Biodiversité : au milieu des marais, la ferme des Cochets
Ligue pour la protection des oiseaux de Vendée (LPO)
Dans le marais breton-vendéen, agriculteurs et associations pour l’environnement travaillent main dans la main pour développer une agriculture adaptée à cette zone humide exceptionnelle. Exemple avec la ferme des Cochets où Benoît Rintaux et Betty Brassaert élèvent des vaches maraîchines pour leur viande.

Le marais breton-vendéen a été aménagé au cours du Moyen Âge pour la saliculture et l'agriculture. Aujourd'hui, l'élevage représente l'activité principale. En 2017, Benoît Rintaux et Betty Brassaert s’installent sur la ferme des Cochets avec Soizic Cosson, une éleveuse de chèvre de race poitevine, pour entretenir 80 hectares de prairies humides.
Cet environnement unique accueille un nombre important d’espèces végétales et animales, dont certaines sont menacées. Avec l’aide des associations locales*, ils construisent un projet de territoire pour sauvegarder le patrimoine agricole et naturel de cette région. « Les associations nous ont accompagnés pour trouver une agriculture adaptée à ce milieu humide. Le choix s’est porté sur l’élevage de vaches maraîchines, une race ancienne qui supporte l’alternance entre sécheresse et forte humidité. Elle est habituée à vivre les pieds dans l’eau et résiste bien aux parasites », expliquent Benoît et Betty.

Des vaches utiles à l’écosystème du marais

Les vaches maraîchines jouent un rôle dans l’entretien du marais et dans l’équilibre de son écosystème. Sous l’œil des éleveurs, elles façonnent ce paysage en se nourrissant des plantes qui le composent, notamment le roseau dont elles raffolent ! « Il faut d'ailleurs le protéger par des clôtures à certains moments de l'année, car c’est une plante essentielle pour le maintien des canaux qui entourent les prairies humides. Il est aussi très apprécié des oiseaux nicheurs et du campagnol amphibie. En broutant, les vaches forment différents niveaux de végétations qui constituent autant d’habitats diversifiés pour les oiseaux d’eau et les petits mammifères. Par exemple, elles éclaircissent l’herbe qui accueille la barge à queue noire, un oiseau typique du marais », expliquent Betty et Benoît. Jour après jour, le couple d’éleveurs observe et en apprend un peu plus sur les mécanismes naturels du marais grâce à l'accompagnement des naturalistes.

La biodiversité, « une marque de fabrique »

« La biodiversité apporte de la reconnaissance et une valeur marketing à l’éleveur », explique Frédéric Signoret, président de la Ligue pour la protection des oiseaux de Vendée. « La population locale se réjouit de voir des jolies vaches, chèvres et oiseaux sur son terroir et de consommer le lait et la viande issus de ces animaux typiques ». En achetant ces produits, le consommateur à conscience de contribuer à sa manière à préserver cet espace naturel, et à dynamiser ce territoire vendéen, situé à la bordure de l’océan Atlantique.

 

La biodiversité sur la ferme des Cochets

Les recensements d’espèces sur la ferme des Cochets réalisés par les trois agriculteurs et la Ligue pour la protection des oiseaux de Vendée (LPO) ont permis la découverte de 120 espèces de flore, 75 oiseaux, 6 amphibiens et reptiles, 5 poissons, 13 mammifères, 17 libellules, 12 sauterelles, 13 papillons et 2 crustacés.

 

* La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Vendée, le collectif Court-circuit (association de consommateurs), et le GIEE Les Gens du marais et d’ailleurs (collectif d’agriculteurs).

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