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Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

09 janvier 2026 Info +

Ecophyto : agir pour protéger la santé des agriculteurs

Réduire le recours aux produits phytopharmaceutiques représente un enjeu de santé environnementale et de santé publique, étant donné que ces substances peuvent avoir un impact sur plusieurs organismes, à court et long termes. Pour en limiter les effets pour les agriculteurs, des précautions s’imposent, notamment, au niveau du choix, de l’utilisation, du stockage et de l’élimination.

Herbicides, fongicides, insecticides et d’autres produits encore, sont utilisés contre les ravageurs des cultures (insectes, invertébrés, vers, plantes champignons, bactéries…) pour les détruire, les contrôler ou les repousser. La stratégie Ecophyto vise à réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques mais également leurs risques. Ces substances pouvant en effet représenter un risque à court ou long terme pour la santé des travailleurs agricoles.

En milieu professionnel, l’exposition à ces composés peut se produire lors des différentes phases d’utilisation des produits (manutention, préparation de bouillies ou de mélanges, pulvérisation, nettoyage…). Elle se fait principalement par voie cutanée (80% selon le rapport établi par l’Inserm en 2013 sur les effets des pesticides sur la santé). Les voies respiratoires des travailleurs peuvent également être touchées, lors de circonstances particulières d’application (fumigation, utilisation en milieu fermé…).

Des effets réels à court et long termes

Suite à une intoxication aiguë due à une exposition accidentelle à des produits chimiques, les effets peuvent se manifester rapidement. Il s’agit généralement de maux de tête, de nausées, de vomissements, de diarrhées, de brûlures et d’irritations. Les symptômes spécifiques aux produits sont décrits dans les fiches de données de sécurité (FDS, section 4 dédiée aux premiers secours).

Lors d’une exposition prolongée aux pesticides, ces intoxications sont potentiellement plus graves. Elles peuvent, en effet, participer au développement de pathologies importantes : cancers, maladies neurodégénératives (maladie de Parkinson, Alzheimer, etc.), pouvant se développer lentement et avoir d’autres facteurs de développement que l’exposition professionnelle. Ces substances peuvent également être à l’origine d’effets indésirables impactant la grossesse et le développement de l’enfant ou encore la fertilité. Pour certaines maladies, le lien de causalité avec les pesticides est avéré et la pathologie fait l‘objet d’un tableau de maladie professionnelle pouvant donner lieu à réparation.

Agir pour prévenir

Même engagés dans une démarche de réduction des produits phytopharmaceutiques, les agriculteurs peuvent encore être amenés à recourir à certaines substances. Pour réduire les risques sur leur santé et leur sécurité, quelques précautions s’imposent, notamment lors du choix, de l’utilisation, du stockage, ou de l’élimination de ces produits. Il convient, ainsi, après avoir réalisé une analyse des risques professionnels, de respecter les principes généraux de prévention définis par l’article L. 4121-2 du code du travail et de mettre en place des mesures et moyens de protection adaptés. Pour cela, les agriculteurs peuvent se baser sur les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits, ainsi que sur les fiches de données de sécurité et les étiquettes des produits.

Une attention particulière doit également être portée sur le choix et la maintenance des équipements de travail et des équipements de protection individuelle (EPI) utilisés, ainsi que sur la formation, la sensibilisation et le maintien des compétences des professionnels manipulant ces produits.

Produits phytosanitaires : des substances sous haute surveillance

Avec l’avancée de la science et la production de nouvelles connaissances, notamment par le biais du financement de projets à l’aide d’Ecophyto, les exigences sanitaires se sont progressivement renforcées. Aujourd’hui, les produits sont réévalués régulièrement par l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail). Depuis la loi d’avenir pour l’agriculture votée en octobre 2014, cette agence a également un rôle de phytopharmacovigilance, permettant de centraliser l’ensemble des données sur les effets non intentionnels des produits phytopharmaceutiques sur la santé et l’environnement.

En savoir plus :

- Prévention des risques chimiques en agriculture
- La phytopharmacovigilance, un dispositif de surveillance des effets indésirables des produits phytopharmaceutiques
- Rubrique du site de l’Anses consacrée aux produits phytopharmaceutiques
- Expertises collectives de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) sur les effets sur la santé des pesticides :
- 2013
- 2021