (utilisation des produits phytosanitaires).
Les sorties pédagogiques sont proposées en fonction de leur future activité d’élevage ou dans la perspective d’une poursuite de formation. »

Envisages-tu une formation ultérieure ?

Après le Bac CGEA (Conduite et gestion de l'entreprise agricole), je ne suis pas encore certaine de poursuivre mais je sais que cette possibilité existe. Je prends le temps de réfléchir pour une formation post bac.

Julie Mutuel : « Sur la perspective d'envisager une formation supérieure dans ce domaine, tout dépend du projet du jeune et de son expérience en dehors du lycée. Dans le cas de Magali qui n'est pas issue du milieu agricole, il est souhaitable qu’elle complète sa formation sur les aspects de la transformation car il y a beaucoup de transformation caprine en Corse. Sous quelle forme ? C’est à définir en fonction de son projet qui sera affiné au cours de ses trois années cde formation. La formation par apprentissage ou dans le cadre d’un emploi de salarié serait très intéressant mais dépendra de sa maturité à l’issue de sa formation et de sa capacité à gérer un projet. »

« La première question à poser est la disponibilité du foncier. Lorsque les jeunes ne sont pas issus du monde agricole, l’accès au foncier peut être long et difficile. Mais le contexte régional qui remet la valorisation des espaces et le pastoralisme au cœur des préoccupations, est favorable au développement de cette activité d’élevage. Les débouchés existent localement, notamment en transformation. Les voies de développement de cette activité sont les systèmes d’association avec d’autres professionnels, ou le passage par le statut de salarié pour consolider les compétences et les savoir-faire. »

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