Devenir paysagiste
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Steven vient d'obtenir son Bac professionnel Aménagements Paysagers (AP) au lycée agricole et horticole public de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Il poursuit à la rentrée en BTSA AP dans cet établissement où il a trouvé sa voie et sa place. Il souhaite devenir paysagiste. Regards croisés sur cette filière avec Franck Zawadka, son enseignant et directeur de l'atelier technologique paysager, unique en France.

À chaque question posée à Steven, Franck Zawadka apporte son point de vue d'enseignant.

Pourquoi as-tu choisi de t'orienter vers le métier de paysagiste ?

J’ai découvert ce métier grâce à mon stage de troisième. En plus de l'entretien des jardins, il y a l'aspect création qui est particulièrement motivant. Travailler dehors, c'est exceptionnel ! Ce que j'aime c'est la nature, le contact humain, la rencontre avec les clients, faire des plans. En, plus on touche un peu à tout. Il faut être bricoleur et curieux. J'aime l'équilibre entre le travail du bureau et de terrain.

Franck Zawadka : « On retrouve beaucoup de nos bacs professionnels en BTS. Comme le dit Steven, c'est un métier où l'on touche à des domaines comme la maçonnerie, le bois, l'électricité, la plomberie, la gestion, même si le cœur de métier reste la connaissance des végétaux ».

En quoi cette formation te permet-elle de révéler tes talents ?

Même si j'ai trouvé les stages de bac professionnel difficiles physiquement, j'ai tenu bon et j'ai découvert que je suis persévérant. Au fil de la formation, nos enseignants nous responsabilisent et nous confient même la gestion d'équipe. J'aime beaucoup répartir le travail et faire moi aussi de la pédagogie. Suivre un chantier d'aménagement paysager, c'est beaucoup d'éléments à prendre en compte. Il faut savoir s'adapter.

Franck Zawadka : « En effet, nous mettons les élèves en situation sur l'atelier. Ils testent différents postes. Nous leur faisons utiliser les moyens actuels de gestion de matériel et de temps de travail en tant que lycée 100% numérique. Nous leur faisons découvrir des univers différents : le travail pour des institutions, des particuliers. Nous nous occupons des jardins du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation par exemple. Récemment, nous avons participé à la réalisation d'un artiste qui exposait à la fondation Vuitton ».

Envisages-tu une formation ultérieure ?

Après mon BTSA AP, j'enchaînerai sur deux certificats de spécialisation (CS) : en élagage et en constructions paysagères; une formation complète pour répondre aux multiples offres d'emploi du secteur en Île-de-France.

Franck Zawadka : « Les bac pro sont désignés chefs d'équipe à tour de rôle, lors de leur stage, au sein de l'atelier technologique. Puis, chacun est réparti sur les différentes tâches à effectuer. Les consignes de sécurité sont systématiquement rappelées. Nous portons également les politiques publiques en matière d’agroécologie auprès des jeunes. Nous devons montrer l'exemple. Ici, depuis dix-huit ans, nous n'utilisons aucun traitement phytosanitaire. »

Comment te vois-tu exercer ce métier ?

C'est à nous, qui sortons de formation, de faire prendre conscience aux gens qu'il faut procéder autrement. Par exemple, j'ai conseillé, à mon ancien patron le paillage au lieu du bêchage. On travaille beaucoup avec les insectes. Nous devons expliquer aux clients que la gestion différenciée est meilleure pour la biodiversité.

Franck Zawadka : « Nous allons demander l’écolabel pour notre établissement. Nous avons un observatoire de la permaculture sur le site du lycée. Nous avons aménagé une parcelle en jardins familiaux partagés. Notre lycée est reconnu sur le territoire. Les collectivités territoriales inscrivent dans les appels d'offres le travail en gestion écologique et avec des écoles. Nos élèves sont vraiment au cœur des changements de pratiques. »

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