Hauts-de-France : la plate-forme régionale « Agricultures du futur » est lancée
Steve Bermond / agriculture.gouv.fr
Initiée par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) des Hauts-de-France, la Région et la Chambre régionale d'agriculture, la plate-forme régionale « Agricultures du futur » est labellisée #ImagineAgri par le ministère en charge de l'agriculture. Cette nouvelle structure a été lancée le 5 février 2019 à Amiens dans le cadre d'un premier séminaire sur le thème : « le numérique au service de l'agro-écologie ». Luc Maurer, directeur de la DRAAF, et Marion Lhote, missionnée sur ce projet, dressent le bilan de cette journée.

Quel était l'objectif de ce séminaire ?

Luc Maurer. Nous souhaitions donner à voir concrètement ce que recouvre cette nouvelle plateforme « Agricultures du futur ». Depuis sa prise de poste en mars 2018, Marion Lhote a pris contact avec ceux qui incarnent l'innovation dans le secteur agricole dans les Hauts-de-France, en vue de constituer un panorama. Aujourd'hui, nous avons regroupé une bonne partie de ces acteurs pour faire apparaître leur mise en connexion et établir un premier point sur les perspectives à dessiner ensemble.

Qui aviez-vous invité ?

Luc Maurer. Les près de cent participants au séminaire représentent une très grande diversité de structures du monde agricole (agriculteurs, coopératives, instituts d'enseignement supérieur, lycées agricoles, chambres, structures de développement agricole, start-ups, fermes expérimentales...), dont les représentants ont souvent plusieurs casquettes. Parmi ceux-ci, plusieurs sont agriculteurs. Ce sont tous des gens très intéressés par la question du numérique au service de l'agro-écologie, attentifs à la mise en place de la plate-forme et prêts à nourrir notre réflexion collective sur l'innovation.

Quel bilan tirez-vous de ce premier rendez-vous ?

Marion Lhote. Tout s'est très bien passé. La qualité des intervenants a été unanimement appréciée. Les interactions avec la salle, grâce à l'application créée pour l'occasion, ont permis de prendre le pouls des participants tout au long de la journée, puisqu'ils étaient invités à donner leur avis via leur smartphone. Ça a bien fonctionné. C'était cohérent avec la thématique. Nous souhaitions un format moderne, sans fournir une masse de papiers à l'arrivée. Quant au profil des participants, nous avons eu les personnes dont nous avions besoin pour lancer efficacement cette plate-forme, avec une majorité de représentants des structures agricoles.

Quel message souhaitiez-vous faire passer ?

Luc Maurer. L'agriculteur doit rester au centre de l'innovation. Nous voulons lui proposer des possibilités nouvelles et variées pour progresser sur le terrain de l'agro-écologie. Il faut être attentif à ne pas faire les choses à sa place. L'innovation n’est pas l’objectif en soi, au fond, il s’agit de libérer l'agriculteur de certaines de ses contraintes, dans sa prise de décision et la gestion de son exploitation. L'idée est donc de diffuser la diversité des solutions existantes. Ce projet permet aussi de renouer avec la fierté du monde agricole et d'en diffuser une image moderne et positive. Nous nous faisons un impératif de respecter tous les agriculteurs et toutes les agricultures !

Marion Lhote. En effet, cette journée illustre bien comment on passe de l'agri-bashing à l'agri-smiling !

Quel est le rôle de la DRAAF dans cette démarche de promotion de l'innovation ?

Luc Maurer. Habituellement, l’État est soit dans un rôle de contrôle, soit dans un rôle de soutien financier. Là, la posture est nouvelle puisqu'il intervient comme animateur de réseau, comme provocateur d’initiatives. Nos partenaires nous renvoient déjà de la reconnaissance sur ce projet, c'est une fierté pour les agents du ministère d'œuvrer dans ce sens.

Pensez-vous que la typologie agricole des Hauts-de-France ait joué en la faveur de ce projet ?

Luc Maurer. Le type de productions et la taille des exploitations présentes dans la région contribuent à la solidité de notre agriculture. La proximité de la Belgique et de l'Allemagne, deux pays concurrents, nous placent au cœur d'un challenge permanent. La région constitue un terreau particulièrement fertile pour l'innovation, avec tout un écosystème prêt à l'accompagner sur cette voie.

Comment allez-vous valoriser les apports de ce séminaire ?

Marion Lhote. Les vidéos et les présentations vont être mises en ligne sur le site de l'événement. La captation des « success stories », diffusée sur la chaîne YouTube en live, est également disponible. Pour ma part, cette journée a déjà déclenché un certain nombre de rendez-vous. Je vais pouvoir aller vers ces futurs partenaires avec une matière enrichie. Mes collègues de la DRAAF ont eux aussi noué des contacts utiles. Nous avons créé des connexions nouvelles, c'était l'enjeu. J'ai le sentiment que ce séminaire a vraiment apporté des réponses concrètes. Tout le monde y voit plus clair désormais sur ce qu'est le numérique appliqué à l'agriculture.
À noter : nous viendrons présenter la plate-forme régionale « Agricultures du futur » sur le stand du ministère au Salon international du machinisme agricole (SIMA) à Villepinte, le mardi 26 février.

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