Covid-19 : la Ferme de Mézerac adapte ses circuits courts pour sa vente de produits laitiers
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

En cette période de confinement, les circuits de distribution ont été bouleversés pour de nombreuses fermes. À Saint-Lyphard, près de Guérande (44), la Ferme de Mézerac transforme l’ensemble du lait de son troupeau de 110 Prim’Hollstein produit sur la ferme. Yaourts, fromage blanc, beurre… La ferme familiale s’est adaptée pour répondre aux demandes de ses clients.

Cette situation inédite de confinement a révélé l’un des atouts de la ferme : sa pluralité de clients. « L’avantage, c’est que nous avions déjà plusieurs circuits de distribution, cela permet de limiter les risques et de continuer à vendre la production », explique Marie Brière, responsable de la transformation.

« Dès mi-mars, on s’est recentré sur de la production individuelle. De plus, nous avons mis en place de nouveaux systèmes de commercialisation avec différents partenaires ».

En temps normal, la ferme assure la vente en circuit court via différents moyens de distribution. « Tout d’abord, nous fournissons les écoles en fromages blancs, yaourts et lait. Dès le 13 mars, les commandes ont été annulées. Nous avons alors repensé le conditionnement de nos produits : par exemple, nous livrons habituellement des plateaux de yaourts aux écoles. Il a fallu les modifier pour qu’ils soient vendus aux particuliers via des réseaux de drive de producteurs. Celui de La Baule draine de nombreux particuliers. Certains jours, jusqu’à 100 clients viennent s’approvisionner. D’autres systèmes effectuent des ventes à domicile, comme « Vite mon marché » ou « Promus » sur Nantes. »

Autre réseau de distribution : la grande surface. « Depuis le début du confinement, nous avons davantage sollicité les enseignes de grande distribution. Nos produits y étaient déjà proposés. Nous avons indiqué que notre volume de production avait augmenté. Certains ont joué le jeu et commandent plus, d’autres non. »

Enfin, le magasin de la ferme reste ouvert. « Les clients, plus nombreux, viennent s’approvisionner en produits frais, tout en respectant les mesures de distanciation sociale. Par exemple, personne ne touche la porte d’entrée. Les contacts sont très limités. »

Réduire la production de lait

La ferme transforme l’intégralité du lait de ses vaches. La première étape a été de réduire la production de lait. « Avant le confinement, notre troupeau produisait près de 3 400 litres de lait par jour. Dès la mi-mars, nous sommes progressivement descendus à 3 000 litres par jour pour éviter un surplus. »

Pour ce faire, les associés de la ferme ont tari et vendu des vaches du troupeau : « tarir signifie arrêter la production de lait », précise Marie Brière. « Nous avons arrêté de traire quelques vaches plus tôt et nous les avons mis en pâturage en dehors du troupeau laitier jusqu’à ce qu’elles mettent bas leur nouveau veau ».

Par ailleurs, pour utiliser tout le lait, nous allons relancer la production de tomme de vache avec notre fromager de l’exploitation. Ce fromage permet de transformer notre lait en des produits qui se conservent plus longtemps. »

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