Lettonie

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

La Lettonie est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004 et de la zone euro depuis le 1er janvier 2014.

Les fermes de plus de 100ha représentent 3 % des effectifs mais la moitié de la surface agricole utile (SAU) totale. Les productions agricoles sont relativement diversifiées avec une légère domination des productions végétales destinées à l’exportation (blé, colza, spiritueux).

La Lettonie milite pour une égalité de traitement de l'ensemble des États membres au sein de l'Union européenne au titre de la PAC. Les résultats obtenus pour la période financière 2014-2020 ont été tièdement accueillis en Lettonie bien que très favorables (hausse de 50 % de l’enveloppe globale agricole).

La Lettonie a fait le choix d’une mise en œuvre de la PAC plutôt favorable aux exploitations de taille moyenne à grande. Elle est favorable au maintien de certaines aides couplées, notamment pour le secteur de l’élevage, et de réserver les aides aux agriculteurs actifs, ce qui lui permettra de lutter contre l’abandon des terres, un des principaux défis de l’agriculture lettone.

La Lettonie défend actuellement une approche assez libérale de gestion des secteurs pour lesquels elle est présente à l’export, dont le secteur laitier.

Le solde commercial agroalimentaire letton n’est excédentaire que depuis 2012. Le comblement du déficit est avant tout lié aux résultats à l’export vers la Russie, qui ont triplé sur les 6 dernières années.

Depuis plusieurs années, la Lettonie et la France mènent des coopérations fructueuses, principalement entre services vétérinaires, mais aussi dans le domaine de la gestion foncière ou de l’organisation économique des filières, dans le cadre du partenariat stratégique franco-letton.

Production agricole

Située sur les côtes de la mer Baltique (531km de côte), la Lettonie se subdivise en 4 régions géographiques et administratives, de basse altitude (sommet à 312 mètres) qui présentent des aptitudes agricoles différentes. La région du Zemgale au centre sud présente les meilleures aptitudes de par ses sols fertiles et concentre les exploitations en grandes cultures. La région vidzeme au nord, la plus vallonnée, présente une agriculture orientée vers l’élevage. Le Latgale à l'est fait face à un problème d’abandon de l’activité agricole de par son éloignement et ses sols argileux peu productifs. Le Kurzeme à l'est concentre l’activité de pêcherie. Le climat letton est continental humide (précipitations moyennes de 650 mm/an et température moyenne de 6°C). Les surfaces forestières, en progression, représentent aujourd’hui près de la moitié du pays. La SAU couvre 1,8mha (1,5 Mha font l’objet d’une demande d’aide directe au titre de la PAC), dont 63 % de terres arables.

La SAU moyenne des 83 000 exploitations agricoles recensées en 2010 est de 22 ha. Mais seulement 22 000 sont considérées comme commerciales en réalisant un chiffre d’affaire de plus de 4 000 €/an. La Lettonie est le pays balte où l’agrandissement et la spécialisation des structures agricoles ont été les plus rapides. Les fermes de plus de 100ha couvrent près de 50 % de la SAU aujourd’hui, contre 20% en 2001. 3 500 exploitations certifiées en agriculture biologique exploitaient en 2011 184 000ha, principalement en grandes cultures et en prairies.

L'organisation du foncier agricole résulte du processus de «décollectivisation», initié en 1990 et pratiquement terminé aujourd’hui. 5,3 Mha sont aujourd’hui en propriété (dont 21% appartenant à l'État, 2 % aux collectivités, 59 % à des personnes physiques et 18 % à des personnes morales), sur 6,4 Mha au total, le reste étant encore en procédure et géré par l'État.

Les productions agricoles sont relativement diversifiées avec une nette domination des productions végétales dans la valeur brute de production totale de l’agriculture lettone.

Les surfaces en céréales ont représenté en 2012 0,58 Mha,soit 51 % des cultures arables. La récolte de céréales en 2012 a atteint 2,1Mt, record historique. Les principales cultures céréalières en 2012 sont le blé tendre avec 1,5 Mt, le seigle avec 0,12 Mt et l’orge avec 0,23 Mt.Les productions de fruits (0,01 Mt en 2011) et légumes (0,16 Mt en 2012) sont relativement marginales. Les surfaces consacrées aux pommes de terre sont en net recul et celles en betteraves à sucre ont disparu depuis 2007, au profit des céréales et des graines oléagineuses, notamment du colza (120 000ha).

Les productions animales sont diversifiées. La production de lait occupe la première place dans la valeur brute de production totale de l’agriculture lettone en 2013 (22,5 %suivie par le blé 20 %) et les produits issus de sa transformation la première place dans la valeur brute des industries agroalimentaires (20 % suivis par les viandes, les poissons et les boissons). La collecte laitière de 0,718 Mt en 2012,est principalement faite par les industriels privés (60 %), mais la collecte coopérative ne cesse de croître, aidée par l'État dans un contexte de « guerre du lait » dans les pays baltes. Le cheptel bovin (393 000 têtes en 2012 dont 42 % de vaches) était en diminution régulière jusque 2009 mais croit à nouveau depuis. La filière avicole est en pleine expansion depuis l’adhésion à l'UE pour atteindre près de 5 millions de têtes en 2012. Le cheptel porcin s’élève à 355 000 têtes en 2012 et ne cesse de décroître.

L’activité de l’ensemble des entreprises agricoles (agriculture chasse- pêche : 1,7 %) et agroalimentaires (1,8%) représente environ 3,5 % de la valeur ajoutée brute totale en2013. Le secteur agroalimentaire est la seconde industrie manufacturière, après la transformation du bois, et emploie 25 000 personnes. 27 % des produits agroalimentaires sont exportés.

Politique agricole

La Lettonie milite pour une égalité de traitement de l'ensemble des États membres au sein de l'Union européenne au titre de la PAC. En effet, bien que les bénéfices de l'adhésion de la Lettonie à l’UE soient perçus favorablement par la population agricole, qui tire profit des aides directes et des aides structurelles soutenant la modernisation, la Lettonie était insatisfaite d’être parmi les 3 États membres les moins bien dotés en aides directes sur la période 2007-2013 (95€/ha en 2013).

Les résultats obtenus pour la période 2014-2020 ont été tièdement accueillis en Lettonie, malgré une hausse de 50 % de l’enveloppe globale de la PAC (de 1,785 Md€ dans le budget 2007-2013 à 2,678 Md€ pour cette nouvelle perspective) et des paiements directs aux agriculteurs qui devraient s'établir à 196 €/ha en 2020. On observe cependant une baisse de 9 % de l’enveloppe de développement rural, qui ne représentera plus que 35 % de l’enveloppe PAC sur la période actuelle contre 60 % à la précédente.

En matière de politique agricole nationale, le dossier prioritaire des autorités agricoles lettones est le nouveau cadre réglementant l’accès au foncier agricole après la libéralisation en 2014. Les prix des terres ont subi de fortes fluctuations en une dizaine d’année. Les aides directes de la PAC, perçues comme une rente annuelle, ont renchéri la valeur du foncier agricole et favorisé la spéculation. La Lettonie est le pays de la zone qui a connu la plus forte progression des prix après l’adhésion à l'UE, mais la crise économique a conduit à un réajustement. Ainsi, les prix varient aujourd’hui entre 2 000 et 5 000€/ha selon la qualité et la taille des parcelles (300 €/ha à la veille de l’adhésion). La Lettonie a obtenu, dans son acte d’adhésion, la possibilité de restreindre l'acquisition par des ressortissants étrangers de biens immobiliers agricoles et forestiers jusqu’au 1er mai 2014. Dans les faits cette interdiction n’a pas fonctionné, car elle ne concernait pas les parts sociales des sociétés propriétaires de foncier. Il est estimé que près de 20 % des terres agricoles lettones et 50 % des forêts (fonds de pension scandinaves principalement) appartiendraient à des investisseurs étrangers.

La Lettonie fait de plus face depuis sa dernière réforme agraire à un problème d’abandon de terres agricoles. Les statistiques nationales évaluent en 2011 à près de 600 000 ha, les superficies de terres agricoles en friche ou non productives : en friche pour des raisons de piètre qualité agronomique ou pour des raisons spéculatives ; non-productives quand leurs propriétaires ont une logique de rente.

Une nouvelle loi « sur la privatisation des zones rurales », en cours de discussion, devrait permettre de lutter contre l’abandon des terres, limiter le nombre de transactions spéculatives et l’investissement étranger.

Le nouveau ministre de l'agriculture depuis le 22 janvier 2014, M. Janis Duklavs, déjà ministre entre 2009 et 2011, n’a pas modifié les choix de mise en œuvre de la PAC arrêtés par son prédécesseur Mme Laimdota Straujuma, actuelle premier ministre, favorisant plutôt les grandes exploitations : basculement de fonds du premier vers le second pilier (15 %), priorité à la mesure d’aide à l’investissement dans le développement rural, 15 % des aides directes couplées à la production (élevages laitier, allaitant et ovin, oléoprotéagineux). Quelques mesures limitées demeurent pour les exploitations de semi-subsistance (aide directe forfaitaire pour les exploitations de moins de 5 ha dans la limite de 5 % de l’enveloppe du premier pilier) et les jeunes agriculteurs (1 % de l’enveloppe du premier pilier).

La Lettonie est satisfaite de pouvoir garder le système de paiement simplifié des aides directes. Elle est actuellement très active pour soustraire du bénéficie des aides directes les agriculteurs ne pouvant justifier d’une charge minimale d’animaux à l’hectare, notamment sur les nombreux hectares de prairies non productives.

En matière de régulation, la Lettonie s'exprime souvent en faveur d’une orientation vers le marché. Sur le secteur laitier, le ministère a en particulier une approche assez libérale des conséquences sur les structures agricoles de la fin des quotas et y voit surtout des opportunités.

Echanges commerciaux

Le déficit de la balance commerciale agroalimentaire lettone n’a cessé de diminuer depuis l’adhésion à l’UE. Le premier excédent a été dégagé en 2012. En 2013, en repli, il n’est que de 15 M€. Les exportations agroalimentaires ont doublé entre 2008 et 2013 pour atteindre 2,3 Md€ principalement vers la Russie (28 %, triplées sur la même période), la Lituanie (18 %), l’Estonie (13 %), la Pologne (5 %) et l’Allemagne (4 %), alors que les importations ont cru de 50% entre 2008 (1,52 Md€) et 2013. Les principaux fournisseurs de la Lettonie sont les pays de l’UE (25 % Lituanie, 10 % Pologne et Estonie). La France arrive en 6e position avec 106 M€ de produits agroalimentaires sur le marché letton en 2013 contre 22 M€ en provenance du marché letton, soit 84 M€ d’excédent en notre faveur.

Les flux agricoles et agroalimentaires de la France vers la Lettonie sont particulièrement dynamiques, ils ont pratiquement doublé en 6 ans et représentent en 2013 près d’un tiers des exportations françaises. Les exportations agricoles et agroalimentaires lettones vers la France ont en revanche fluctué mais ont cru sur les 6 dernières années de près d’un tiers. Les 3/4 de nos exportations sont des vins et des spiritueux (premier fournisseur à la Lettonie), le dernier quart est constitué de diverses préparations alimentaires et de viandes de volaille. Les exportations lettones vers la France sont essentiellement du colza, des céréales et des fruits de mer.

De manière plus générale, les principales familles de produits exportés sont en premier lieu les spiritueux, les céréales, les produits laitiers (lait, fromage), des produits de la mer. Les principaux produits importés sont des spiritueux, des tourteaux oléoprotéagineux, des produits laitiers, des produits de la mer et des fruits.

Aucun investissement français dans le secteur agroalimentaire n’est identifié en Lettonie.

Accords internationaux

La Lettonie est membre de l’UE depuis le 1er mai 2004 et membre de la zone euro depuis le 1er janvier 2014. Ce pays est membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) depuis 2004. La Lettonie est aussi membre de l'Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) depuis le 11 novembre 1991, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le 10 février 1999, de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), mais pas de l'Organisation mondiale de la vigne et du vin (OIV).

Enfin, la Lettonie est dans un processus d’adhésion à l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), qu’elle devrait rejoindre en 2016.

Relations bilatérales

Depuis plusieurs années, la France mène avec la Lettonie des coopérations fructueuses, principalement entre services vétérinaires, dans le cadre du partenariat stratégique franco-letton de 2011. La dernière action vétérinaire a eu lieu en 2012 : il s’agissait d’une formation sur l’autorisation de mise sur le marché et la surveillance des médicaments vétérinaires, pour les experts du ministère et du service vétérinaire et de l’alimentation (PVD). Ces bonnes relations se sont concrétisées par un important succès pour nos 2 pays en termes d’influence à l’international : un consortium, mené par la France et les services vétérinaires lettons, a remporté fin 2011 un important appel d’offres d’assistance technique à la Biélorussie, qui se terminera en 2014.

En octobre 2013, une visite de travail à Paris a été organisée au ministère de l’agriculture et à la fédération nationale des SAFER sur le thème de la maîtrise du foncier rural.

Une délégation du ministère letton de l’agriculture menée par le député Edvards Smiltens, alors secrétaire parlementaire du ministère, et comprenant des experts du ministère, du fonds de développement rural et des représentants des principaux syndicats d’agriculteurs et de forestiers, est venue découvrir l’expérience française pour nourrir la réflexion lettone sur les problématiques d’aménagement foncier et d’orientation de l’usage des terres agricoles à la veille de la libéralisation de leur marché du foncier rural. Edvards Smiltens a été invité en France en avril 2014 en tant que personnalité d’avenir, en particulier sur le thème de l’agriculture familiale.

L’enseignement agricole letton comprend 8 lycées, dépendant du ministère de l'éducation et proposant des filières très variées, parmi lesquelles les filières agricoles, et une université agraire, située à Jelgalva.

En termes de coopération entre les dispositifs de formation agricole letton et français, peu d'établissements sont à ce jour concernés. Ces partenariats ont principalement pour objet des mobilités d'étudiants vers la Lettonie (d'une durée de 2 mois), ou plus rarement des mobilités de groupes avec réciprocité. Ces partenariats s’inscrivent en général dans la durée. L'école nationale de formation agronomique (ENFA) collabore par ailleurs avec l'université de Jelgalva (envoi de professeurs stagiaires français en Lettonie).

Sources : Banque mondiale, PNUD, douanes françaises citées par Ubifrance 2012 et 2013 , douanes lettones, MAAF, Ambassade de France en Lettonie, Eurostat. 

 

 

 

 

Voir aussi