22 juillet 2022 Publication

Parangonnage sur les techniques et pratiques innovantes de gestion de l'eau en agriculture

  • Pierre Autissier et Geneviève Jourdier

Le CGAAER a été chargé d'une mission de parangonnage sur les techniques et pratiques innovantes de gestion de l'eau en agriculture.

goutte d'eau tombant sur le sol et des jeunes pousses
Getty image

Rapport de mission de conseil n° 21045

Mars 2022

Mots-clés : Gestion de l’eau, innovation, irrigation

Enjeux

Selon le GIEC, le changement climatique est généralisé, rapide et d’intensité croissante. Son impact potentiel sur la ressource en eau en France est tel que le sujet de la gestion de l’eau agricole est devenu central.

L’agriculture doit s’adapter pour économiser l’eau. Il n'y a pas de réponse unique, chaque exploitation étant tributaire d'un sol, d'un climat et plus généralement d'un environnement, qui lui sont spécifiques. La réalisation d'économies d'eau agricole passe par une approche globale mobilisant un ensemble de leviers disponibles ou « panier de solutions » associant de nouvelles approches agronomiques, technologies innovantes et ressources en eau alternatives, parmi lesquelles il convient de rechercher pour chaque territoire la combinaison la mieux adaptée.

Le CGAAER a ainsi été chargé d'une mission de parangonnage sur les techniques et pratiques innovantes de gestion de l'eau en agriculture.

Méthodologie

De juillet 2021 à février 2022, la mission a réalisé des interviews avec les principaux acteurs concernés en France, dans d’autres pays d’Europe du Sud (Espagne, Portugal), hors Europe (Israël) et au sein d’instances internationales.

Une analyse documentaire a également été menée sur le stockage de l’eau, le drainage, l’irrigation, la réutilisation des eaux usées traitées (REUT), le dessalement, le transfert d’eau, la recharge de nappe ainsi que sur les techniques et pratiques agricoles innovantes.

Résumé

Pour s'adapter au changement climatique et économiser l'eau, l’agriculture peut s’appuyer sur un ensemble de solutions agronomiques alternatives comme sur l’arsenal des nouvelles technologies qui sont désormais à sa disposition pour diminuer sa consommation en eau.

Dans cette démarche, il importe déjà d’essayer de diminuer la demande en eau d'irrigation des cultures en considérant les solutions apportées par l’agronomie (révision des itinéraires techniques, agricultures alternatives…) et plus généralement par la nature. Des économies d’eau sont effectivement possibles, mais il est nécessaire d’apporter un appui aux agriculteurs engagés en ce sens dans une démarche agro-écologique, pendant toute la période de transition.

L’irrigation doit de son côté évoluer grâce aux innovations permises par la technologie et le numérique. Pour cela, il convient de :

  • favoriser l'accès des agriculteurs aux innovations en irrigation à travers la formation, le conseil et l’aide au financement ;
  • préciser de façon plus opérationnelle le concept d’« irrigation de résilience » afin d’en permettre son appropriation et son développement.

Quant au renforcement de la ressource en eau, celui-ci doit être envisagé de façon coordonnée entre tous les usagers potentiels. Pour ce faire, il importe de :

  • dresser préalablement un état des lieux exhaustif des ressources en eau alternatives, en particulier des sites, utilisés ou non, de recharge artificielle de nappe et de REUT ;
  • recenser et analyser les dispositifs réglementaires mis en place par les pays utilisateurs d’eaux non conventionnelles leur permettant de les intégrer à la ressource en irrigation.

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