Importation illégale de plantes en France et dans l’Union européenne : un trafic de bonsaï révélé
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation révèle l’importation illégale de bonsaïs en provenance du Japon. Le non-respect des exigences sanitaires, lors d’importation de végétaux en particulier, peut conduire à l’introduction de maladies ou de parasites sur notre territoire et celui de l’Union européenne, et nuire à la santé des plantes.

La Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), rattachée à la Direction générale de l’alimentation (DGAL), a été informée par un service déconcentré de l’État de l'existence d'un possible trafic de végétaux impliquant plusieurs opérateurs localisés dans le sud-est de la France.

L’enquête, initiée en fin d’année 2018, a permis de matérialiser l'importation illégale de nombreux végétaux dans l'Union européenne et en France, en direct du Japon. Ces végétaux sont, soit totalement interdits à l’importation sur notre territoire, soit ne respectent pas les délais de quarantaine de 2 ans dans le pays d’origine et de 3 mois en France avant leur mise en vente.

L’ensemble des végétaux introduits de manière illicite (400 arbustes au total saisis dans deux pépinières début juin) a fait l’objet d’une consignation administrative dans l’attente d’une notification de destruction. Un dossier judiciaire sera très prochainement ouvert.

Protéger les filières végétales françaises et européennes

Des importations illégales de bonsaïs ont été par le passé à l’origine de l’introduction du capricorne asiatique qui s’attaque aux arbres et aux arbustes, et des méloidogines chitwoodi et falax, ravageurs qui affectent de nombreuses cultures légumières (pommes de terre par exemple).

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation est chargé de veiller à la santé et à la protection des plantes et notamment au respect des dispositions relatives à la circulation des végétaux importés et mis en circulation sur le territoire de l'Union européenne. Le non-respect de ces dispositions peut conduire à des situations dramatiques pour les filières végétales françaises et européennes nécessitant parfois le recours massif à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques et mettant en péril des filières entières de production.
 

Qu'est-ce que la BNEVP ?

La Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) au sein de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), forte d’une vingtaine de personnes, conduit des investigations de terrain partout en France. Elle est mobilisable en urgence dans le cadre de la lutte contre la délinquance organisée dans le domaine sanitaire. Elle apporte également un soutien aux services de contrôle sanitaire du ministère, notamment en cas de crise.