Comment réduire l'empreinte des emballages alimentaires ?
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Comment réduire l'empreinte de l’emballage ? Pour Nathalie Gontard, chercheuse à l'Inra depuis 2011, la révolution en matière de plastique est bel et bien amorcée ! Entretien avec la Directrice de recherche du centre Inra Occitanie-Montpellier et lauréate du prix Défi scientifique des Lauriers de l'Inra 2017.

Vous vous intéressez aux emballages depuis votre doctorat…

Lorsque je cherchais un sujet de thèse, il n'y avait rien sur les emballages et encore moins sur les biosourcés (issus de matières végétales). C'était un vrai no man's land alors que l'impact du plastique sur notre environnement constituait déjà une préoccupation aux quatre coins de la planète. J'ai donc décidé travailler sur des solutions alternatives. Dans trente ans, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans et surtout nos terres et nos eaux seront contaminées massivement par des micro et des nano-particules de plastique. De quoi s’inquiéter et surtout de quoi nous motiver pour nous renouveler dans ce domaine.

Les emballages, c'est une affaire de culture ?

Chaque pays a ses pratiques, j'ai pu l'observer durant mes nombreux voyages. Dans les régions  tropicales, en Asie et en Afrique, on utilise depuis toujours des feuilles végétales pour emballer les aliments. J'ai développé des projets pour soutenir ces usages traditionnels et j'ai mené plusieurs études avec le Cirad pour comprendre toutes les fonctionnalités possibles de ces emballages afin de soutenir toutes ces filières traditionnelles. Autre pays, autre culture : le Japon, où les emballages les plus sophistiqués comme les emballages actifs et intelligents sont développés.

Quelles problématiques prenez-vous en compte ?

Le fil conducteur de mon travail est le développement d'une bioéconomie circulaire à objectif zéro déchet, zéro gaspillage et bien sûr zéro plastique. Avec un bénéfice démontré sur le long terme à la fois sur l’environnement et sur la sécurité alimentaire mondiale. La réduction des déchets commence dès leur conception. Avec mon équipe de l'Inra et de l’Université de Montpellier, nous travaillons avec des matériaux entièrement recyclables et biodégradables, issus de ressources végétales non alimentaires. Et bien sûr, nous prenons en compte différents facteurs, comme la disponibilité de la matière première, les utilisations  envisagées et les filières de gestion des déchets.

Où en est la recherche dans le secteur des emballages biosourcés ?

La liste est longue ! Par exemple, nous avons mis au point les premières barquettes alimentaires complètement biodégradables en conditions naturelles, dans votre jardin par exemple. Elles sont fabriquées à partir de résidus agricoles non utilisés par ailleurs. Nos travaux portent sur la récupération d'effluents (eaux de lavage d'huileries, eaux des industries laitières), des résidus solides (ferments de vigne, pailles, résidus forestiers issus de l'entretien des espaces verts)… Actuellement, on est capable de fabriquer des emballages biosourcés à l'échelle préindustrielle. Il est important de développer des recherches à l’échelle internationale car les déchets ne connaissent pas de frontière. C’est pour cela que je coordonne un gros projet financé à la fois par la Commission Européenne et par le gouvernement chinois, qui harmonise nos efforts avec celles de l’Académie Chinoise des Science Agricoles (CAAS) dans le domaine des bio-énergies, des bio-fertilisants et des bio-plastiques.

Qu'est-ce qu'un emballage intelligent ?

L'Union européenne propose une définition précise : « un emballage intelligent est un emballage qui informe le consommateur sur la qualité de l'aliment de façon directe ou indirecte ».
Avocats, pommes … des fruits et légumes sont proposés dans des emballages intelligents. Un logo change de couleur et indique au consommateur à quel moment les consommer, afin d'éviter de les manger quand ils ne pas mûrs ou de manquer la date de péremption.

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