Agroalimentaire : le défi vert

La maîtrise des enjeux environnementaux par les entreprises alimentaires constitue l’un des éléments de leur compétitivité et de leur durabilité : écoconception, économies d’énergie, réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), recyclage de l’eau, limitation de tous les transferts de polluants dans les milieux « eau-sol-air », valorisation des co-produits, etc. Les dépenses en la matière présentent un fort taux de retour sur investissement.

Les défis environnementaux sont en effet considérables. A titre d’exemple, les industries agroalimentaires arrivent en 3ème position en termes de consommation d’énergie, après l’industrie chimique et la métallurgie.

De nouvelles orientations initiées par les pouvoirs publics

Le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) présenté en juillet 2011, définit des actions prioritaires pour les IAA, telles que le recours à des équipements de refroidissement plus efficaces ou utilisant des sources d’énergie renouvelable ou de récupération. Le PNACC est décliné au niveau local dans les « schémas régionaux du climat et de l’énergie » et les « plans climat énergie territoriaux ».

Les plans régionaux de l’agriculture durable (PRAD), créés par la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP), fixent les grandes orientations de la politique agricole, agroalimentaire et agro-industrielle régionale.
En savoir plus sur les PRAD

Le "marché carbone"

Avec le « paquet énergie-climat », l’Union européenne s’engage à réduire ses émissions de GES d’ici 2020 (par rapport à 1990) de 20 % unilatéralement, ou de 30 % dans le cas d’un accord international satisfaisant. Dans ce cadre, le système communautaire d’échange de quotas d’émission de GES, lancé le 1er janvier 2005, a été conforté. En France, le nombre d’installations concernées s’élève en 2011 à 928 dont 126 dans le secteur agroalimentaire.

L’amélioration nécessaire de la performance énergétique des entreprises

Évolution de la consommation des principales énergies des IAA de 1989 à 2010 Source : Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (MAAF)/Service de la statistique et de la prospective (SSP)-Agreste- Enquête annuelle sur les consommations d’énergie dans l’industrie.
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Dans un contexte d’augmentation du prix des énergies et d’épuisement des ressources en énergies fossiles, il importe d’améliorer la performance énergétique, notamment grâce à :

  • la réalisation de bilans énergétiques, de diagnostics énergétiques plus généralisés ;
  • des mesures spécifiques d’économies d’énergies ;
  • l’implication accrue des IAA dans le dispositif des Certificats d’économie d’énergie ;
  • la poursuite des projets de recherche et d’innovation pour des systèmes de production écoefficients tel que les appels à manifestation d’intérêt de l’ADEME ;
  • la poursuite des actions de sensibilisation et de communication (par exemple « fiches de bonnes pratiques énergétiques en entreprise » de l’ADEME).

"L’écologie industrielle", une autre voie pour relever le défi vert

La réponse aux défis environnementaux peut également être de nature organisationnelle : pour favoriser un développement sobre et efficace en énergie et en carbone, les industries agroalimentaires tendent à s’organiser en complexes agro-industriels, selon le modèle de bio-raffineries. Une stratégie de « symbiose industrielle » qui permet, conjointement à la production d’aliments et ingrédients, de valoriser les agro-ressources sous formes de divers produits non alimentaires (énergies renouvelables…) et de garantir des flux optimisés de matières au sein du complexe notamment pour les déchets, l’énergie, les transports.

Vers une meilleure gouvernance

Le développement de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans le secteur des IAA participera à une plus grande prise en compte des enjeux du développement durable.
En savoir plus sur la RSE sur le site du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

L’affichage environnemental des produits agroalimentaires

L’article 54 de la loi du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du grenelle de l’environnement exprime la volonté que le consommateur dispose d’une information environnementale sincère, objective et complète portant sur les caractéristiques globales du couple produit/emballage. La mention des impacts environnementaux des produits doit être progressivement développée par un affichage ou une mise à disposition du consommateur des conditions de production.

Au delà de la contribution directe au développement durable, les industries agroalimentaires peuvent agir sur :

  • l’aval en impulsant des modes de consommation durable ;
  • l’amont agricole, en accompagnant des modes de production agricole durable.

Sources : Insee et Agreste