Préserver l'environnement en produisant des pommes sous le label « Vergers écoresponsables »
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Afin de limiter les coûts, tout en portant une grande attention à la biodiversité et à l’environnement, Éric Martineau, pomiculteur, a choisi d’alterner les techniques culturales - agriculture raisonnée avec le label Vergers écoresponsables, agriculture biologique - et de cultiver des pommes de variétés anciennes et plus courantes.

La Sainte Germaine de l'Estre, la Cox Orange ou encore la Reinette du Clochard, ces pommes aux sonorités peu connues, Éric Martineau explique « les vendre directement aux fins connaisseurs qui les apprécient beaucoup », comme la Bertanne, au goût de poire, légèrement vanillée et anisée, qui a fait la réputation de sa ferme des Quantières en Sarthe. « J’ai toujours eu le sens du contact, et ces variétés anciennes, qui représentent 15 % de mon verger de 18 hectares, me permettent d’alimenter les marchés. Petit-fils et fils de pomiculteur, j’ai repris le verger avec seulement des Golden. Aujourd’hui, je produis 18 variétés différentes, dont certaines ont été peu à peu délaissées par les producteurs et les distributeurs car moins rentables. Alors pour maintenir un équilibre économique, je garde des variétés plus productives, comme la Gala, la Délisdor, ou bien la Fuji, que je vends en groupement de producteurs », précise-t-il.

Désherbage mécanique… ou glyphosate

« Dans mon verger, je privilégie les alternatives aux traitements phytosanitaires que je n’utilise qu’en cas de réelle nécessité. Je fais des choix « raisonnables », explique Éric Martineau. « La charge Vergers écoresponsables exige de laisser de l'herbe entre les rangs. Toutefois, aux pieds des arbres, je peux enlever l'herbe qui concurence l'eau nécessaire au bon développement des fruits. J'ai donc choisis de désherber avec des outils mécaniques, en remuant régulièrement la terre, tout en faisant attention à ne pas arracher les tuyaux d’irrigation et les racines des arbres. Pour cette tâche, la main d’œuvre représente un coût non négligeable et n’est pas facile à trouver. Aussi, je réserve cette technique de désherbage pour les pommiers bio et une partie du verger écoresponsables. Pour le reste, où j'ai supprimé l'utilisation du glyphosate depuis deux ans, l'herbe s'installe vite, et je dois trouver d'autres solutions ».

Des jachères fleuries pour attirer « les bons » insectes

Pour protéger les pommiers des maladies et des agresseurs, la démarche Vergers écoresponsables permet d’alterner les interventions agréées en agriculture biologique et les interventions phytosanitaires ciblées. « Dans tous les cas, précise le pomiculteur, je fais très attention à ne pas aller au-delà de mon objectif initial, préserver le plus possible l’environnement tout en étant rentable. Lorsque je choisis un traitement, qu’il soit chimique ou non, je veux qu’il agisse uniquement sur l’insecte nuisible et non sur les autres ».

De plus, Éric Martineau s’appuie sur la nature pour protéger ses pommiers : il installe dans son verger des jachères fleuries qui attirent les insectes utiles, comme le syrphe ou la chrysope, qui sont des prédateurs aux insectes nuisibles, comme les pucerons ou les carpocapses. Avec l’aide de l’Association nationale pommes-poires de France, il a choisi les différentes graines de fleurs afin que ses jachères soient un véritable réservoir de vie propice à la pollinisation et à la protection des pommiers.

1 300 pomiculteurs agréés Vergers écoresponsables

Les 6 engagements :

  • favoriser la biodiversité en verger ;
  • privilégier des méthodes de lutte biologique ;
  • raisonner les interventions en verger ;
  • récolter les pommes à la main à maturité optimale ;
  • garantir la traçabilité du verger au point de vente ;
  • faire contrôler le respect de ces bonnes pratiques par un organisme externe et indépendant.