Bulletin de santé du végétal : Comment les données sont-elles centralisées ?
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Le Bulletin de santé du végétal a pour objectif de présenter un état de santé des cultures par filière. Parmi les corps de métier impliqués dans son élaboration, on compte des agriculteurs, mais aussi et surtout des agents de terrains et conseillers professionnels locaux. Le tout chapeauté par un animateur filière en charge de recueillir et de synthétiser les informations de terrain. Un rôle essentiel expliqué par Aline Chastrusse, qui exerce cette mission dans la région Pays de la Loire.

Le Bulletin de santé du végétal (BSV) a été mis en place dans le cadre du plan Écophyto. L’objectif : doter les agriculteurs d’un outil d’information et de conseil sur l’état des productions et sur la pression parasitaire. Plusieurs filières ont été identifiées selon les régions : grandes cultures, arboriculture, vigne, cultures légumières, mais aussi plus localement, châtaigne, pomme de terre, betteraves ou encore agrumes. Le BSV a donc pour but de vous permettre de mieux anticiper les stades de développement des cultures et d’optimiser votre utilisation de produits phytosanitaires. Mais connaissez-vous les coulisses de son élaboration ?

Une observation attentive du terrain

Le BSV repose sur une étude minutieuse de parcelles agricoles sélectionnées en fonction de leur localisation géographique et de leur représentativité. Un réseau d’observateurs est constitué par un animateur pour chaque filière, et piloté par un animateur interfilières situé en chambre régionale d’agriculture. La plupart sont des agents de terrain rattachés à des structures professionnelles comme les chambres d’agriculture, les coopératives, les négoces… Ils peuvent également dépendre d’entreprises de conseil privé, de l’INRA, d’organisations de producteurs, de lycées agricoles, ou être eux-mêmes agriculteurs. Ces intervenants ont un rôle essentiel à jouer : ils évaluent l’état sanitaire des cultures. Ils notent la présence de ravageurs ou de maladies et le stade de développement des végétaux. Chaque membre du réseau travaille en moyenne sur une à deux parcelles. Ils font ensuite part de leurs constatations à l’animateur filière en charge de la rédaction du BSV.

Une remontée immédiate des informations

Les observateurs suivent sur le terrain un protocole précis, établi à l’échelle nationale, afin d’obtenir un aperçu global des cultures sur le territoire :

  • Quelles sont les maladies observées ?
  • Quel est l’état de santé des végétaux et leur stade de développement ?
  • Combien d’insectes ou de nuisibles ont été pris dans les pièges ?

Toutes ces informations sont rentrées dans un système d’information dédié. Celui-ci peut varier selon les régions et les filières (VGOBS, Vigiculture, Latitude, Gaïa, Afidol…). Ces données remontent ensuite instantanément à l’animateur responsable qui synthétise l’information. Selon la filière de spécialisation, le BSV est ensuite publié de façon hebdomadaire ou bimensuelle (en dehors des périodes de trêves hivernale et estivale). Quelle que soit sa périodicité, le bulletin repose sur la réactivité de tous les intervenants. En effet, l’état des cultures peut varier très rapidement.

 

Un état des cultures aux échelles régionale et nationale

L’animateur filière est en charge de synthétiser les informations de sa région. L’objectif du BSV est de présenter un état général de la santé des végétaux, mais aussi de faire ressortir les particularités locales. Sur un même territoire, certains départements peuvent être uniquement concernés par tel ou tel type de ravageur. Le BSV est ensuite publié sur différents sites Internet, dont ceux des chambres d’agriculture et des directions régionales de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF), et, pour certaines régions, envoyé par courriel aux personnes en ayant fait la demande.

 

Trois questions à…
Adeline CHASTRUSSE, animatrice SBT filière Grandes Cultures Pays de Loire

Quel est votre rôle, en tant qu’animatrice filière, dans l’élaboration du BSV ?
La filière Grandes Cultures, dont je m’occupe, regroupe dans les Pays de Loire les céréales à paille, le colza, le maïs, le tournesol, et le pois protéagineux. Pour chacune de ces cultures, il faut constituer un réseau d’observateurs. Mon rôle est de leur expliquer leur tâche et de les guider sur le terrain. Lorsque je reçois leur retour, je peux dégager des tendances sur l’état des cultures et entreprendre la rédaction du BSV. Généralement, les membres du réseau saisissent leurs observations le lundi, et le bulletin est mis en ligne dès le lendemain.

Comment est organisé le partage d’informations ?

Tous les acteurs utilisent le même système d’information (la base VGOBS) pour faire remonter l’information. Cet outil me permet d’obtenir instantanément les données transmises.
Il m’arrive également d’appeler mes interlocuteurs pour obtenir des précisions ou des photographies, notamment lorsque je relève des informations discordantes. Je travaille ensuite avec des contacts dans toutes les structures impliquées : coopératives, négoces, chambres… qui interviennent dans le comité de relecture du BSV. Leur expertise permet d’affiner et de compléter les analyses sur les parcelles suivies. L’échange d’informations s’effectue à plusieurs niveaux et implique de nombreux corps de métier.

Comment est constitué votre réseau d’observateurs ?
L’année dernière, j’ai travaillé avec 122 intervenants rattachés à 24 structures différentes. Le BSV Grandes Cultures Pays de Loire a reposé sur l’observation de 213 parcelles. Mon rôle est de conserver cet équilibre entre membres du réseau impliqués et zones étudiées. A ma charge de remonter chaque semaine les données pertinentes à publier dans le BSV. Des informations essentielles pour leur permettre d’optimiser leur utilisation des produits phytosanitaires.

  • Mots clés :

Pesticides, Produits Chimiques, Ecophyto