La lutte contre l'antibiorésistance au niveau européen et international
©Xavier Remongin/Min.Agri.Fr.

Au niveau européen

Un plan quinquennal d’action contre la résistance microbienne
L’Union européenne a lancé le jeudi 17 novembre 2011 un plan quinquennal destiné à combattre les "menaces croissantes" liées à la résistance de bactéries aux antibiotiques, un phénomène qui provoque la mort d’environ 25.000 Européens par an.

"La résistance aux antimicrobiens est devenue un grand problème de société au niveau européen et mondial", a affirmé le commissaire européen à la Santé, John Dalli, en appelant les 27 Etats de l’UE à "agir avec rapidité et détermination".

Présenté à la veille de la "Journée européenne de sensibilisation à l’usage des antibiotiques", le plan de lutte européen propose douze mesures concernant notamment la prévention des infections, notamment en milieu hospitalier, l’utilisation "prudente" des antimicrobiens et les efforts de recherche à entreprendre, ces derniers souffrant actuellement de sous-investissement.

Le plan cible particulièrement l’usage de plus en plus répandu "d’antimicrobiens très importants pour l’homme" pour soigner les animaux d’élevage, un problème qui "fait l’objet de préoccupations croissantes".

M. Dalli a regretté que des "pratiques illicites" se poursuivent en Europe, où des éleveurs donnent des antibiotiques à leurs animaux sans ordonnance et sans présence d’un vétérinaire.

Leur usage peut être réduit car, pour les animaux, les prescriptions de certains groupes d’antibiotiques, comme les céphalosporines de troisième et quatrième générations, sont remplaçables par d’autres traitements tout aussi efficaces.

Contrairement à la plupart des autres régions du monde, l’Union européenne a interdit depuis 2006 l’usage d’antibiotiques pour stimuler la croissance des animaux. Mais le Parlement européen a souhaité aller plus loin en appelant à son arrêt progressif à des fins prophylactiques.

L’Union européenne appelle parallèlement les autorités nationales à accentuer les efforts entrepris pour réduire l’usage d’antibiotiques par les patients. En France, un plan de lutte contre l’antibiorésistance poursuivant les mêmes objectifs que le plan européen, tant en humaine, qu’en médecine vétérinaire.

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) apporte une assistance et des conseils scientifiques indépendants aux gestionnaires des risques concernant les risques pour la santé humaine et animale, liés à la possibilité d’émergence, de propagation et de transmission d’une résistance aux antimicrobiens dans la chaîne alimentaire et dans les populations animales.

Vente d’antibiotiques au niveau européen

L’Agence européenne du médicament (EMA) publie un rapport annuel de suivi des ventes d’antibiotiques vétérinaires dans les pays européens (rapport ESVAC) .

Au niveau international

L’antibiorésistance est un problème de santé publique et animale de dimension mondiale. Il incombe donc aux secteurs de la santé humaine et animale d’associer leurs efforts afin de prévenir ou de minimiser la pression sélective favorisant cette résistance chez les micro-organismes pathogènes qui affectent l’homme ou toute autre espèce, dans une approche « une seule santé / one health ».

L’antibiorésistance constituant une problématique commune en santé animale et humaine, l’OIE travaille en étroite collaboration avec ses pays membres ainsi qu’avec des organisations internationales comme l’OMS, la FAO et la Commission du Codex Alimentarius.

L’OIE a élaboré des normes internationales visant à promouvoir l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux terrestres et aquatiques, condition essentielle à la préservation de l’efficacité thérapeutique de ces produits aussi bien chez les animaux que chez l’homme.

Les normes de l’OIE traitent également de la surveillance de l’antibiorésistance et du contrôle des quantités d’antimicrobiens utilisées chez les animaux destinés à la consommation humaine. Les normes de l’OIE fournissent aux pays membres des orientations leur permettant de faire face de manière appropriée aux risques d’émergence ou de propagation de bactéries résistantes.

Première Conférence mondiale dédiée à l’usage prudent des antimicrobiens en médecine vétérinaire, organisée par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) - 13/15 mars 2013

La Conférence a rassemblé des représentants de plus de 100 pays et des différents secteurs concernés ; des fonctionnaires d’autorités nationales et internationales, des représentants d’organisations non gouvernementales internationales, régionales et nationales ainsi que du secteur privé ont participé à l’événement.
A cette occasion, Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL ( MAAF) a présenté le Plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire, « Ecoantibio » et l’importance de la législation et de sa mise en œuvre. (voir la présentation)

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