Retour d’expérience sur les épisodes de canicule et de sécheresse 2019
01/05/2020
Charles Pujos
Une mission interministérielle a été chargée d'opérer un retour d'expérience sur les deux épisodes caniculaires de l'été 2019 et leur impact sur les forêts, les milieux naturels et les infrastructures.

Crédit ci-après
agriculture.gouv.fr
Rapport de mission interministérielle de conseil n°19098

Mai 2020

Mots-clés : sécheresse, canicule, retour d’expérience

Enjeux

Les enjeux de la mission étaient de caractériser les épisodes caniculaires de l'été 2019 et d’en mesurer les impacts sur le bâti, les diverses activités de réseau et la biodiversité végétale, animale, marine comme terrestre.

L'objectif final était de proposer des orientations et actions permettant de réduire les effets d’un événement météorologique similaire et d'élaborer des indicateurs de suivi.

Méthodologie

La mission, qui associait trois membres du CGEDD, Emmanuelle Baudoin, Michel Py et Dominique Stevens, et Charles Pujos du CGAAER, s’est déroulée de novembre 2019 à mai 2020.

Résumé

Les deux épisodes de canicule de 2019, particulièrement marqués du 25 au 30 juin et du 21 au 26 juillet, ont été exceptionnels par leur intensité.

Leur effet a été toutefois limité sur les réseaux (bonne résilience des infrastructures probablement due à la courte durée des épisodes). Néanmoins ces épisodes constituent une première alerte sérieuse pour certains services de transport collectif du fait des impacts constatés sur les agents de conduite et usagers des transports

S’il est trop tôt pour connaître la totalité des impacts sur la flore, la faune et les milieux naturels, ainsi que sur les sinistres liés au retrait-gonflement des argiles dans le bâtiment, ces impacts devraient croître significativement à l’avenir. Aussi, faut-il s’y préparer en freinant l’imperméabilisation des sols et la création d’îlots de chaleur en milieu urbain, et en promouvant certaines solutions fondées sur la nature au bénéfice des espaces naturels et forestiers. Il s’avère aussi indispensable de poursuivre les efforts de connaissance et de suivi des effets de tels épisodes.

Neuf recommandations principales ont été formulées, dont certaines intéressent plus spécialement les domaines de compétence du ministère en charge de l’agriculture :

  • S’agissant des milieux aquatiques, la récurrence des sécheresses (2017-2019) fait disparaître certaines espèces autochtones et renforce l’intérêt des solutions fondées sur la nature (zones humides, haies, ripisylves…).
  • Dans le domaine forestier, de nombreux phénomènes ont été observés en 2019 (dépérissements, attaques de ravageurs…) mais sont peu quantifiables. La mission a donc recommandé de conforter les outils de suivi des crises sanitaires, d’engager le suivi cartographique LIDAR (light detection and ranging) des mortalités de boisements et de développer un outil de télédétection commun avec d’autres pays européens. En termes de risque incendie, il importe de déployer un outil national unique de prévision, de stopper le développement des constructions légères en forêt et de réfléchir aux pratiques agricoles du futur dans les zones les plus à risques. La mission recommande enfin l'engagement d’une initiative forte en matière de reboisement, à l’exemple de l’Allemagne, afin de maintenir et développer le capital productif de la forêt française et le stockage du carbone.

En matière de biodiversité, la mission a proposé de conforter et pérenniser certains dispositifs de suivi ou de recherche : bocages, réseaux divers (réserves naturelles par exemple), programme dédié aux canicules et sécheresses, suivi temporel des oiseaux communs (STOC)...

Elle a auditionné de nombreux représentants de divers organismes publics, associatifs et privés : gestionnaires de réseaux (transports, énergie, distribution d’eau...) et acteurs intervenant dans les domaines de la forêt et de la biodiversité.

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