Contrôle de réouverture d'un restaurant. Voir le crédit sous l'image.
Thomas Hubert/agriculture.gouv.fr

20 février 2026 Info +

Réouverture de restaurant : les coulisses d’un contrôle décisif

« Les ustensiles abîmés ont bien été jetés et remplacés ? » Rapport en main, l’agent de la DDPP du Val-de-Marne vérifie les rangements – sur le plan de travail, on a fait place nette –, relève la température du réfrigérateur, inspecte chaque recoin de la cuisine. Face à lui se tient le propriétaire du restaurant. Le moment est déterminant, trois semaines après la fermeture administrative de son établissement : ce contrôle décidera de sa possible réouverture. Une procédure essentielle, rempart invisible de la protection du consommateur.

Un mois auparavant, ce restaurant familial, pourtant ouvert depuis quinze ans, a été contraint de baisser le rideau. « Graves manquements aux règles d'hygiène » indique l'arrêté préfectoral affiché sur la devanture. Le point de départ ? Une plainte déposée par un client, tombé malade, et des anomalies constatées par un inspecteur lors d'un premier contrôle inopiné mené dans le cadre du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF). La liste était longue : ustensiles encrassés, viandes et poissons maintenus trop longtemps à température ambiante, vêtements personnels entreposés dans la cuisine… Ainsi qu’un désordre généralisé.

Rigueur, méthode… et pédagogie

L'inspecteur reprend point par point le rapport initial, photos à l'appui, pour vérifier les corrections apportées par le professionnel, de la formation obligatoire aux règles d’hygiène à la visite physique de la cuisine et de tous les endroits accessibles au personnel. Il teste l’herméticité du congélateur, s’assure de l’absence de nuisibles, scrute l'état des passoires et planches à découper. « Lors d'une inspection après fermeture, on refait un tour complet de l'établissement afin de contrôler les mesures correctives mises en place par l’exploitant et s’assurer qu’aucune nouvelle non-conformité ne soit apparue. »

Rigoureux, ce contrôle de réouverture n’est pas une sanction supplémentaire ; c'est un moment d'échange entre les parties prenantes. Tout au long de l’inspection, l'agent veille à inclure le professionnel dans le processus. « Ce qui est important, c'est d'être pédagogue. De prendre le temps d'expliquer. Ça permet d'obtenir de meilleurs résultats, confie-t-il. Souvent, la perte de maîtrise est liée à un exploitant débordé, non formé ou qui n'a plus de recul sur la situation. C'était le cas ici. » Aujourd'hui, la transformation est visible – piano de cuisson dégraissé, étagères en inox ordonnées, armoire froide fonctionnelle… Chaque équipement est nettoyé et le local libéré.

DDPP du Val-de-Marne : les contrôles sanitaires en chiffres

  • En 2025, près de 1 900 établissements de remise directe (restauration commerciale, boucheries, boulangeries, poissonneries, marchés…) ont été contrôlés par la DDPP du Val-de-Marne et son délégataire.

  • Près de 2 % de ces inspections ont mené à une fermeture administrative de l’établissement. Moins d'un établissement sur cinq n’a pas rouvert après le contrôle de réouverture.

  • Le service Sécurité sanitaire des produits alimentaires de la DDPP du Val-de-Marne compte 41 agents, dont plus d’une trentaine ayant dans leurs prérogatives l’inspection sanitaire.

« Cela nous motive à faire les choses bien »

« C'est un petit restaurant qui peut facilement devenir encombré. Le plus long a été de tout débarrasser », concède le propriétaire. S'il témoigne de la difficulté de cet exercice, l'exploitant reconnaît que ces trois semaines de fermeture, bien qu'éprouvantes financièrement, auront été utiles : « Cette fermeture nous motive à faire les choses bien désormais ; les faire bien pour nous, mais surtout pour nos clients. Ça ne peut être qu'un plus. » Pour cette remise aux normes, l’ensemble de la famille s’est retroussé les manches.

Un retour à la confiance

« C'est du beau travail », conclut l’agent. Si quelques non-conformités mineures persistent, à l’image d’une moustiquaire défaillante dans le local, elles ne justifient plus le maintien de la fermeture. « Le principal est que le professionnel puisse récupérer son activité dans de bonnes conditions. » La prochaine étape ? La rédaction du rapport d’inspection par l’agent, à la DDPP, puis de l’arrêté préfectoral statuant la réouverture. Dès réception du document officiel, l'établissement pourra reprendre son activité.

Contrôle dans un restaurant : que veut-on vérifier ?

  • Nettoyage, désinfection et maintenance des locaux et des équipements

  • Remise en état des équipements et du matériel défectueux et/ou non conformes

  • Absence de nuisibles

  • Application des bonnes pratiques d'hygiène

  • Acquisition des équipements manquants par le professionnel

  • Affichage ou mise à disposition du consommateur de la liste des allergènes

  • Documents à jour concernant le fonctionnement de l'établissement

Galerie d'images

L'inspecteur vérifie les mesures mises en place par l'exploitant. Voir le crédit sous l'image.
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L'inspecteur contrôle la cuisine du restaurant. Voir le crédit sous l'image.
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L'inspecteur montre les photos des précédentes non-conformités. Voir le crédit sous l'image.
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Céline Pinsard, cheffe du service Sécurité sanitaire des produits alimentaires à la DDPP94. Voir le crédit et la légende sous l'image.
Céline Pinsard, cheffe du service Sécurité sanitaire des produits alimentaires à la DDPP du Val-de-Marne - Thomas Hubert/agriculture.gouv.fr
Logo de la préfecture du Val-de-Marne. Voir le crédit sous l'image.
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