Maladies animales - La brucellose : mode d'emploi
La brucellose est une maladie contagieuse des animaux d’élevage. Elle est due à différentes bactéries appartenant au genre Brucella.

Qu’est ce que la brucellose ?

La brucellose est une maladie contagieuse des animaux d’élevage due aux bactéries du genre Brucella, qui touche les bovins, les porcs, les ovins et les caprins, les équidés, les camélidés et les chiens. Elle peut également atteindre d’autres ruminants, certains mammifères marins et l’Homme. La brucellose est aussi une maladie importante des animaux sauvages, touchant le porc retourné à l’état sauvage, le bison, le wapiti et le lièvre européen, les cervidés, et les rongeurs. C’est aussi une zoonose (maladie animale transmissible à l’homme) et une maladie humaine à déclaration obligatoire.

Quels sont les symptômes chez l’animal ?

Chez les animaux, la maladie est généralement bénigne et l’animal infecté ne présente que peu de signes. Elle donne lieu cependant à des avortements ou à un échec de la reproduction. Généralement, les animaux guérissent et réussiront à donner naissance à une descendance vivante après un premier avortement, mais ils peuvent continuer à excréter la bactérie. Elle est à l’origine de pertes économiques importantes (avortements, pertes du lait et des produits laitiers) pour les éleveurs de vaches laitières, d’ovins, de caprins et de porcs.

Comment se transmet la maladie ?

La brucellose se propage généralement au moment de l’avortement ou de la mise bas. On trouve des concentrations élevées de bactéries dans les eaux fœtales provenant d’un animal infecté. Les bactéries peuvent survivre pendant plusieurs mois hors de l’organisme de l’animal, dans le milieu extérieur, en particulier dans des conditions froides et humides. Elles restent une source d’infection pour les autres animaux qui s’infectent en les ingérant. Les bactéries peuvent aussi coloniser le pis et contaminer le lait. Un autre mode de transmission de l’agent aux animaux et à l’homme est sa pénétration par la peau ou les muqueuses.

Comment la maladie touche-t-elle l’homme?

La contamination de l’homme s’opère de différentes manières. Le plus souvent, la transmission à l’homme se produit par ingestion de produits laitiers frais (lait cru) provenant d’animaux infectés par la bactérie.

Elle peut aussi se produire par contact avec des animaux ayant la brucellose : c’est le cas surtout des éleveurs, des vétérinaires et du personnel des abattoirs exposés à l’infection en manipulant les animaux infectés, les avortons et les placentas. La manipulation de fumier ou d’autres produits souillés, l’ingestion de légumes provenant de sols traités avec du fumier ou encore l’inhalation de poussières de litières souillées peuvent aussi contaminer l’homme.

Le meilleur moyen d’éviter les cas de brucellose humaine est d’éradiquer la maladie des élevages et donc la transmission à l’homme.

Quels sont les symptômes de la maladie chez l’homme ?

La primo infection peut se manifester sous la forme de symptômes frustes et passer inaperçue. L’infection peut ensuite demeurer silencieuse durant plusieurs mois, voire plusieurs années, et se réactiver à l’occasion d’une autre maladie ou évènement de santé. L’incubation après la primo-infection dure de quelques jours à 1 mois. La maladie chez l’homme se manifeste par des signes non spécifiques allant de la fièvre isolée ou du syndrome pseudo-grippal banal jusqu’à des infections focalisées des articulations (arthrites), des testicules (orchites) ou du système nerveux central (méningites). Non traitée, la brucellose peut devenir chronique et être responsable d’une atteinte invalidante des articulations en particulier.

Combien compte-t-on de cas humains en France ?

En France, le nombre de cas humains déclarés chaque année depuis dix ans est de l’ordre de 30. Il s’élevait à 21 en 2011. Les sources de contamination autochtones ont disparu en France du fait des mesures de maitrise de la brucellose animale.

Vingt des patients infectés en 2011 (95 %) étaient des cas "importés", contaminés lors d’un séjour dans un pays où la maladie animale est présente et non maitrisée. 30 % rapportaient des contacts directs avec des ruminants au cours de leur séjour. Onze (55 %) sur 20 rapportaient la consommation de lait cru ou de fromage au lait cru dans le pays de séjour.

L’unique cas humain « autochtone » identifié en France en 2011 correspondait à la réactivation d’une infection ancienne contractée alors que la brucellose animale était encore présente en France.

Quel traitement doit suivre une personne malade ?

Une fois le diagnostic confirmé, le traitement de la brucellose humaine repose sur l’administration d’antibiotiques spécifiques pendant plusieurs semaines.

Il n’existe pas de vaccin commercialisé pour l’homme.

Comment éviter d’être contaminé lorsqu’on est éleveur ou vétérinaire ?

Il faut réduire les sources de contamination possibles (déjections animales, mises bas…) et respecter les règles d’hygiène classiques (lavage des mains, désinfection des plaies et des vêtements de travail …). Il est fortement recommandé aux femmes enceintes d’éviter de participer aux mises bas. Dans un élevage où la maladie a été mise en évidence, il faut interdire la présence de femmes enceintes au contact des animaux ou des produits souillés. La brucellose est une maladie professionnelle indemnisable.

Le consommateur court-il un risque ?

La viande du bétail abattu peut être commercialisée sans risque pour l’homme. La bactérie n’est pas présente dans la viande.

Les produits laitiers (lait cru et fromages frais non fermentés) présentent un risque de transmission de l’infection à l’homme, surtout lorsqu’ils proviennent de chèvres infectées. Ils doivent être retirés de la vente.

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