La gestion des risques en agriculture
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

L'agriculture doit faire face à des risques climatiques, sanitaires et environnementaux qui peuvent avoir des conséquences sur la viabilité des exploitations. Ainsi, accompagner les agriculteurs vers une meilleure gestion des risques permet d’accroître la résilience de leurs exploitations et de minimiser les impacts, notamment économiques, de ces risques. Le risque en agriculture fait aujourd'hui partie des éléments à prendre en considération dans la gestion globale d'une exploitation.

Les pouvoirs publics accompagnent le développement des outils de gestion des risques en agriculture notamment par des soutiens à l'assurance récolte et à des fonds de mutualisation. Depuis 2015, ces soutiens sont notamment mis en œuvre dans le cadre du second pilier de la Politique agricole commune (PAC), à travers le Programme national de gestion des risques et d’assistance technique (PNGRAT), cofinancé par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).

Le budget prévu pour les mesures de gestion du risque pour la période 2015-2020 est de 675,25 millions d'euros.

Le PNGRAT met en œuvre deux types de soutien :

L'aide à l'assurance multirisques climatique des récoltes (assurance récolte)

Cette aide consiste en une prise en charge partielle (au maximum 65%) de la prime ou cotisation d'assurance multi-risque climatique couvrant les récoltes souscrite par un exploitant agricole. Elle vise à inciter les agriculteurs à s’engager dans une démarche de gestion des risques climatiques sur leur exploitation. Elle leur permet de bénéficier d’une couverture de risques étendue à l’ensemble des risques climatiques et adaptée à leurs besoins.

Seuls les contrats respectant les critères fixés dans la réglementation peuvent être soutenus. Depuis 2016, de nouveaux contrats d'assurances sont proposés aux exploitants avec pour objectif le développement d'un socle minimum de protection pour chaque type de filière et d'exploitation.

En 2018, environ 55 000 exploitants ont souscrit des contrats d'assurance récolte, couvrant 29,8% de la superficie agricole hors prairie. Une reprise du développement du taux de diffusion de l'assurance récolte est observée depuis 2017.

Pour plus d'informations :

L'aide aux fonds de mutualisation en cas d'aléa sanitaire et d'incidents environnementaux

Cette aide permet de soutenir un fonds de mutualisation agréé par les pouvoirs publics qui intervient pour indemniser les agriculteurs pour les pertes économiques subies suite à un incident sanitaire ou environnemental

Le fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE) est l’unique fonds de mutualisation ayant reçu l’agrément des pouvoirs publics (septembre 2013, renouvelé en octobre 2016). Il est géré sous forme d’association loi 1901 à laquelle est affilié l’ensemble des agriculteurs du territoire national métropolitain. En cas d'incident, il indemnise après expertise tout agriculteur affilié dont l'outil de production est affecté selon les critères d’éligibilité définis. Une aide publique rembourse ensuite au fonds de mutualisation une partie des indemnités versées (jusqu’à 65%) ; lorsque les pertes de production subies par les agriculteurs suite à l'incident sont supérieures à 30% de la production annuelle moyenne, cette aide est financée par le FEADER dans le cadre du PNGRAT.

Lorsque ces pertes sont inférieures à 30% et qu'elles font suite à un incident sanitaire, l'aide est financée sur fonds nationaux au titre de l'aide d'état notifiée (SA.43200 (2015/N).

L’intérêt de ce dispositif est de responsabiliser les agriculteurs, qui assurent le financement et la gestion sous couvert du respect d’un cahier des charges exigeant.

Pour en savoir plus sur la réglementation applicable :
- articles R. 361-50 et suivants du code rural et de la pêche maritime
- arrêtés d'application du 12 avril 2012 : arrêté relatif à l'agrément, arrêté relatif aux programmes simplifiés, arrêté relatif aux coûts et pertes éligibles, arrêté relatif aux contrôles.

Le PNGRAT permet donc d'aider les dispositifs d'indemnisation auxquels ont accès les agriculteurs en cas d'aléa climatique, sanitaire ou environnemental. L'objectif est que le plus grand nombre d'agriculteurs aient accès à l'un des mécanismes existant en cas de sinistre.

Pour en savoir plus sur le PNGRAT

Pour aller plus loin sur la gestion des risques en agriculture : les travaux du groupe de travail à haut niveau du CSO sur la gestion des risques

Le ministre chargé de l'agriculture a initié en septembre 2016 différents travaux sur la gestion des risques dans le cadre du Conseil supérieur d'orientation et de coordination de l'économie agricole et alimentaire (CSO). Un groupe de travail à haut niveau sur la gestion des risques s'est ainsi réuni entre octobre 2016 et janvier 2017 pour faire un état des lieux des dispositifs de gestion des risques en agriculture mis en œuvre en France et dresser des recommandations. Une synthèse des travaux de ce groupe a été présentée au CSO le 14 mars 2017, et le travail doit se poursuivre dans les mois à venir pour mettre en œuvre les recommandations, qui s'articulent autour des quatre thèmes suivants :

  • Définir une stratégie globale de gestion des risques assise sur la palette des outils disponibles avec adaptation éventuelle : s'accorder sur les responsabilités des différents acteurs, en distinguant les risques en fonction de leur ampleur ;
  • Renforcer le conseil, la formation et la communication sur la gestion des risques, afin de responsabiliser davantage les agriculteurs, les opérateurs du conseil et du financement et les filières ;
  • Encourager les démarches préventives ;
  • Articuler de manière cohérente les différents dispositifs et interventions publiques en fonction de l'intensité de l'aléa et des pertes, selon les modalités suivantes :
    • favoriser la gestion privée des risques de faible ampleur par les entreprises agricoles et les filières (réserve de précaution) ;
    • les risques plus importants peuvent faire l'objet d'un transfert vers un tiers (assurance) ou être mutualisés (fonds de mutualisation). Le soutien public doit favoriser en priorité le développement des outils existants et l’expérimentation de nouveaux outils ;
    • l'intervention publique directe devrait se concentrer sur la gestion directe des crises les plus graves.

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Historique de la création des politiques d'assurance récolte : Lire le rapport Babusiaux

Pour en savoir plus sur le FEADER : Développement rural 2014/2020

Connaître le FEADER – Politique européenne en faveur du développement rural

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