Préserver la biodiversité et les services rendus par la forêt face aux risques naturels
Les milieux forestiers préservent la biodiversité en protégeant des habitats et des espèces animales et végétales. Ce sont des milieux de vie indispensables à de nombreuses espèces.

Forêt de corse © Laetitia Poffet

Objectif : Les milieux forestiers préservent la biodiversité  [1] en protégeant des habitats et des espèces animales et végétales.

Ce sont des milieux de vie indispensables à de nombreuses espèces. De plus, ils agissent sur la qualité des sols en luttant contre l’érosion, sur la qualité des eaux ou encore sur le climat. Dans certaines zones (littoral et montagne), la forêt joue un rôle essentiel de protection vis-à-vis de risques naturels divers. Dans le contexte de changement climatique où les risques naturels (incendies par exemple) s’amplifient, il est nécessaire de mettre en place des mesures spécifiques afin de pérenniser les différents services rendus par la forêt. Le suivi de l’évolution dans le temps de « signaux faibles »  [2] en tant que témoins d’une l’évolution climatique s’avère être une mesure importante. Dans ce cadre, le rôle des bases de données financées par le ministère est indéniable car de leur pérennité dépend justement la capacité de traitement de ces signaux faibles.

Quelques exemples de mesures :

Risque d’incendie

Une augmentation de la température moyenne annuelle, une baisse des précipitations et une baisse du degré d’humidité du sol auront pour conséquences une extension de la zone sensible aux feux de forêt (cf. carte ci-dessous). Il est donc primordial de mettre en place des mesures pour améliorer les connaissances dans le but de prévoir l’évolution des zones sensibles, mais aussi de renforcer les mesures de prévention.

  • Cartes des extensions des risques incendie à l’horizon 2040 selon le scénario A2 du GIEC

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Source : Rapport interministériel, juillet 2010 (Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts)
Les mesures concernant ce risque sont détaillées dans la fiche « Risques naturels » à la page 33 du .

  • La consolidation de la base de données « incendies de forêts » et l’affinement de la cartographie des zones potentiellement sensibles aux incendies de forêt

La « Base de Données sur les Incendies de Forêt en France » (BDIFF) regroupe les données relatives aux incendies de forêt survenus en France métropolitaine depuis l’année 2006. Cette base de données est hébergée par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) et sera prochainement accessible au grand public. Le dispositif est coordonné par le ministère chargé de la forêt et par le ministère de l’intérieur.

Différents acteurs sont impliqués dans la collecte des données concernant les feux de forêt : les Services Départementaux d’Incendies et de Secours (SDIS), les directions régionales de l’agroalimentaire de l’agriculture et des forêts, les directions départementales des territoires (et de la mer), l’Office National des Forêts, les Centres Régionaux de la Propriété Forestière, la Délégation à la Protection de la Forêt Méditerranéenne et le Groupement d’Intérêt Public d’Aménagement du Territoire et GEstion des RIsques.

Trois types de données sont collectées : les données relatives à l’intervention des services de secours (localisation de l’incendie dans l’espace et le temps), à l’évaluation des dégâts sur l’écosystème (surface brulée et répartition par type de terrain, lieu d’éclosion du feu) et à la détermination des causes de l’incendie de forêt.

  • Suivi de l’évolution des indices de vigilance mis au point par Météo France

Météo-France a été chargé par la mission interministérielle, de novembre 2008, sur l’extension éventuelle des zones à risque élevé d’incendie de forêt, de caractériser l’évolution passée et future du risque feu de forêt sur la France. Ces travaux s’appuient sur l’utilisation de l’indice IFM (Indice Feu Météo). Plus la valeur de l’IFM est élevée, plus les conditions météorologiques sont propices aux incendies.

L’IFM, originaire du Canada est apparu à la fin des années 1987. C’est un indice qui indique, grâce à la prise en compte des conditions météorologiques, le danger global d’incendie. Il estime le risque de feux de forêt en synthétisant le danger d’éclosion d’un feu


Il est possible de calculer un IFM au jour le jour, mais également pour le climat futur à plus long terme, en utilisant un modèle climatique.

Des recherches concernant la cartographie des massifs potentiellement sensibles aux incendies estivaux à l’horizon 2040-2060 en contexte de changement climatique ont été menées conjointement par l’ONF (Office National des Forêts), l’IFN (Inventaire Forestier National) et Météo-France. Ces cartes ont été réalisées par croisement de deux informations : l’indice de sensibilité potentielle de la végétation aux incendies de forêt estivaux qui regroupe plusieurs facteurs (type de peuplement, type de sol, exposition, pente...) et l’indice de fréquence des conditions météo semblables aux conditions méditerranéennes (nombre d’années avec un IFM > 14 pour la période du 15 mai au 15 octobre). On obtient alors l’indice de sensibilité pour la période considérée.

Pour en savoir plus  : Rapport de la mission interministérielle Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts
Cet indicateur sera prochainement intégré comme exemple d’impact du changement climatique sur le site de l’ONERC.

 

Risques liés aux terrains de montagne

  • Poursuivre l’identification des besoins prioritaires de renouvellement des peuplements RTM en forêt domaniale concernant des zones à risque

Dans le cadre du contrat objectifs Etat-ONF, l’ONF a une mission d’intérêt général concernant la Restauration des Terrains en Montagne (RTM). Après avoir réalisé une cartographie « aléa-enjeux » dans les forêts domaniales RTM (réalisée à 90 % ) ainsi que dans les forêts à rôle de protection des départements RTM, il est prévu que l’ONF intervienne en faveur du renouvellement des peuplements forestiers jouant un rôle de protection avéré. Le maintien d’un couvert forestier adapté aux aléas est indispensable pour assurer un niveau de protection suffisant.

La Base de Données RTM financée par les deux ministères de l’Agriculture et de l’Écologie est accessible en ligne sur le site http://rtm-onf.ifn.fr.

Pour plus d’informations : BD-RTM


[1] Biodiversité : Diversité totale de tous les organismes et écosystèmes présents à diverses échelles spatiales (depuis les gènes jusqu’aux biomes entiers)

[2] Signaux faibles : Signaux peu important à une année N mais qui peuvent augmenter très progressivement et devenir significatif à N+10 années

Voir aussi