L'Observatoire agricole de la biodiversité, un dispositif qui continue de grandir
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA), développe depuis 2011 un dispositif de sciences participatives réservé aux agriculteurs, l’Observatoire agricole de la biodiversité (OAB). Avec de nombreux partenaires pour contribuer à l'animation locale (coopératives, instituts techniques, associations de protection de la nature, fédérations de chasseurs, syndicats agricoles, chambres d’agriculture…), l’OAB a continué à se développer. Aujourd'hui, plus de 600 parcelles – une progression de 31% entre 2017 et 2018 – font l'objet d'observations, dans le cadre de quatre protocoles : papillons, invertébrés terrestres, pollinisateurs et vers de terre.

Une action développée dans le cadre du plan biodiversité

Initialement développée dans le cadre des engagements du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), l’OAB s'inscrit désormais dans l'action 74 du plan biodiversité lancé par le gouvernement le 4 juillet 2018. Les agriculteurs observent et qualifient ainsi la biodiversité de leurs propres parcelles et alimentent une base de données nationale permettant de tracer les tendances d’évolution des populations observées.

Lors de leurs observations, les agriculteurs déjà impliqués lient ces observations à la qualité de leurs sols, à l’état du milieu et à la présence de pollinisateurs dans leurs exploitations et donc, in fine, à leurs pratiques. L’OAB leur permet à la fois de s’approprier les enjeux de biodiversité sur leur exploitation et de bénéficier d’un support de discussion avec les autres acteurs impliqués.

Des sites de démonstration impliqués dans le dispositif

Localement, les animateurs qui mobilisent les agriculteurs représentent une grande diversité de structures de développement. Parmi celles-ci, les Chambres d’agriculture sont le premier partenaire avec une trentaine de Chambres impliquées. Avec différents établissements d'enseignement agricole, mais aussi des stations d'expérimentation réparties sur tout le territoire, elles contribuent à créer des sites de démonstration, véritables pôles d'intérêt régional sur lesquels les agriculteurs peuvent observer la mise en œuvre des protocoles. Depuis 2019, l'expérimentation d'un cinquième protocole (relatif aux chiroptères) est proposée sur certains de ces sites.

Un projet de sciences participatives innovant

Fondateur du programme de sciences participatives Vigie-Nature, le Muséum national d’Histoire naturelle est le coordinateur scientifique de l’OAB. Pour cet observatoire participatif de la biodiversité en milieu agricole, dans lequel chacun peut contribuer à la construction du savoir collectif, le nombre important de données permettra d’assurer la robustesse des indicateurs de biodiversité qui en seront issus.

En s’adressant aux agriculteurs, acteurs les premiers concernés, l’OAB permet de renforcer leur rôle actif dans la gestion de la biodiversité. Il s’agit à présent de poursuivre la mobilisation de toutes les bonnes volontés, des animateurs et des agriculteurs, notamment sur les secteurs les moins bien représentés comme l’arboriculture et le maraîchage, pour que l’OAB atteigne ses objectifs.

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