La transhumance, reconnue au Patrimoine culturel immatériel en France, première étape vers une inscription à l’UNESCO
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Depuis juin 2020, la transhumance pratiquée par les bergers et les éleveurs français est reconnue comme patrimoine culturel immatériel (PCI) en France. Cette reconnaissance est une première étape importante avant l’organisation d’une candidature internationale pour une reconnaissance de la transhumance comme Patrimoine culturel immatériel de l'humanité (UNESCO).

Qu’est-ce que la transhumance ?

On entend par « transhumance » la migration d’un troupeau d’herbivores (moutons, vaches, chèvres…) qui se rend dans les pâturages pour se nourrir. On parle de « transhumance estivale » lorsque les bêtes gagnent les pâturages d’altitude sous la conduite de leur berger, et de « transhumance hivernale » (aussi appelée « désalpe ») lorsque les bêtes descendent dans les plaines pour profiter d’un climat moins rigoureux.

Littéralement, le terme de « transhumance » signifie « au-delà du pays » car la migration s’effectue souvent en dehors des frontières du territoire d’origine.

En France, la transhumance est pratiquée dans les Pyrénées, les Alpes, le Massif Central, la Corse, les Vosges et le Jura. Ces territoires de haute et moyenne montagne offrent de vastes étendues très appréciées des brebis, des moutons et des vaches qui y pâturent une grande partie de l’année. Grâce aux troupeaux et à l'estivage, ces terres ne sont pas envahies par les broussailles. Ces terres sont riches d’une grande biodiversité et créent une mosaïque de paysages et de terroirs d’exception à l’origine de 50 Appellations d'origine protégée (AOP) et de 35 Label rouge en viande et fromage.

Ce déplacement saisonnier de troupeaux fait l’objet de savoir-faire ancestraux.

Que protège cette inscription au Patrimoine culturel immatériel (ministère de la Culture) ?

À travers cette inscription au PCI en France, coordonnée par le Collectif des Races locales de Massif (CORAM), et ayant mobilisé plus de 150 acteurs durant plus d’un an sur tout le territoire national, ce sont les modes d’élevage et les pratiques de gestion pastorale en altitude, les pratiques coutumières de gestion collective des territoires pastoraux, les savoir-faire liés à l’artisanat et à l’élaboration de produits alimentaires qui sont reconnus.

La transhumance regroupe également un ensemble de rituels festifs qui accompagnent le départ des bêtes pour les pâturages comme les fêtes d’estive. L’estive désigne aussi bien la période estivale durant laquelle les troupeaux gagnent les pâturages de montagne que les pâturages en eux-mêmes.

Pastoralisme et transhumance, quelles différences ?

La transhumance est une pratique directement liée au pastoralisme, c’est-à-dire un mode d’élevage extensif en pâturages naturels. En se nourrissant des ressources fourragères, les troupeaux participent à l’entretien des paysages et des territoires.

Littéralement, le terme « pastoral » signifie « qui appartient aux pasteurs ou aux bergers ».
 

Première étape de l’inscription française

Avec cette inscription, commence la phase de coopération internationale. La France, en concertation avec l’Espagne et plusieurs autres pays européens (Albanie, Andorre, Croatie, Luxembourg, Portugal, Roumanie notamment), va déposer un dossier de candidature à l’UNESCO. Depuis décembre 2019, la transhumance dans les Alpes et en Méditerranée est inscrite sur la Liste représentative  pour l’Autriche, la Grèce et l’Italie.

 
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