Les membres de l’initiative 4 pour 1000 réunis à Katowice
Ambassade de France en Pologne
Le 13 décembre 2018, l'initiative 4 pour 1000 tenait sa réunion annuelle à Katowice, en marge de la COP24. Cet événement a réuni près de 150 personnes, une bonne participation dans un contexte de baisse de fréquentation de la COP.

Les échanges ont été fructueux et ont marqué l'entrée dans une phase dynamique et le besoin désormais de démontrer la valeur ajoutée de l'initiative. Elle dispose d'outils tels que le référentiel dont la qualité a été saluée et qu'il convient à présent que les membres et partenaires utilisent. Par la tenue d'ateliers, les partenaires et membres ont pu échanger sur l'importance de la co-construction avec les différentes parties prenantes et le partage d'expérience et de connaissances, et plus particulièrement aux niveaux régional ou local.

Le consortium a également adopté un ensemble de décisions parmi lesquelles la feuille de route 2019 et le principe de création d'un bureau comme organe de conseil et d'appui aux président et vice-président dont les missions devront être précisées dans les semaines qui viennent en vue d'une adoption pour consultation électronique.

La journée a été introduite par le secrétaire d’État polonais à l'Agriculture, M. Zarudski, et était présidée par le vice-président de l'initiative, Stéphane Le Foll. M. Zarudski a souligné l'importance de l'agriculture dans la réponse aux défis climatiques et la nécessaire coopération entre acteurs, notamment de la recherche.

Plusieurs personnalités ont apporté leur soutien parmi lesquelles le ministre de l'Agriculture tunisien, Samir Taïeb, qui a rappelé à quel point l'agriculture méditerranéenne est impactée par le changement climatique. Le ministre français Didier Guillaume, dans son message vidéo, a rappelé le soutien de la France à l'initiative et appelé les acteurs à se mobiliser pour mener des actions 4 pour 1000 et à utiliser les outils qu'elle met désormais à disposition comme le référentiel d'indicateurs. À noter les interventions de l'Argentine, du Fonds pour l'environnement mondial (GEF), du CIRAD au nom des institutions de recherche françaises, ou encore de Danone et du fonds Livelihoods.

Message du ministre Didier Guillaume sur le 4 pour 1000

La réunion du Forum de l’initiative a été marquée par la tenue d'ateliers sur différentes thématiques :

  • l'innovation et la diffusion des pratiques de bonne gestion du carbone organique du sol ;
  • le suivi de celui-ci et de ses bénéfices à différents niveaux ;
  • la gestion partagée de la matière organique entre zones urbaines et rurales ;
  • l'implication du secteur privé, y compris au travers de la compensation carbone.

Les travaux de ces ateliers étaient appuyés par des illustrations concrètes (par exemple la société de producteurs bio Rizoma au Brésil qui diffuse une approche de gestion intégrée des cultures et de l'élevage et basée sur l'agro-écologie).

Une phase décisive de l'initiative

Il ressort de ces échanges que désormais nous sommes dans une phase décisive de l'initiative appelant à la multiplication des actions et à leur financement. L'importance de la co-construction avec les différentes parties prenantes et de la formation des acteurs met en avant le besoin d'avoir des échelons locaux de 4 pour 1000.

La restitution des travaux du Comité scientifique et technique a également suscité des réactions positives : les outils sont désormais opérationnels (référentiel, procédure, formulaire) et peuvent être utilisés. L'implication de 4 pour 1000 dans les travaux du programme conjoint de Koronivia de la Convention des Nations unies sur le changement climatique a été saluée et doit se poursuivre.

Dans sa conclusion, Stéphane Le Foll a souligné que d'une part il faut changer les politiques publiques pour amener une transition vers une agriculture performante environnementalement mais aussi économiquement et socialement, et d'autre part les investissements doivent se faire en prenant en compte les problèmes qu'on évite en favorisant des pratiques agricoles durables.

Les membres se sont ensuite réunis en Consortium. Un ensemble de décisions ont été prises, notamment l'accueil de nouveaux membres et partenaires amenant l'initiative à 359 partenaires et 183 membres. Le principe de création d'un bureau a été acté avec à venir dans les prochaines semaines un travail sur des termes de référence de ce bureau et le lancement de candidatures au sein des collèges pour élire des représentants. L'adoption de ces termes de référence se fera par voie électronique. Une feuille de route a également été adoptée pour 2019 et au-delà. Certains membres ont indiqué que l'opérationnalisation de la plate-forme collaborative est fondamentale. C'est l'outil qui permettra de diffuser, partager et évaluer les bonnes expériences. La France a réaffirmé son soutien financier.

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