La Mer XXL : le ministère valorise les métiers de la pêche et de l’aquaculture
Stéphane Jacquot / agriculture.gouv.fr
Au cœur de l’exposition nantaise « La Mer XXL », entièrement dédiée aux océans, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation poursuit son travail sur l’attractivité des métiers de la pêche et de l’aquaculture. Le 2 juillet, la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA) y a organisé une conférence pour échanger et anticiper les prochaines évolutions de la filière.

 « Mes parents ne voulaient pas que je devienne marin-pêcheur. J’ai choisi ce métier par passion car je travaille avec la nature. Peu de temps après ma formation, je suis devenu le patron de mon entreprise ». C’est ainsi que débute l’intervention de Julien Mouton, 24 ans, jeune patron pêcheur de la Manche venu témoigner à la conférence sur l’attractivité des métiers de la pêche et de l’aquaculture.

Au micro d’Alexandra Turcat, rédactrice en chef du Journal Le Marin, les intervenants partagent le même constat : l’un des principaux enjeux auxquels sont confrontés les secteurs de la pêche est celui du renouvellement des générations.
En effet, un vieillissement important touche la filière. Environ 30% des pêcheurs professionnels, sur un effectif total de 21 000 personnes, seront partis en retraite d’ici une douzaine d’années.

Pour Laurent Bouvier, directeur-adjoint des pêches maritimes et de l’aquaculture, il est nécessaire d’anticiper ces évolutions et d’organiser la transmission des entreprises de pêche de façon à faciliter l’entrée des jeunes dans le métier. « Nous avons la chance d’avoir une filière qui recrute et qui offre des métiers aujourd’hui bien rémunérés avec des possibilités de promotions professionnelles ».

Les métiers de la pêche, tout comme ceux de l’aquaculture, souffrent d’une image qui ne reflète pas la réalité. Certains métiers ne sont que peu ou pas connus, mareyeur, par exemple. Et tous, ou presque, sont vus comme peu rémunérateurs et s’exerçant dans des conditions difficiles.

Une filière qui doit se féminiser

Autre constat : il faut aider la filière à se féminiser. Seules 24 femmes travaillaient en 2016 dans le secteur de la pêche au large et de la grande pêche, soit 0,5% des effectifs de marins. Elles sont un peu plus nombreuses dans le secteur de la pêche côtière : 204 femmes soit un taux de 1,7%. Finalement, les effectifs en aquaculture sont les plus élevés (33% des effectifs de salariés sont des femmes).

Conscient de ces préoccupations, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation continue de soutenir les politiques d'accompagnement de la filière pêche, dans l'objectif d'améliorer l'attractivité de ces métiers mais aussi pour les féminiser davantage.

Ligne d’horizon, une plateforme au service de la filière

Hubert Carré, directeur du comité national des pêches maritimes, a présenté le projet Lignes d’horizons : « il s’agit une plate-forme Internet rassemblant un fonds documentaire mis à disposition des jeunes, de leurs parents, des professionnels de l’orientation et de la formation ainsi que des professionnels de la pêche. L’objectif est d’accompagner les jeunes en recherche d’orientation et ainsi de susciter leur intérêt, voire de faire évoluer leur regard sur les métiers de la pêche », explique-t-il.

Enfin, chaque participant de la table ronde s’est accordé à dire que la filière est porteuse et dynamique, innovante et en pleine évolution face aux enjeux écologiques. Les pratiques de pêche et d’aquaculture continuent de s’améliorer afin d’assurer la prise en compte et la maîtrise de leurs impacts sur l’environnement.

La Mer XXL, l’exposition

Du 29 juin au 10 juillet 2019
Parc des expositions de la Beaujoire - Nantes