La Provence-Alpes-Côte-d’Azur, terre de contrastes et de savoir-faire
Dominique Bottani / Conseil départemental de Vaucluse

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La région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui occupe 6 % de la surface nationale présente un caractère remarquable par la diversité des territoires et des paysages, du littoral jusqu’aux Alpes du sud.  La forêt y est particulièrement présente avec un taux de boisement de 51%.  
                                                                          
Cette terre de contrastes est riche de ses productions agricoles méditerranéennes : 1ère région française productrice d’olives, de vin rosé AOP, de cerises, de pommes et poires, de riz, de plantes aromatiques et à parfum, de fleurs coupées… 2ème région pour les tomates, les pêches, les fraises... Les savoir-faire des producteurs, transmis de génération en génération et renforcés par un enseignement agricole adapté aux besoins du monde professionnel (29 établissements publics et privés), ont fait naître des produits sous signe de qualité à la notoriété internationale comme l’huile d’olive de la vallée des Baux, le riz de Camargue, le fromage de chèvre de Banon, la brousse du Rove, le miel de lavande, le vin de Châteauneuf du Pape ou le rosé de Provence, et autres filières qui s’appuient sur les vertus du « régime méditerranéen ».

Les 19 200 exploitations agricoles emploient 39 000 personnes en équivalent temps plein. Le nombre d'exploitations diminue mais leur taille s'accroît. L’agriculture réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 3,3 milliards d’euros, avec des produits à forte valeur ajoutée comme le vin rosé ou les essences et huiles essentielles utilisées par les industries de la cosmétique et de la pharmacie.

Le développement des attentes pour une alimentation de qualité, de proximité et durable trouve un large écho en PACA où l’agriculture biologique (exploitations certifiées « agriculture bio » ou en conversion) représente plus du quart de la surface agricole utile, la plaçant en tête des régions pour ce secteur d’avenir.

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DRAAF PACA

Avec les conséquences du réchauffement climatique, la région PACA est l’une des plus touchées par l’augmentation des températures et la sécheresse. La Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt soutient les efforts pour améliorer la gestion de la ressource en eau nécessaire à l’activité agricole, en s’appuyant sur un réseau d’irrigation séculaire qui s’est considérablement développé avec notamment les retenues hydro-électriques de la Durance et du Verdon.

Un autre facteur de fragilité pour l’agriculture provient de l’urbanisation croissante du territoire (10 % de sols artificialisés pour une moyenne nationale de 8%), en particulier sur le littoral et sur les terres proches des pôles urbains, qui implique une action de l’État et des collectivités pour la préservation du foncier agricole.

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative…

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

Un produit traditionnel au succès durable, la lavande

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Emblématiques de la Provence, les plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PAPAM) s'étendent sur 15 620 hectares, dont 2 790 de lavande et 11 450 de lavandin (hybride entre la lavande et l’aspic). PACA est la première région productrice de France pour ces deux espèces, cultivées surtout sur les hautes terres du Vaucluse pour la lavande (plateau d’Albion) et dans les Alpes-de-Haute-Provence pour le lavandin (plateau de Valensole). Le rendement est nettement plus élevé pour le lavandin, ce qui permet de le destiner à la parfumerie industrielle, alors que le prix de la lavande l’oriente vers les parfums et les cosmétiques.

On compte plus de 1 000 exploitations, nombre en augmentation ces dernières années.

La filière des PAPAM est en tête des exportations régionales de produits agricoles.

Une cinquantaine de distilleries produisent localement les huiles essentielles de lavande et lavandin. La PACA est la seule en Europe à réunir sur son territoire les producteurs, les premiers transformateurs et de très grandes entreprises de cosmétiques-parfumerie, facteur favorable face à la concurrence étrangère.

Et pour les visiteurs, la beauté des champs violets ajoute encore au charme de la Haute-Provence. La lavande contribue au développement de l’économie locale tant sur le plan agricole qu’industriel, mais aussi, et peut-être surtout, touristique.

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Le lycée agricole de François Pétrarque à Avignon

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Lycée François Pétrarque
Le lycée d’enseignement général et technologique François Pétrarque (Vaucluse) est un centre de  l’établissement public de la Durance et du Pays des Sorgues, qui comprend aussi un lycée professionnel et une exploitation produisant fruits, légumes, vin... Il prépare au bac S, au bac Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV), aux BTS Production horticole, Viticulture-Œnologie et Agroalimentaire, et à une licence de Management en milieu rural.

Implanté sur la « ceinture verte » d’Avignon, il compte 280 élèves.

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Lycée François Pétrarque
Cet établissement, qui fête son cinquantenaire, a conservé le projet éducatif inspiré par le ministre de l’époque, Edgard Pisani : former des agriculteurs à un haut niveau technique, des citoyens au sens critique développé, bien dans leur corps, au sein d’un cadre à l’architecture novatrice. Conçu par Roland Bechmann et François Girard avec le concours d’artistes, le bâtiment est reconnu monument historique pour ses références à Le Corbusier.

Cette tradition trouve son écho dans un partenariat avec le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM) de Marseille (Bouche-du-Rhône), impliquant les élèves.

Qui dit modernité en agriculture dit aussi féminisation (50% des élèves) : le lycée Pétrarque innove ici encore, avec une section de rugby féminin, la place du sport dans l’éducation étant l’un des fondamentaux de l’établissement labellisé « Génération 2024 ».

Pour connaître le détail des manifestations prévues jusqu'en 2019 dans le cadre du cinquantenaire de l’établissement, c'est ici.

La forêt du Massif des Ocres de Roussillon

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Situé dans le parc naturel régional du Luberon, à proximité d’Apt (Vaucluse), le site des Ocres de Roussillon, classé Natura 2000, est couvert d’une forêt de pins et de chênes qui abrite d’anciennes carrières d’ocre. Le paysage est exceptionnel par ses couleurs, mélange entre le vert des arbres et les tons rouge, jaune et orangé des ocres.

Une partie des propriétaires privés de ces forêts sont regroupés en association reconnue par l’État comme Groupement d’intérêt économique et environnemental forestier (GIEEF), le premier constitué en PACA, avec l’appui de la DRAAF.

Les adhérents ont pour objectif la gestion durable d’une surface de 400 hectares, en conciliant la vente de bois, la préservation de la biodiversité, le maintien de la faune sauvage, la protection contre l’incendie et la valorisation de l’intérêt touristique d’un site exceptionnel.

Il est prévu de gérer les coupes de bois (pour le chauffage ou la papeterie) de façon à éviter que les falaises colorées issues des carrières ne soient masquées par la végétation, et d’intégrer une activité agricole avec la culture de champignons lactaires.

L’exploitation forestière est ainsi mise au service d’un développement harmonieux du territoire rural.

La relance de la culture des amandiers

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Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

La DRAAF se mobilise pour soutenir les démarches collectives qui visent la structuration des filières de produits.
Un travail de réflexion sur la relance de la production de l’amande, fruit emblématique de la Provence, est conduit depuis 2015 avec les principaux partenaires de cette filière.

Cette démarche a été concrétisée par la création en 2018 de l’interprofession « France Amande » qui rassemble tous les acteurs de la filière : expérimentation, pépiniéristes, producteurs, premiers transformateurs, utilisateurs d’amandes...
L’objectif est de développer la production pour sécuriser les besoins des utilisateurs (en qualité, volume et prix) et de garantir un revenu stable aux arboriculteurs en cohérence avec les enjeux de la loi Egalim.

Les utilisateurs régionaux, producteurs de confiserie (calissons, nougats...) ou de cosmétiques souhaitent poursuivre leur engagement dans la relocalisation régionale de leurs approvisionnements pour mettre en valeur les circuits courts et garantir une traçabilité complète à leurs clients. La demande est importante puisqu’aujourd’hui, plus de 34 000 tonnes sont importées pour une production locale de l’ordre de 300 tonnes.

La dynamique des plantations s’accélère avec l’objectif de passer de 300 hectares à plus de 1000 d’ici trois ans. L’interprofession a entrepris de fédérer les efforts pour obtenir une certification Haute Valeur Environnementale, reconnaissance officielle de qualité.

L’amande en agriculture biologique représente 10% de la production, avec un programme de recherches pour trouver un traitement compatible en bio contre le ravageur Eurytoma Amygdaly ou guêpe de l’amande qui sévit dans les régions méditerranéennes.

Une nouvelle piste de diversification des cultures est celle d’un autre fruit à coque autrefois présent en Provence : la pistache.

La région Provence-Alpes-Côte-d’Azur en chiffres

  • 19 175 exploitations agricoles ;
  • 37 539 emplois à temps plein dans les exploitations agricoles ;
  • 1,6 million d'hectares de forêt ;
  • 6 553 élèves et étudiants, et 2 527 apprentis dans l’enseignement agricole ;
  • 1er rang métropolitain en bio avec 23% de la surface agricole utile (SAU).


Retrouvez le site de la Direction régionale de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur

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