Lancement d'une expérimentation pour épandre des traitements biologiques par drone
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation autorise une expérimentation de 3 ans pour déterminer les bénéfices de l’épandage aérien de traitements biologiques sur les parcelles en pente supérieures ou égales à 30 %.

Difficiles d’accès pour les hommes, les parcelles pentues sont souvent exploitées en vigne, mais l’utilisation de machines reste dangereux (glissement de tracteur). Grâce à leur système de cartographie et leur agilité, les drones peuvent survoler une parcelle en quelques minutes et appliquer les traitements avec précision, au plus près de la plante, sans que l’agriculteur soit en contact avec le produit.

Un encadrement de l’épandage aérien de produits phytosanitaires

C’est dans le cadre de la loi Agriculture et Alimentation que cette phase test est initiée pour une durée de 3 ans. Pour mettre en place un essai, l’agriculteur doit adresser une demande auprès du ministère en détaillant sa démarche : le drone utilisé, la liste des produits pulvérisés, la localisation des parcelles... l’Anses est chargé de faire une synthèse des essais afin d’évaluer l’impact de ce mode de traitement sur la santé et l’environnement.

« Appliquer à la juste dose un traitement phytosanitaire adapté »

Les produits autorisés dans l’expérimentation sont ceux utilisés en agriculture biologique ou dans le cadre d'une exploitation certifiée Haute valeur environnementale (HVE). Pour Loïc Saura, expert en thermographie et photogrammétrie par drone, ce mode de pulvérisation permet de mieux cibler et limiter les pertes de produits. « Grâce aux nouvelles technologies de l’image, le drone peut identifier de façon précoce différents types de stress sur la plante (manque d’eau, maladies, ravageurs…), et ainsi appliquer à la juste dose un traitement phytosanitaire adapté. De plus, sa vitesse constante permet d’être régulier dans les apports », explique-t-il.

Cette expérimentation permet de mieux comprendre les contraintes des agriculteurs et de faire avancer les connaissances dans le domaine de l’agriculture de précision et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Par exemple, améliorer l’autonomie des drones (batteries, intelligence artificielle) ou les dispositifs d’aspersions (dérive des jets). Pour Loïc Saura, « tous ces tests se font en partenariat avec la recherche (Irstea, Inra, etc.) pour interpréter au mieux les résultats et rassurer les agriculteurs sur les bénéfices de l’épandage aérien ».

En savoir plus : Arrêté du 26 août 2019 relatif à la mise en œuvre d'une expérimentation de l'utilisation d'aéronefs télépilotés pour la pulvérisation de produits phytopharmaceutiques.

 

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