Le Centre-Val de Loire, une région aux multiples facettes
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Autant de rois de France n’ont pas pu se tromper : le Centre-Val de Loire est un lieu unique. Chambord, Chenonceau, Chaumont-sur-Loire, tant de lieux prestigieux, érigés pour magnifier la richesse de la nature des vallées de la Loire et du Cher.

C’est également en Centre-Val de Loire que des pandas géants ont été accueillis au sein du Zooparc de Beauval, l’un des 10 plus beaux zoos au monde, avec 10 000 animaux appartenant à 600 espèces répartis sur 40 hectares. 18% du territoire régional est classé en zone Natura 2000.

Au-delà des cours d’eau, la Sologne giboyeuse et la forêt d’Orléans, la plus grande du domaine public français, structurent le territoire. Un quart de l’espace est forestier et près des deux tiers est agricole.

Les grandes cultures sont très présentes, avec des territoires qui s’y sont spécialisés, comme la Beauce, avec ses paysages typiques de plaine au nord ou la Champagne berrichonne, à cheval entre le Cher et l’Indre, plus au sud. Le Centre-Val de Loire est ainsi la première région française pour la production d’oléagineux et une des régions majeures pour le blé et l’orge, avec des coopératives puissantes, permettant à ces productions d’être exportées au-delà de nos frontières nationales.

Les vallées centrales sont propices à la viticulture, au maraîchage et à la production de pommes, de poires et de cerises.

Le sud est, quant à lui, davantage orienté vers l’élevage avec des prairies bocagères du Boischaut cher à George Sand et un important troupeau de limousines et de charolaises, dans les contreforts du massif central.

Une terre de gastronomie

L’élevage caprin n’est pas en reste : 5 appellations d’origine protégée confèrent à la région Centre-Val de Loire la première place pour les AOP de fromages de chèvre. Saint-Maure de Touraine et crottin de Chavignol en sont les fleurons.

Pays de Rabelais, le Centre-Val de Loire est une terre de gastronomie : les vins de Chinon, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Sancerre s’allient très bien à l’andouillette de Jargeau, à la géline de Touraine ou au fromage de Valençay, le tout se terminant par une eau de vie de poire d’Olivet, avec le fruit entier contenu dans la bouteille. Le tout, bien sûr, avec la modération du climat qui caractérise notre région.

21500 exploitations agricoles valorisent ce territoire, employant en permanence plus de 29 000  personnes et générant, en moyenne, 4,3 milliards d’euros de produits agricoles chaque année. Des outils de transformation viennent renforcer cette importante production de biens : laiteries, sucreries, transformation de viande, …

Répartis sur l’ensemble de la région, les 33 établissements et 10 centres d'apprentissage agricoles forment 7 300 élèves et 1 950 apprentis. Les agriculteurs sont accompagnés par un réseau technique important sur la recherche, l’expérimentation, le transfert et le conseil, en lien avec plusieurs pôles de compétitivité (Végépolys, AREA, Valbiom…).

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative...

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

Le Pouligny-Saint-Pierre, une pyramide de saveurs !

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Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr
Le Pouligny-Saint-Pierre est un fromage au lait cru et entier de chèvre à la forme singulière d’une pyramide tronquée. Il tient son nom d’un village du Berry autour duquel sont situés les petits élevages fermiers, au cœur du Parc naturel régional de la Brenne. C’est une des plus petites zones d’appellation d’origine fromagère – seules 22 communes sont concernées – mais aussi la plus ancienne au niveau caprin.

Le léger goût de caprin du Pouligny, sa pâte lisse et onctueuse, et sa croûte fine naturellement gris bleutée, en font le délice des amateurs. Il se présente sous la forme d’une pyramide haute de 125 mm à section carrée de 65 mm de côté à la base, 25 mm au sommet.

Son poids ordinaire est de 250 gr, mais il existe un petit format appelé « Petit Pouligny » qui ne pèse que 150 gr. Il s’en fabrique aujourd’hui environ 290 tonnes par an.

En plateau de fromages, le Pouligny-Saint-Pierre peut être présenté à côté d’autres spécialités de la région Centre-Val de Loire : Crottin de Chavignol, Selles-sur-Cher, Sainte-Maure de Touraine, Valençay, Bouchon de chèvre.

La ferme des Âges du Lycée agricole de Châteauroux a reçu plusieurs distinctions au concours général des produits agricoles pour sa production fromagère. Elle est reconnue, au niveau national,  comme pôle de compétences pour la formation de certificat de spécialisation « Conduite d’un élevage caprin et commercialisation des produits » ouvert chaque année à une douzaine de stagiaires de la formation continue.

Le lycée de Tours Fondettes fait l’agroécologie sur les toits

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Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
https://www.tours-fondettes-agrocampus.fr/

Dans le cadre d’une résidence sociale, le Lycée agricole de Tours-Fondettes Agrocampus développe une ferme maraichère, « jardin perché », sur les toits…

Plongée dans les coulisses de l’agriculture urbaine.

« Les Jardins perchés », projet expérimental conduit à Tours qui mêle urbanisme et écologie, associent 76 logements locatifs sociaux à la création d’une ferme maraîchère urbaine professionnelle sur les toits et aux pieds de la résidence.

Au-dessus des logements sociaux une serre de 760 mètres carrés a été installée ainsi que 85 m² de bacs à culture. Au pied des immeubles, un espace supplémentaire de 1 000 m² est destiné à la culture de fruits et légumes. 

La culture sous serres en toiture est organisée pour partie hors-sol en hydroponie et dans des bacs avec substrat.

La gestion de cet espace agricole qui a pour objectif la production de fruits et légumes, ainsi que la réalisation d’activités pédagogiques et de sensibilisation, a été confiée au lycée agricole Tours-Fondettes Agrocampus.

Cette ferme maraîchère sur les toits met l’agriculture au cœur de la ville et permet aux habitants ainsi qu’aux restaurateurs du quartier d’acheter des légumes en circuit court et de participer à des activités pédagogiques et éducatives autour du maraîchage.

Elle favorise le lien entre urbains et agriculteurs, et a un rôle pédagogique auprès des plus jeunes, en particulier sur la thématique de l’alimentation.

Pour l’établissement scolaire, ce projet est une opportunité pédagogique et un formidable outil de formation et de communication vers le grand public, les habitants et la profession agricole.

Une ingénieure agronome recrutée par l’établissement dans le cadre du dispositif « chef de projet dans l’enseignement agricole public » sera présente pour coordonner la concrétisation des différentes opérations.

Un jeune agriculteur urbain, ancien élève du lycée, qui prépare une licence Pro a été recruté fin août, pour entretenir les jardins, et les étudiants du lycée agricole participeront au développement de ce projet dans le cadre de leur formation. Ils ont pour objectif de mettre en place un composteur collectif pour la résidence.

"RedClim Val de Loire", pour répondre aux enjeux de la filière viticole ligérienne

Crédit ci-après
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Au lycée agricole et viticole d'Amboise, de nouvelles variétés de vigne sont implantées pour une expérimentation sur le réchauffement climatique et la réduction des intrants.

Au printemps 2020, une parcelle expérimentale de vigne a été plantée aux côtés de cépages traditionnels comme le côt et le chenin sur le Domaine de la Gabillière https://lagabilliere.fr/ , exploitation agricole du Lycée Viticole d’Amboise https://www.epl-amboisechambray.fr/lpa-amboise/presentation.html , en partenariat avec l'Institut Français de la Vigne et du Vin, le Vinopôle Centre-Val de Loire https://www.vinopole-cvdl.com/.

Floréal, voltis, artaban ou vidoc - plusieurs nouvelles variétés issues de croisements ont été implantées sur cette parcelle d’un hectare pour imaginer la "Vigne du futur",

Ce projet vise à préparer l’avenir du vignoble ligérien, accroître la compétitivité de la filière viticole régionale en travaillant sur les cépages et les conditions climatiques, en lien avec les acteurs locaux de la filière (techniciens, conseillers des chambres, viticulteurs, vignerons, enseignants, lycéens, étudiants...). Initialement intitulé "Vitifutur", le projet a été renommé "RedClim-Val de Loire" en 2019. L'étymologie est "Red" pour réduction des produits phytosanitaires, "Clim" pour la notion de changement climatique et "Val de Loire" pour la zone d'appellation où prend place ce projet.

L'expérimentation s'inscrit à la fois dans la recherche et la formation.

Les cépages d’aujourd’hui seront-ils ceux de demain ? Cette parcelle-vitrine permettra de produire des connaissances et étudier des leviers d'action pour répondre aux enjeux de l'agroécologie et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le dispositif conduira également à tester de nouveaux systèmes de conduite de culture. Deux axes complémentaires seront traités, un aspect « techniques innovantes » et un aspect « aménagement paysager/ pratiques agroécologiques ».

Cette expérience est un véritable support de communication et de formation pour diffuser l’innovation et essaimer de nouvelles pratiques vini-viticoles en zone périurbaine, au sein de la filière.

C'est également une opportunité pour les lycéens de Bac Pro Conduite et Gestion de l'entreprise viti-vinicole, qui auront la chance d'observer et de mettre en œuvre "grandeur nature" de nouvelles techniques.

Rendez-vous dans quelques années pour analyser les premiers résultats !

La majestueuse forêt des tonneliers

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Vincent Guignard / DDT37
La forêt domaniale de Loches, située dans le département d’Indre-et-Loire, impressionne par ses hautes futaies de chêne et ses grandes allées cavalières. D’une surface de 3 600 hectares, cette majestueuse forêt est composée essentiellement de chênes sessiles, célèbres pour leur qualité exceptionnelle, et de quelques pins sylvestres.

Bien que moins connue du grand public que la célèbre forêt de Tronçais, la forêt domaniale de Loches bénéficie d’une prestigieuse réputation qui n’a rien à envier à sa voisine. Les professionnels de la filière bois y trouvent des futaies de chêne avec une proportion de bois de merrains (pour la fabrication des tonneaux) considérée comme la plus élevée de France.

Traitée historiquement en futaie régulière, les techniciens de l’ONF veillent à limiter l’impact visuel des coupes de régénération dans les secteurs les plus sensibles d’un point de vue paysager, ainsi qu’aux abords des vestiges historiques.
Afin de faire bénéficier de cette qualité exceptionnelle au-delà de la forêt domaniale, plusieurs parcelles sont classées : les forestiers y récoltent des graines et assurent la conservation des ressources génétiques de ces chênes exceptionnels, fruits du travail de générations successives de forestiers passionnés.

Territoire de chasse à courre, la forêt abrite cerfs, chevreuils et sangliers, aux côtés de nombreuses espèces protégées, dont le pique-prune, petit scarabée qui affectionne particulièrement les vieux chênes.

Au-delà de ses bois de qualité exceptionnelle, cette forêt recèle de nombreuses richesses également historiques et environnementales :

  • des richesses environnementales, ensuite, du fait de la présence de nombreuses espèces rares et remarquables aussi bien de la faune que de la flore, de milieux humides, cours d’eau, plans d’eau ;
  • des richesses historiques, enfin, marquées par le passé de propriété royale et abbatiale, et la gestion pratiquée depuis plus de 5 siècles, avec de nombreux vestiges visibles, fontaine d’Orfonds, fossé des Chartreux, ou encore pyramides ;
  • des richesses esthétiques, paysagères et de promenade.

Open agrifood : l’excellence de la filière agroalimentaire

Depuis 2014, le forum Open Agrifood s'est donné pour objectif de proposer un lieu de débat et d’échanges autour de l’agriculture et l’alimentation de demain. Pour cela, il réunit chaque année l’ensemble des acteurs des filières agricole et agroalimentaire, des producteurs aux consommateurs et citoyens, autour d’ateliers et conférences consacrées à ces sujets. Aujourd'hui présidé par Emmanuel Vasseneix (président de la Laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel (LDSH) et d’Unijus, qui s’est notamment fait connaître avec le lancement de la marque « C’est qui le patron ?! ») et Philippe Noyau (président de la Chambre régionale d’agriculture du Centre – Val de Loire), il a tenu en distanciel sa 7ème édition les 4 et 5 novembre 2020. Crise sanitaire oblige, c'est un format atypique qui a été adopté, avec un webinaire interactif ouvert à tous le 4 novembre au soir, et des débats dans des tables rondes virtuelles le 5 novembre.

Plusieurs dizaines de participants ont ainsi échangé sur la base du « plan AGIRFOOD » rédigé par l’association Open Agrifood : il s'agit d'une feuille de route de la filière agroalimentaire française qui aborde les enjeux de la transition agricole, du financement de cette transition, de la souveraineté alimentaire, des circuits courts, de la transition alimentaire en lien avec la pédagogie de l’alimentation, du gaspillage, de l’accessibilité alimentaire, de l’attractivité des métiers de la filière, ainsi que de la réglementation et des accords internationaux.

La crise sanitaire liée au Covid 19 a mis plus que jamais en lumière la nécessité d'une vision partagée de notre alimentation et de son lien à nos territoires. Le forum a constitué une opportunité de réfléchir aux moyens nécessaires pour répondre aux attentes de la société, des « consom’acteurs », tout en relevant les défis économiques, environnementaux, climatiques, sanitaires auxquels nous faisons face. La réforme de la PAC à venir, mais à plus court terme également les mesures déployées dans le cadre du plan de relance (notamment en lien avec les projets alimentaires territoriaux), font partie des outils qui ont été évoqués.

 

Le Centre-Val de Loire en chiffres

  • 2 329 500 hectares de surface agricole utilisée, soit 59% du territoire ;
  • 1 997 000 hectares de terres arables, dont 1 293 000 ha de céréales ;
  • 1 035 800 hectares de bois et forêts, soit 26% de la région ;
  • 21 500 exploitations agricoles ;
  • 29 000 personnes travaillant de manière permanente dans l’agriculture ;
  • 13% des surfaces agricoles sont toujours en herbe ;
  • 702 205 hectares classés Natura 2000, soit 18% du territoire régional.


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