E-phytia : un portail d'applis qui révolutionne la santé des plantes
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Diagnostiquer la maladie de ses plantes via son smartphone et y découvrir la ou les solutions de lutte, signaler l’arrivée du redoutable frelon asiatique dans son jardin… Des chercheurs phytopathologistes de Inrae développent depuis quinze ans site web et applications sur smartphone au service de la santé des plantes. Des applis qui concilient expertise scientifique et sciences participatives !

« Nous agrégeons les connaissances encyclopédiques des experts agronomes pour les mettre à disposition des professionnels et du grand public via le web et nos applications mobile », témoigne Dominique Blancard, chercheur en santé des plantes à Inrae. Expert en plantes malades, « phytiâtre », il cherche, depuis l’essor d’Internet, à diffuser son expertise au plus grand nombre. Objectif réussi ! Entre 2 000 et 5 000 visiteurs par jour sur son portail web e-phytia et plus de 200 000 téléchargements des 23 applis développées par son équipe, le chercheur a réussi le pari de faire dialoguer les experts en santé des plantes avec les professionnels du terrain.

Des diagnostics en ligne pour réduire les phytos

En partenariat avec les instituts techniques, son équipe a développé des applications nomades Di@gnoplant permettant à la fois du diagnostic et du conseil pour les professionnels. Ces applications aident à l’identification par l’image des maladies et des ravageurs de plusieurs cultures légumières (salade, tomate, courgette…), du tabac et de la vigne. Elles informent ensuite sur les méthodes de protection optimisées, notamment alternatives promues par le plan Ecophyto.

Cécile Delamarre, conseillère maraîchage à la Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne utilise e-phytia pour les diagnostics inaccoutumés : « Je suis plus d’une vingtaine de maraîchers sur le département. Rien que pour l’aubergine on recense près d’une cinquantaine de maladies ou de ravageurs qui peuvent exprimer des symptômes différents ! Ephytia me permet de consulter en ligne une encyclopédie agronomique très bien illustrée ! »

La science participative au service de la santé des végétaux

Toutes les applications permettent de contribuer aux sciences participatives, par exemple l’application nomade AGIIR (Alerter & Gérer les Insectes Invasifs et/ou Ravageurs), permet de créer un réseau de sentinelles géolocalisées, capables de surveiller les cultures et signaler des organismes nuisibles et invasifs en France. L’invasion progressive de la Punaise diabolique (Halyomorpha halys) a pu être certifiée grâce à cette application et a permis de renseigner les services du ministère sur l'évolution de ce ravageur.

Grâce à un module de reconnaissance par l’image et de fiches techniques, l'application permet de signaler sur son territoire la présence d’un nid de frelon asiatique, redoutable tueur de colonies d'abeilles. Selon Dominique Blancard, « repérer précocement les épidémies de bioagresseurs et suivre leurs évolutions sont devenus des actions clés de la protection des plantes. Mettre le digital au service de la biovigilance et de l’épidémiosurveillance est un beau challenge ! ».

Quelques exemples d'applis

  • Di@gnoPom : aide au diagnostic des maladies des pommes ;
  • Biocontrol : connaître et gérer les acteurs de la lutte biologique (insectes et microorganismes) ;
  • TeSys-Lég : conception de systèmes de culture légumières économes en produits phytopharmaceutiques ;
  • Ecophyto Fruits : conception de systèmes de culture fruitières économes en produits phytopharmaceutiques ;
  • Di@gnoview : diagnostic des pathologies végétales par envoi de photos numériques ;
  • Tropilég : aide au diagnostic des maladies et ravageurs des cultures légumières tropicales ;
  • Diag-Pot : aide au diagnostic des maladies et ravageurs de la pomme de terre ;
  • JardiBiodiv : observatoire participatif de la biodiversité des sols dans les jardins urbains ;
  • Signalement TIQUE : observatoire participatif pour la prévention sanitaire des piqûres de tiques (tout public).

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