La politique du ministère en matière d'agriculture urbaine
14/10/2020
Marie-Hélène Bouillier-Oudot, Sylvie Rocq et François Vedeau
Le CGAAER a été chargé d'examiner les enjeux que représente l'agriculture urbaine pour les politiques menées par le ministère et de proposer les orientations nécessaires.

Crédit ci-après
Urbanescence
Rapport de mission de conseil n°19052

Février 2020

Mots-clés : agriculture urbaine, planification territoriale, alimentation,  économie sociale et solidaire, services environnementaux

Enjeux

L'agriculture urbaine (AU) se développe fortement en France depuis une dizaine d'années, avec une accélération de la création de structures et l'émergence d’initiatives.

Les collectivités se saisissent de cette thématique pour répondre à une attente perçue chez leurs mandants concernant la qualité de vie en milieu urbain. Face à l'image dégradée de l’agriculture aux yeux des urbains, ce mouvement présenterait toutes les qualités attendues par la société. Or cette forme d'agriculture est actuellement dans un angle mort du ministère.

Dans ce contexte, le CGAAER a été chargé d'examiner les enjeux que représente l'agriculture urbaine pour les politiques menées par le ministère et de proposer les orientations nécessaires.

Méthodologie

Le périmètre d'étude concerne l’ensemble des initiatives comportant une activité de production agricole situées en milieu urbain et péri urbain dès lors qu’elles entretiennent un lien fonctionnel avec la ville : production, services sociaux ou environnementaux.

La mission a procédé à près de cinquante entretiens et a participé à une dizaine de journées organisées par des acteurs de l'AU, en étant attentive aux débats idéologiques et en veillant à documenter les éléments permettant de caractériser ce mouvement.

Résumé

Dans un premier temps, la mission a établi une typologie des initiatives d’AU, replacé le phénomène dans un contexte historique, répondu aux principales controverses et dessiné la carte des principaux acteurs.

Ensuite, elle a cherché à mettre en correspondance les différentes formes d’AU avec les politiques publiques du ministère (gestion du foncier, développement économique, sécurité alimentaire, enseignement et recherche) et d'autres thématiques à caractère interministériel.

L’AU présente des atouts pour participer à la transition agro-écologique, à une alimentation de qualité accessible à tous et à la relève agricole. Par ailleurs, elle permet de nouvelles initiatives en agriculture. Celles-ci, malgré leur faible contribution à la production, revêtent une valeur à la fois sociale, culturelle et symbolique. Elles peuvent être considérées comme une opportunité pour réconcilier la ville et l'agriculture.

Les projets d’AU constituent une source d’inspiration pour une meilleure attractivité des métiers liés au maraîchage et pour une adaptation des politiques, notamment foncières, aux caractéristiques des nouvelles formes d’agriculture en milieu urbain, péri-urbain ou rural.

L’AU peut avoir un effet levier pour le développement d’une alimentation de qualité et accessible à tous. Cette thématique, liée à d’autres politiques (planification territoriale, emploi, santé) pour lesquelles une approche à l'échelle des territoires est primordiale, suppose une implication plus affirmée du ministère en partenariat avec les autres ministères concernés.

Pour assurer une mise en réseau intra et interministériel intégrant les collectivités, ainsi qu'une bonne lisibilité de l'engagement du ministère, la mission recommande de nommer un haut fonctionnaire coordonnant l’action du ministère en matière d’agriculture urbaine. Il impulserait la mise en place des recommandations proposées par le rapport, classées en cinq domaines (recherche, dimension territoriale, formation, accompagnement financier, emploi, économie sociale et solidaire). L’organisation d’un colloque dès 2020, en étroite collaboration avec le MTES, en constituerait la première étape.

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