Le point sur la présence de chalutiers industriels au large des côtes normandes
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
L’activité de ces navires n’a pas d’impact sur les possibilités de pêche des navires français. Néanmoins, compte tenu de leur taille et de leur impact potentiel sur la ressource halieutique, ces navires font l’objet d’une attention particulière dans le cadre des analyses de risque sur lesquelles sont basés les contrôles.

La présence de chalutiers pélagiques de très grande taille, en particulier les navires Margiris (pavillon lituanien) et Annie Hillina (pavillon allemand) dans la Manche suscite depuis la fin du mois de septembre l’émotion des communautés littorales.

L’activité de tels chalutiers pélagiques en Manche est constatée chaque année au début de l’automne. Elle est constitutive de la saisonnalité de la ressource (chinchard, maquereau...) recherchée par cette flottille, opérant à cette période de l’année dans les eaux maritimes communautaires, constituées des zones économiques exclusives françaises et britanniques, en dehors des eaux territoriales.

L’égalité d’accès aux eaux et aux ressources de l’Union européenne pour les navires de pêche européens est un principe primordial de la politique commune de la pêche. Elle permet aux navires battant pavillon d’un État membre de l’Union européenne et disposant de quotas, de pêcher régulièrement dans les zones économiques exclusives des différents États membres.
Ce principe est soutenu par la France. Il en garantit notamment aujourd’hui aux navires français un accès aux eaux britanniques, par exemple.

La politique commune des pêches repose également sur un principe d’encadrement des captures par des quotas par espèce et par zone répartie entre Etats membres. Les navires concernés disposent ainsi des quotas correspondants pour conduire leurs activités dans la Manche. Les captures de chinchard et de maquereau effectuées par ces deux navires, essentiellement en ZEE (Zone économique exclusive) britannique en 2019, sont décomptées sur les quotas nationaux des deux États membres dont ces navires battent pavillon et limitées par ces quotas. L’activité de ces navires n’a ainsi pas d’impact sur les possibilités de pêche des navires français.

Néanmoins, compte-tenu de leur taille et de leur impact potentiel sur la ressource halieutique, ces navires font l’objet d’une attention particulière dans le cadre des analyses de risque sur lesquelles sont basés les contrôles. La présence de ce type de navires de pêche appelle ainsi toute la vigilance des services de contrôle. Afin d’assurer l’application effective de la réglementation, le centre national de surveillance des pêches (CNSP), actif 24 heures sur 24, exerce une veille attentive sur les activités des navires considérés.