Les experts alim'agri : comment le ministère aide-t-il les entreprises agroalimentaires ?
Quelle est la situation du secteur agroalimentaire en France ? Quels sont les défis que les entreprises doivent relever ? Comment le ministère aide-t-il ce secteur-clé de l'économie française, qui représente plus de 500 000 emplois et 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires ? Délégué ministériel aux entreprises agroalimentaires, Jean-Marc Callois, répond à toutes nos questions.

Quelle est la situation du secteur agroalimentaire en France ?

Jean-Marc Callois : Le secteur agroalimentaire est un des secteurs-clés de l'économie française. Il compte plus de 500 000 emplois dans des entreprises qui vont de petits commerces artisanaux jusqu’à des grandes multinationales. Hors artisanat commercial, le secteur réalise plus de 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires à travers plus de 17 000 entreprises qui réalisent environ 15% de l’emploi manufacturier. Ce secteur représente une énorme diversité de denrées alimentaires qui traduit toute la richesse des terroirs de notre pays et qui représente l’un des éléments clés de notre patrimoine national qui est mondialement connu. Ainsi le secteur agroalimentaire est le 3e poste d’excédent commercial de notre pays avec, bien entendu, des produits phares tels que les vins et spiritueux, les fromages mais aussi tout un ensemble d’autres produits.

Quels sont les principaux défis du secteur agroalimentaire ?

Jean-Marc Callois : Le secteur agroalimentaire français est confronté à un paradoxe : alors que les produits alimentaires française sont connus mondialement et que le système sanitaire français est l’un des plus sûrs du monde, nous sommes actuellement confrontés à un climat de défiance envers ces produits qui sont considérés comme « non naturels ». Ce déficit de confiance se traduit y compris dans les problématiques de recrutement des entreprises alors qu’elles offrent des profils variés et en forte évolution avec la digitalisation de l’économie. Ce déficit de confiance se retrouve aussi à tous les maillons de la chaine agroalimentaire, depuis les producteurs agricoles, les transformateurs jusqu’aux distributeurs et aux consommateurs. Les différents secteurs sont confrontés à des problématiques différentes. Ainsi le secteur céréalier est très dépendant des fluctuations internationales. Le secteur des viandes quant à lui connaît structurellement des problématiques de rentabilité de ses outils de production. Pour réussir à développer tout son potentiel, le secteur agroalimentaire devra s’engager pleinement dans la transition écologique. Il devra ainsi réussir à mieux valoriser l’ensemble de ses qualités environnementales et sanitaires.

Comment le ministère accompagne-t-il les entreprises ?

Jean-Marc Callois : Depuis 2017, le ministère a mis en place toute une série de mesures pour soutenir le secteur. En lançant les Etats généraux de l’alimentation, le Gouvernement a fait le pari qu’il était possible tout à la fois de créer de la valeur, de mieux la répartir, tout en assurant une alimentation durable, de qualité et accessible à tous. La loi issue des Etats Généraux comporte une série de mesures pour redynamiser le secteur et notamment pour rééquilibrer les relations entre les acteurs. Par ailleurs, le ministère est pilote du plan stratégique pour l’internationalisation et l’export. Le Grand plan d’investissement comporte un axe dédié à la transformation agroalimentaire doté de 1,7 Mds € sur 5 ans. Il comprend des mesures telles que le soutien en fond propre, les prêts sans garantie ainsi qu’un dispositif original qui est « l’accélérateur PME » opéré par BPI France, qui propose aux chefs d’entreprise tout un ensemble de mesures d’accompagnement pour révéler tout le potentiel de leur entreprise. Enfin, les services du ministère sont en lien permanent avec les entreprises et leurs représentants notamment à travers la délégation ministérielle aux entreprises agroalimentaires et à travers les correspondants et référents en service régional.