L’agriculture et la forêt, une partie de la solution pour lutter contre le changement climatique
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Trop souvent, l’agriculture est vue uniquement comme une activité émettrice de gaz à effet de serre. Mais est aussi l'un des principaux leviers à actionner pour lutter contre le réchauffement climatique. Explications.

Positiver le lien entre agriculture et climat

Il est avéré que l’accélération de l’évolution climatique est due aux émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités humaines. Les principaux secteurs responsables de cette accélération sont l’énergie, l’industrie et les transports. Mais le « secteur des terres » peut jouer un rôle majeur et pourrait contribuer de 20 à 60% au potentiel d’atténuation des émissions de GES d’ici 2030. Comment ? Grâce au rôle de l’agriculture et de la forêt en tant que pompe à carbone, permettant de stocker le carbone et de compenser les émissions des autres secteurs, par la production de matériaux et d’énergie renouvelables et par une évolution des modes de production.

<img alt="Agriculture et climat - Ludovic Larbodière" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/ressources/media/photo-4930-agriculture-et-climat-ludovic-larbodiere.html" /><h2><iframe allowfullscreen="true" class="player" frameborder="0" height="324" mozallowfullscreen="true" scrolling="no" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/index.php/player-html5-b6d830dbe3d8b8eb8b77092f5b50f94d.html" webkitallowfullscreen="true" width="576">Agriculture et climat - Ludovic Larbodière</iframe></h2> <p>L&amp;#39;agriculture est impactée par le changement climatique. Elle est aussi responsable de 20 % environ des émissions de gaz à effet de serre. Elle assure également un rôle de stockage de carbone dans les sols et de production de matériaux et d&amp;#39;énergie renouvelables. Ludovic Larbodière est chargé de mission au bureau du changement climatique et de la biodiversité (DGPE) et participe aux négociations européennes et internationales dans le cadre de la préparation de la conférence de Paris COP 21. Il nous éclaire sur ces enjeux et sur la manière dont l&amp;#39;agriculture peut contribuer pour faire face au changement climatique.</p>

La transition agro-écologique pour répondre aux enjeux du changement climatique

L’agro-écologie constitue une réponse pour que l’agriculture puisse lutter efficacement contre le réchauffement climatique. En effet, celle-ci permet d’engager une réflexion globale et systémique permettant, à terme, de réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce aux recours préférentiels à l’azote organique et au développement des légumineuses, à la technique de méthanisation des effluents d’élevage ou au développement de l’agroforesterie. Les arbres et les haies participent à la durabilité de l’agriculture en assurant protection et enrichissement en carbone des sols, en réduisant le risque de stress hydrique, en offrant un abri naturel aux animaux d’élevage, en abritant les auxiliaires des cultures et en favorisant la biodiversité.

L'agroforesterie, l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle, est une pratique ancestrale qui permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un micro-climat favorable à l’augmentation des rendements

L’initiative 4 pour 1000 permet de s’adapter aux changements climatiques grâce notamment à des sols mieux adaptés aux différents stress et aux calamités. L’initiative a également pour but de stocker le carbone dans les sols afin de stopper l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Le tout en répondant à l’enjeu de durabilité. Le rôle de l'agriculture et de la forêt dans la lutte contre le changement climatique est reconnu depuis la COP21 organisée en 2015. Cette reconnaissance, inscrite dans les accords de Paris, a donné une réelle légitimité à cette initiative « 4 pour 1000 ».

La biodiversité est également indispensable pour garantir une agriculture économiquement performante et respectueuse de l’environnement. Les agriculteurs, qui travaillent le vivant au quotidien, détiennent par leurs pratiques les clés du maintien de la biodiversité animale et végétale. Le 4 juillet 2018, le Gouvernement a lancé un Plan biodiversité. Objectif : mobiliser l’ensemble de la société et démontrer que la France saura répondre à ses responsabilités en matière de préservation des écosystèmes.