Optimisation des concours de recrutement des cadres du ministère de l'agriculture
01/05/2019
Marie-Hélène Bouillier-Oudot, Danielle Gozard, Bruno Ricard
Le CGAAER a été chargé d'analyser les processus de recrutement des corps des filières techniques, formation-recherche et enseignement et les résultats des concours des huit dernières années.

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Rapport de mission de conseil n°18090

Mai 2019

Mots-clés : recrutement, concours, fonction publique, cadres du ministère

Enjeux

L'optimisation du recrutement des cadres du ministère vise à améliorer l'attractivité des secteurs qui peinent à recruter, à mieux maîtriser les coûts du processus et à ouvrir davantage la fonction publique à la diversité de la société conformément aux préconisations de la loi du 27 janvier 2017.

Méthodologie

La mission a dressé un état des lieux du recrutement des cadres des filières « technique », « formation-recherche » et « enseignement ».

Les modalités de recrutement et les épreuves des concours de ces différents corps ont été analysées au regard des attentes de la loi relative à l'égalité et à la citoyenneté du 27 janvier 2017.

Un bilan quantitatif des recrutements sur les huit dernières années a permis de mesurer l'attractivité des différents concours et d’identifier les secteurs en tension.

Par une approche transversale des étapes clés du processus de recrutement, la mission a pu analyser la cohérence d'ensemble du cadre d'action du ministère et identifier les points à améliorer.

Enfin une comparaison avec les pratiques d'autres ministères (MTES et MEN) a été réalisée.

Résumé

L'analyse du processus de recrutement des cadres du ministère a mis en évidence une série de difficultés.

En premier lieu, le manque d'attractivité des concours d'enseignants ne permet pas de pourvoir les postes vacants dans la plupart des disciplines. Cette situation préoccupante s’aggrave au fil des années du fait de l'irrégularité et du manque de visibilité des concours, de la raréfaction des viviers dans les disciplines générales communes avec l'Éducation nationale et de l'absence de parcours tracés dans les disciplines techniques et professionnelles.

Face à cette situation, la mission préconise une réorganisation du processus de recrutement avec une programmation pluriannuelle des concours, une diversification des voies de recrutement, la mise en place d'une communication plus efficace, la création de cursus plus attractifs conduisant aux concours et la mise en place d'une offre de préparation aux épreuves. Ces actions seraient à coordonner par un comité présidé par le service des ressources humaines et réunissant les services concernés de la DGER et du Secrétariat général, ainsi que l'ENSFEA, l'école en charge de la formation des lauréats des concours.

Par ailleurs, le recrutement d'ISPV par concours externe ouvert aux élèves sortant des écoles nationales vétérinaires (ENV) et de TSMA de la spécialité VA, est pénalisé par l’image négative des métiers de l'inspection en abattoir. La mission encourage à poursuivre les mesures engagées en termes de communication et de création de cursus de pré-recrutement pour les TSMA. Elle propose également de simplifier le concours externe d'ISPV ouvert aux ENV.

S'agissant des ingénieurs de l'agriculture et de l'environnement (IAE), leurs conditions de recrutement par voie externe sont à réexaminer.

Pour l'ensemble des corps étudiés, la communication constitue un point faible du processus de recrutement. Une véritable stratégie de communication permettant d'attirer des candidats vers les concours du ministère de l'agriculture fait défaut, y compris au sein de l'enseignement agricole. Cette stratégie doit articuler l'information sur les métiers et les carrières avec une meilleure connaissance des cursus qui conduisent à ces métiers et à des concours de recrutement.

L'organisation des concours ne nécessite pas de réaménagements importants. Des points de vigilance ont été cependant relevés : formalisation des procédures de sécurisation des différentes étapes du processus, stabilisation sur une durée indicative de trois ans des présidents de jury dont l'expérience est une garantie de bon fonctionnement, formation de l'ensemble des jurys à la prévention des discriminations. De plus, la dématérialisation du traitement des copies doit être mise à l'étude.

Pour réduire le coût des concours, une première recommandation vise à connaitre ces coûts grâce à la mise en place d'un dispositif de suivi des postes de dépenses par concours. D'ores et déjà, des pistes de diminution des coûts sont proposées : alléger les épreuves, mieux encadrer la composition des jurys, modifier le mode de calcul des rémunérations des présidents et vice-présidents de jury.

La mission recommande enfin de faire évoluer les modalités de recrutement pour diversifier les profils en développant les troisièmes concours et les concours sur titres et travaux qui ne sont quasiment pas mis en œuvre actuellement.

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