Confinement : « les élèves doivent être acteurs de leur apprentissage »
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

En cette période de confinement, il n’est pas toujours évident d’arriver à stimuler les élèves et de les motiver à étudier. Simon Delorme, professeur d'éducation socioculturelle en bac pro et CAPa Services aux personnes et vente en espace rural (Sapver) au lycée agricole de Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire), explique la démarche qu’il a mise en place.

Comment se sont passés les premiers jours de confinement pour vos élèves ?

Il a fallu s'organiser très vite afin d'assurer une continuité pédagogique et, surtout, trouver des solutions pour susciter l’intérêt des élèves.

Au départ, nous avions saturé les élèves de devoirs à rendre sur l'espace numérique de travail. Résultat : nos élèves étaient un peu perdus. Nous avons alors cherché à maintenir le plus possible nos méthodes pédagogiques, mais à distance et en cohérence avec la réalité du confinement.

Quelles ont été vos pistes de réflexion pour motiver les élèves ?

Nous sommes partis des fondements de la matière que j’enseigne, l'éducation socioculturelle. Elle reste fidèle à ses fondamentaux pédagogiques, hérités de l'éducation populaire, en privilégiant systématiquement la pédagogie active et de projet. L’idée étant de parvenir à réinvestir les élèves dans leurs apprentissages, que nous les rendions acteurs, même en confinement.

Concernant les élèves en bac pro services à la personne, nous leur avons demandé de se filmer lors de travaux de réfection de lit, d'entretien du linge... et d'envoyer leurs vidéos. Nous avons lancé des défis, des techniques d'animation à expérimenter en famille et à photographier... Nous avons aussi continué les partenariats avec les Ehpad afin que les jeunes se sentent en responsabilité, par exemple en échangeant avec un résident confiné.

Comment gérez-vous le risque de décrochage scolaire dans cette situation inédite ?

En début de confinement, nous craignions le décrochage scolaire chez certains de nos jeunes. Dès la fin de la première semaine, nous avons pu raccrocher la plupart de nos élèves. On s'est rendu compte que certains « décrocheurs » étaient simplement des jeunes qui manquaient de confiance en eux, n'avaient pas compris le fonctionnement des outils numériques ou n'osaient pas demander de l’aide. Le contact direct a permis de lever ces malentendus.

Plus d'informations sur le lycée agricole de Chambray-lès-Tours.

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