L’agro-écologie expliquée à la COP24
International Institute for Sustainable Development (IISD)

Lors de la COP24, qui s’est tenue à Katowice en Pologne, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a organisé deux événements centrés sur l’agro-écologie, les 11 et 12 décembre, dans le cadre d’une séquence organisée par la Nouvelle-Zélande sur l'agriculture durable et le changement climatique. Ils ont permis d'expliquer ce qu'est l'agro-écologie et comment elle répond aux enjeux climatiques et de sécurité alimentaire, mais aussi d'en présenter les performances.

Les performances de l'agro-écologie

Dans une intervention vidéo, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, a insisté sur la place de l'agriculture dans la lutte contre les changements climatiques et l’importance d’une transition vers des modèles de production plus durables. Alain Peeters du RHEA, Centre de recherche sur l'agro-écologie et co-fondateur de « Agroecology Europe », a démontré les bénéfices de l'agro-écologie en termes de performances environnementale, économique, sociale et sanitaire. L'agro-écologie améliore la résilience des exploitations au changement climatique et contribue à en atténuer ses effets, non seulement en termes de stockage de carbone mais aussi de réduction des émissions. Elle a un réel impact sur la rentabilité des exploitations tant en termes de baisse de charges, que de productivité et donc de revenus et cela « aussi bien dans des petites fermes que dans des grandes », a indiqué Alain Peeters.

Dans le cadre de la table ronde qui a suivi, Martial Bernoux de la FAO a fait part des résultats du symposium organisé en avril dernier à Rome sur ce sujet, et a présenté l'agro-écologie comme « la voie par laquelle l'agriculture peut répondre aux Objectifs du développement durable », y compris les objectifs climat.

L'ONG Agronomes et Vétérinaires sans Frontières (AVSF) a montré l'importance de la mise en réseau des agriculteurs et de l'accompagnement tant par des incitations des pouvoirs publics que du renforcement des capacités des acteurs de terrain et en a donné deux exemples en Afrique de l'Ouest.

La BNP-Paribas a montré au travers de deux projets que l'accompagnement financier est primordial pour le passage à l'échelle. Il s'agit de proposer des solutions d'investissement public / privé pour donner les bonnes incitations : en Indonésie, le projet Tropical Landscape Finance Facility avec 44 000 hectares de plantations d'hévéa appuyant 16 000 familles, et en Inde le projet de fermes « zéro budget natural farming », c'est à dire sans recours aux intrants chimiques, aidant 800 000 agriculteurs avec pour objectif d'en toucher 6 millions.

La contribution que l'agro-écologie peut apporter à l'atténuation et à l'adaptation

Jean-Francois Soussana, vice-président de l'Inra, a présenté les bases de l'agro-écologie et le potentiel qu'elle donne à l'agriculture, aussi bien pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, que pour séquestrer du carbone dans les sols et pour s'adapter au changement climatique et répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Puis un panel d’acteurs a présenté les expériences de différents pays en matière d'agro-écologie :

  • Akiko Nagano, du ministère de l'agriculture japonais, a présenté un cas de paiement pour service environnemental et une pratique d'atténuation des émissions basée sur la nature : l'inhibition de la nitrification biologique ;
  • Adam Currie et Rebekah Hill, jeunes agriculteurs néo-zélandais, ont quant à eux exposé les liens entre agriculteurs pour partager des expériences, et les relations avec les autorités, ainsi que les mesures qui pourraient améliorer les pratiques, comme la fin des soutiens à la fertilisation minérale ou à l'irrigation ;
  • Omar Hajji et Kenza Isnani, de Marrakesh Organics, ont exposé la réhabilitation d'une surface agricole, la production et vente d'olive, de légumes au Maroc, et la formation des agriculteurs par leurs pairs.

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