03 janvier 2023 Info +

États-Unis

Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

  • L’agriculture américaine se situe au 2e rang mondial derrière la Chine en termes de production, mais assume une position dominante dans de nombreux domaines et d’abord en termes de commerce international. Les États-Unis sont la 1re puissance exportatrice pour les produits agricoles, la 2e derrière l’UE (176 Md USD en 2021 derrière 232 Md USD pour l’UE), notamment pour les produits de base où ils détiennent la 1re ou 2e place pour des cultures majeures comme le maïs, le soja, le blé ou le coton. Les États-Unis sont également de puissants exportateurs de viande de porc et de volaille avec un quart du marché mondial (2e rang).
     
  • Ce pays est la 2e puissance importatrice (192,4 Md USD) derrière la Chine, alors qu’il occupait le 1er rang avant 2020. La structure des importations agricoles des États-Unis est inverse de celle de leurs exportations puisque les Américains achètent d’abord des produits transformés, leur solde est déficitaire depuis 2017. La baisse des échanges mondiaux de produits agricoles et agroalimentaires due à la crise Covid enregistrée en 2020 et dont les États-Unis ont pâti est désormais enrayée et ce pays devrait établir de nouveaux records historiques d’exportations en 2022 (prévisions USDA).
     
  • La Chine redevient, grâce à l’accord négocié par l’administration Trump (accord de Phase One), le 1er client agricole et agroalimentaire des États-Unis devant les partenaires traditionnels (Canada et Mexique). Ces derniers sont, pour leur part, les premiers fournisseurs des États-Unis.
     
  • Le prochain Farm Bill (2024-2028), dont les discussions ont commencé en 2022 et qui doit être voté en 2023, devrait, selon toute vraisemblance, renforcer les programmes d’aide alimentaire destinés notamment aux enfants (prise en charge plus large des repas en période scolaire mais également pendant les vacances), mettre en place des financements dédiés pour inciter les agriculteurs à s’engager dans des pratiques culturales et d’élevage qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre et enfin prévoir des dispositifs nouveaux pour financer les pertes de revenus causées par des épisodes climatiques extrêmes non couverts aujourd’hui par les dispositifs assurantiels classiques.
     
  • Même si leur ambition initiale, notamment en termes budgétaires, a été réduite après discussion par le Congrès, les plans de relance et de réforme post-Covid (Build Back Better ou « reconstruire en mieux »), annoncés par le Président Biden en début de mandat, auront un impact sur l’agriculture, sa contribution et son adaptation au changement climatique et sur les investissements en infrastructures dans les territoires ruraux. La loi « infrastructures » votée en novembre 2021 va permettre de financer pour les dix prochaines années des investissements majeurs pour les réseaux routiers et ferroviaires, mais aussi en matière d’installations portuaires et pour l’expansion de la couverture internet haut-débit. Les crédits supplémentaires de 40 Md USD votés en août 2022 dans le cadre de l’Inflation Reduction Act vont venir abonder le budget de l’USDA pour renforcer, notamment, les programmes de conservation des terres agricoles ainsi que la prévention des incendies de forêts et des opérations de reboisement.
     
  • La contribution de l’agriculture américaine à la lutte contre le changement climatique et à la sécurité alimentaire durable s’appuie sur deux initiatives internationales annoncées à l’automne 2021 : la « mission d’innovation en agriculture pour le climat » lancée officiellement lors de la COP26 à Glasgow et la « coalition pour une croissance durable de la productivité pour la sécurité alimentaire et la conservation des ressources » annoncée en marge du Sommet des systèmes alimentaires
    organisé sous l’égide de l’ONU en septembre 2021. La science, la recherche, la technologie et l’innovation sont les leviers principaux de ces politiques. D’autres leviers seront également mobilisés comme la lutte contre les pertes dans la chaîne de production et le gaspillage alimentaire. Par ailleurs, le gouvernement américain s’est engagé auprès de ses agriculteurs à respecter le principe du volontariat, encouragé par des incitations financières. C’est dans cet esprit que le Secrétaire à l’Agriculture Tom Vilsack a estimé que le succès de cette politique ne sera assuré que si les agriculteurs qui s’y engagent en retirent des revenus supplémentaires, notamment par le marché, par rapport à ceux qui s’y refuseront.