« Les couverts végétaux me permettent de réduire l’utilisation du glyphosate »
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
A Esse, en Ille-et-Vilaine, Sébastien Sachet travaille avec son Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) à réduire le glyphosate grâce à la technique du couvert végétal. Entre deux cultures de céréales, il sème différentes plantes qui vont travailler le sol à la place des machines et limiter les concurrences d’herbes indésirables.

Les racines sont de formidables outils de travail du sol. Elles permettent de structurer la terre tout en la préservant. C’est pourquoi Sébastien Sachet, a choisi l’agriculture de conservation entre les cultures de céréales et d’oléagineux pour favoriser ce pouvoir racinaire. « Une fois la culture de blé, d’orge, de maïs ou de colza récoltée, je couvre le sol avec différentes plantes pour le protéger de l’érosion, l’enrichir en matière organique et en biodiversité. Toutes ces plantes vont occuper une partie de l’espace à la place des herbes indésirables, et me permettre de réduire le recours au glyphosate quand vient le moment de les enlever pour semer à nouveau une culture », explique-t-il.

Ce couvert d’intercultures coûte environ 120 € l’hectare (coût des semences et de la mécanisation). Il n’est pas destiné à la vente, mais permet à l’agriculteur de réduire le glyphosate à 0,5 litres par hectare.

 « Tout seul on avance, mais en groupe on est plus fort »
Crédit ci-après

Depuis 2010, dans le cadre d’un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE), Sébastien Sachet développe des alternatives à l’herbicide avec une quinzaine d’agriculteurs. « Je dédie une partie de mes 40 hectares à l’expérimentation. Sur cette parcelle d’essais, je teste différents couverts végétaux et méthodes de désherbage douces pour le sol, comme l’utilisation de rouleaux en métal pour écraser les plantes en surface », détaille-t-il.

Au sein du GIEE « Solutions durables pour le climat et le vivant », soutenu par la Direction régionale de l’Agriculture et l’Alimentation et de la forêt de Bretagne (Draaf), l’exploitation de Sébastien Sachet sert de support pour partager ses expériences avec les autres agriculteurs, qui expérimentent eux aussi de nouvelles techniques.

Les plantes remplacent les machines et la chimie

Au fil des échanges au sein du groupe, Sébastien Sachet a développé son propre mélange d’espèces. Il explique que « les racines de tournesol et de féverole en forme de pivot, permettent de travailler le sol en profondeur à la place des outils mécaniques. Les racines de phacélie, chevelues et fines, permettent d’aérer le sol en surface. Le radis, quant à lui, apporte du sucre nécessaire au développement des champignons et des bactéries qui dégradent les résidus organiques comme les pailles, ou le lisier, en minéraux essentiels pour la plante ».

 

 À quoi sert le glyphosate France ?

En France, le glyphosate n’est pas appliqué sur les plantes cultivées. Le glyphosate est utilisé pour enlever les herbes indésirables (plantes vivaces, invasives, allergènes ou toxiques) qui recouvrent le sol avant le semis d’une nouvelle culture (blé, orge), entre les rangs de vignes et vergers, entre les rangs de cultures sarclées (pomme de terre, maïs, légumes-racines).