L’ONF, au cœur de la prévention des incendies de forêt
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr
Pendant la période estivale, le risque de feux de forêt est plus élevé. Dans le cadre de la stratégie nationale de Défense des forêts contre les incendies (DFCI), l’Office national des forêts (ONF) mobilise près de 300 collaborateurs chaque jour en région méditerranéenne pour mener différentes actions de prévention : entretien des équipements, surveillance et sensibilisation du public.

Dans le sud de la France, les faibles précipitations en période estivale, conjuguées aux vents violents rendent la végétation méditerranéenne plus sensible en cas de départ de feu. Pour faire face à ce risque majeur, une stratégie nationale a été mise en place par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation depuis les années 1990 : la Défense des forêts contre l’incendie (DFCI). La DFCI constitue l'un des volets de la politique nationale contre les incendies de forêt.

Menée conjointement avec le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Transition écologique, et en synergie avec les collectivités territoriales, l’efficacité de cette politique n’est plus à démontrer, car elle a contribué en 40 ans à réduire de 80% la superficie moyenne brûlée.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en charge des forêts, attache une grande importance à cette politique de prévention ; cette volonté se traduit par les moyens importants (11.5 millions d’€ chaque année) attribués à l’ONF pour assurer cette mission d’intérêt général qu’est la DFCI. Cette mission finance, entre autres, les agents de protection de la forêt méditerranéenne (APFM), dispositif existant depuis 21 ans. Les APFM jouent un rôle déterminant pour la surveillance des massifs et les premières interventions sur feu naissant en été, ainsi que pour le débroussaillement tout le reste de l’année.

Une réactivité essentielle pour limiter la propagation du feu

Du haut de leurs vigies, des tours d’observation réparties sur les territoires, les guetteurs scrutent l’horizon à l’affût de la moindre fumée afin d’alerter les équipes au sol et les secours. Ils sont assistés au sol par des équipes de surveillance qui parcourent des itinéraires préétablis. Des véhicules de sécurité incendie, équipés de citernes d’eau, permettent à ces agents, en majorité des APFM, de réaliser une première intervention dès la détection d’un départ, sans attendre l’arrivée des pompiers.

Ce travail de terrain est essentiel pour connaître précisément la position du feu, son intensité, son évolution et fournir tous les renseignements nécessaires de connaissance du territoire : pistes d’accès, topographie, nature du boisement, points d’eau. Grâce à la politique nationale « d’extinction des feux naissants », portée par le ministère en synergie avec les autres acteurs de la prévention, en moyenne, 8 feux sur 10 sont éteints avant d’avoir parcouru 1 hectare.

Après l’incendie

Pour les plus grands incendies, une fois le feu éteint, les agents de l'ONF participent à déterminer leur cause avec les pompiers et les forces de l’ordre au sein de la cellule de recherche des causes et circonstances des incendies.
Depuis 2016, l'agence spatiale européenne met à disposition du public des images satellites du territoire. En comparant des images avant et après l’incendie, il est possible par des traitements informatiques de délimiter les contours des zones brûlées et de calculer des indices de sévérité de ces incendies pour mieux comprendre le comportement du feu et ses impacts.

Cela permet d’améliorer la stratégie de prévention et de lutte, mais aussi d’évaluer les risques de survenance d’autres aléas sur les terrains déstabilisés par le passage du feu (érosion des sols, coulées de boue, chutes de blocs). Lorsque ces risques sont avérés, des personnels de l’ONF spécialisés dans les actions de restauration des terrains en montagne peuvent apporter leur expertise pour proposer des mesures permettant de les prévenir ou de les limiter.

Prévenir des aléas naturels, un travail quotidien de l’ONF

Pendant la saison estivale, les agents de l’ONF mesurent régulièrement la teneur en eau des végétaux pour suivre l’évolution de l’inflammabilité de la végétation et la confronter aux prévisions météorologiques de Météo-France. Ils mettent en place différentes actions afin de ralentir la propagation du feu, comme débroussailler les abords de route qui servent d’appui à la lutte et permettent aux pompiers d’intervenir dans de bonnes conditions. Enfin, ils informent le public sur les bons comportements à adopter et les réflexes à avoir en cas d’incendie. Avec la mise en place de cette politique de prévention, les superficies moyennes incendiées ont pratiquement été divisées par 3 par rapport à ce qu’il se passait avant les années 1990.

Une campagne interministérielle pour prévenir les feux de forêt

8 à 9 feux sur 10 sont d’origine anthropique et un feu de forêt sur deux est la conséquence d’une imprudence. Pour une meilleure prévention face au risque d’incendie, de bons gestes et comportements sont à adopter aux abords des forêts.

Le ministère de la Transition écologique, en lien avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, renouvelle sa campagne de prévention contre les feux de forêts. D’autres supports sont aussi à retrouver sur le site : http://www.prevention-incendie-foret.com/.